Bciîiilion, I. m. 11. ôô
PARIS EN nos 181
ment un 'puissatiL journaliste et un grand orateur; c'est aussi un grand poète. Je suis rentré chez moi en répétant quelques-uns de ses vers :
Français, nous périssons si vous n'aimez la France.
Rien, rien que cet amour iValernel et sublime Sous nos pas affermis ue peut combler l'abîme. Que la France, partout, du jeune homme pieux Remplisse, à tout momeni, et le cœur et les yeu.x; Qu'il la voie et lui parle et l'écoute sans cesse; Qu'elle soit son trésor, son ami, sa maîtresse; Que même au sein des nuits, d'un beau songe charmé, Il serre dans ses bras ce simulacre aimé '.
1. Œuvres pocliques de André d.e Chénier, publiées \rAv M. Gabriel (le Chénier, t, II, p. 219. Edition Alphonse Lemerre.
Second bilan de quinzaine
Mardi 9 avril 1793.
La première semaine da présent mois d'avril a été l'une des plus agitées, l'une des plus menaçantes que nous ayons encore traversées. Les factions qui déchirent le sein de la République sont plus violentes que jamais; Girondins et Montagnards se font une guerre à mort et qui ne se peut terminer que par la disparition de l'un ou de l'autre parti. Il est évident que le dénouement approche, et nul doute qu'il ne soit tragique.
Lundi 1*'. — La séance de la Convention a eu ce jour-là une gravité exceptionnelle. Elle s'est terminée par un vote dont les conséquences ne sauraient manquer d'être terribles. Sur la proposition d'un membre de la Gironde', la Convention a rendu le décret suivant :
La Convention nationale, considérant que le salut du peuple est la suprême loi, décrète que, sans avoir égard à Pin-