‹ Journal d'un bourgeois de Paris pendant la terreurChapitre 97 sur 230 · Député du Loiret · texte numérisé non relu

Député du Loiret

dans sa séance du matin, que Dumouriez a fait arrêter les commissaires envoyés près de lui, Camus, Quinette, Bancal et Lamarque, ainsi que le ministre Beurnonville; qu'il les a envoyés dans un lieu sûr pour servir d'otages, et qu'il se prépare à marcher sur Paris avec son armée.

A cette nouvelle, l'Assemblée se déclare en permanence. Elle décrète, sur la proposition de Thuriot, que tout Français qui reconnaîtra Dumouriez pour général, sera regardé comme traître à la patrie et puni de mort, et que ses biens seront conQsqués au profit de la République.

Elle met Dumouriez hors la loi ; autorise tout citoyen à courir sus, et assure une récompense de 300,000 livres à ceux qui s'en saisiront et l'amèneront à Paris mort ou vif. Les 300,000 livres seront réversibles à leurs héritiers.

Dans la séance du soir, Robespierre a prononcé un violent réquisitoire contre les membres du côté droit, et en particulier contre Brissot; il a conclu en demandant que ce député fût décrété d'accusation. — La Convention a passé à l'ordre du jour. En revanche, elle a rendu un décret aux termes duquel toutes les personnes qui ne porteront pas de cocarde seront arrêtées.

Aux Jacobins, Robespierre a réédité ses accusations contre Brissot, et a indiqué, comme seules capables de sauver Paris et la Révolution, les mesures suivantes : « Il faut, a-t-il dit, lever une armée révolutionnaire; il faut que cette armée soit composée de tous les patriotes, de tous les sans-culottes; il faut que les fau-

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bourgs fassent la force et le noyau de celte armée. Je ne dirai pas qu'il faut aiguiser nos sabres pour tuer les calotins; ce sont des ennemis trop méprisables, et les fanatiques ne demanderaient pas mieux pour avoir un prétexte pour crier. Il faut cbasser impitoyablement de nos sections tous ceux qui se sont signalés par un caractère de modérantisme; il faut désarmer, non pas les nobles et les calolins, mais tous les citoyeiis douteux, tous les intrigants, tous ceux qui ont donné des preuves d'incivisme... Que tout Paris s'arme^ que les sections et le peuple veillent, que la Coiivention se déclare peuple * ! »

Jeudi 4 avril. — Le 9 mars dernier, la Convention avait armé les commissaires envoyés par elle dans les départements du droit « de faire mettre en état d'arrestation les individus qu'ils trouveraient suspects^ ». Le 4 avril, elle a déposé dans la loi un autre principe, non moins odieux, celui de l'arreslalion des otages. C'est sur la proposition de Lasource que ce décret a été rendu : toutes les fois que paraît une mesure inique, on est sûr d'y trouver la main d'un Girondin. L'article premier est ainsi conçu :

Les pères et mères, les femmes et les enfants des officiers de l'armée qui était commandée par Dumouriez, depuis le grade de sous-lieutenant jusqu'à celui de lieutenant général inclusivement, seront gardés à vue, comme otages, par chaque municipalité du lieu de leur résidence, jusqu'à ce que les commissaires envoyés par la Convention nationale,

1. Journal des débals ol dp la correspondance de la .société des .Jacobins, n" 333.

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