ENFANTIN
Page 6 : '* L'amitié et les paroles naïves de cet ** enfimt me conaolent dans ma captivité." (a) Plua •* tard, etc."
Xv SDget de Jeanne et des rapports de Philippe avec ce martyr républicain, avec les prisonniers de Sainte-Pélagie, et avec Enfantin, la mère de Plûlippe nom communique les déteili suivants :
Quelque temps après les événements de Ssint-Méry 0^3» Philippe avait neuf ans), nn homme^ jeune, d'une figure distinguée, d'une apparence maladive» nrsppe à ma poite et
demande l'avocat Adolphe P
— Ce n'est pas ici," dit Philippe.
— *< Je le ssis, mais j'ai inutilement frappé eihes lui ; . . U m'avait pourtant donné rendez-vous."
Et il caressait l'enfant ; celui-ci l'invite à attendre l'avocat, qui aurait bien du prévenir le concierge, ou rentrer à temps ^es lui. Ils éohsagent des j^aioleB amtoslee et enjouées que J'entends de mon parloir.
— Vous êtes Jeanne » ' '
▲FPBKDZCS.
—** Oui, Madame.*'
Je fenne vivement la porte, épouvantée de l'imprudence de mon parent, qui donne rendez -vous à un proscrit dans une maison habitée par deux agents de police et par deux hommmêuipecUériinâêimauehardt,,,,
Je le sais, me dit Jeanne ; j*ai liobltê oette maiaoïL ; je
me suis lice avec P , à qui vous avez quelquefois
confié votre enfant, tandis que vous étiez malade ; j'ai été touché des soins affectueux et intelligents qu'il vous rendait, ai petit ! et plue d'ime Ibia, il nous a touê étonnés par raidrar et la précocité dô ses sentiments patriotiques."
Jeanne fut installé dans la chambre d'Adolphe P ,
ouvrant sur un pallier commun à quatre appartements. Plus d'un locataire et les poîiumen connaissaient Jeanne. Son père et sa mèxe le Tenaient Toir. Ils montaient chez moi; oes reapectables et malheureux parents adoraient leur fils.
— ** Vous voilà heureuse, disais -je à Madame Jeanne, vous venez d'embrasser votre fils."
.M Oui ! " me répondait cette panm mère, ** benrenae, eneore pour quelques minutes! A peine aurai-je dépassé le coin de la rue, toutes mes angoisses reviendront me saisir; je croirai qn ils ont découvert mon fils, qu'tT* sont venus le prendre, et je n'aurai plus xûi instant de repos jusqu'à dsmain."
— " Je le croîs bien."
Les étourderies, les maladresses du proscrit et de son hôte et de tous leurs nombreux amis, me causèrent tant d'inquiétude que la fièvre me reprit.
Le four fixé pour le départ de Jeanne, je reçus ses adieux
et la promesse de ses parents, de revenir me donner de ses nouvelles et chercher quelque consolation dans l'intérêt qu'ils inspiraient par leur mérite autant que par leur malheur.
Peu d'heures après. Ad. P arrive brusquement i
— Tues malade? ne vas pas t' affecter d'une mauvaise Biou* velle . . . . J canne est arrêté !....**
Philippe me demanda de l'aller voir à Sainte-Péla^e, eonduitpar le vieux père et le mère du pdsouaier, àqui je ne pusrefiiser ee que Jeiir fils regardait oonune lapins douée
distraction.
A Sainte-Pélagie, tous les détenus politiques accueillirent Vrniftmt qui avait enseigné à lire à xtn pauvre Unêi dê SamUMéy^ amputé du braê droU, lequel obtint un petit emploi pour vivre^ dès qu'il sut lire.
Philippe, comblé de caresses et d'éloges, parcourut toute la prison, et sut tout observer : les manières des prisonniers, leurs oostnmes, lenm discours, les déeovelioiie oelennieellulesi leun repas !•••• Oaletaquinn sur setoèrMftf
— *« Ymu èCM râmibUeaini/' s'éerift^t-O, «« et tcnm «ttadies
tant d'importamoe a des friandises, et tous Tout pUûniez de la méchante soupe de la priaim Allei, toqs a'itea pas
des Spartiates ! '
Il voulut voir LE PBBS Enfantin qui lui demanda : — M VoTdea-TOUt être Samt-Simonien ? "
— '< Est-ce qu'il y a det enfanta fiaint-Siiiioiiiena T' de* jnande-t-il à son tour.
** Sans doute, vous trouverez parmi nous de gentils petits eamaradea." — ** Oh," reprend Tenfigoit, aprèt on instant de réflexion, ** je suis trop petit pour me faire quelque ekoee* Plus tard je me ferai Catholique comme maman**
Le père Nantais, compagnon menuisier, ancien soldat de la République et de la Grande Armée, qui précisément avait servi avec les oncles de Philippe, était le portier de notre maison ; il était lie avec Jeanne et avec ses amis ; il nous apprit le départ de Jeanne pour le Mont Saint-Michel. Philippe se lève avant le iour,
-^** Je Tais guetter le père Nantais, qui va bientôt éteindre la lampe et commencer le balayaee de l'esealier. Je Tais le prier de me conduire à Sainte-Pélagie, avant que Ton ouvre les portes de la prison ; nous verrons sortir le convoi de^ prisonniers ; je veux dire adieu à Jeanne, à tous."
— >** Mais mon panvre enlbnt, il y a deux benrea de cbemitt pour tes petites jambes» et peut-être ni Jeanne» ni auenn de ceux que tu connais, ne partiront par ce convoi.
Hais l'enfant éclate en sanglots. — Ce sont toujours des patriotes que l'on emmène.... Est-ee qu'ils me eonnais« saient, eux ? est-ce qu'ils connaissaient xn fbvpu, loraqu'ila allaient aux barricades risquer leur vie, se faire enfermer au Mont Saint^Michel fils n'en sortiront peut-être plus), et c'était pour le peuple ! pour tous I pour moi, qu'ils ne eonnaissaient pas ! est-oe que je ne leur dois pas un adieu ? "
Après la mort de Jeanne, ses parents donnèrent à Philippe la croix de Juillet du républicain de Saint«Méry, et Philippe la porta aux barricades de Pévrier.
Le 20 Février, après la Tietoire, les ooTriere pressien Tonlant briser les maeUneSt Philippe et Yasbenter (eomposîteur) se portèrent aux imprimeries menacées, pour préserver de la destruction les presses à vapeur. Un ouvrier était armé d'un marteau, et il allait ùapper la machine» quand Philippe s'élanee et détourne le eoup qui pensa Tat» teindre. ^ Ce mouTement attira l'attention sur lui. Alors l'un des imprimeurs, prenant en se jouant la croix de Juillet que portait Philippe, lui dit d'un ton moqueur : — Sans doute, TOUS avez gagné cela en Juillet \ "
Non ; c'est la croix de Jeanne que j'allais consoler dans •aprison^ et c'est urn pèie ^ni me 1^ donnée après ta morL
156 ▲PPXNDICS.
Je la portais hier aux bnxicades ; ]'ai biea le droit peat-dtie
de la porter ici."
Vasbenter pendant ce temps parlait aux autres ouTricrs ; les presses ne furent pas brisées, grâceàlui, àPkilippeetàleurs amis.
Un «n après, lie 19 Xufai ll49, il y eut cependant des pressée
brisées ; mais ce ne forent point les ouvriers qui les brisèrent, ce furent ces mêmes amis de Tordre dont les républicains et les socialistes avaient, sans beaucoup de peine, U faut le dire à l'honneur du Peuple, défendu en Février la propriété."
HOTE (h),
JEANNE D'AEC.
Page 8 : " Quiconque tirera l'épée, périra par
" Ifiis/* objectait à Jeanne d'Aie, le parlement de Poitiers, ** si Bien veut sanTer la France^ qu'est*il besoin d'armes et de ** bataOles Les hommes d'armes," répondit-elle combat- '* tront au nom de Dieu, et mon Bien leur donnera la^toirsw" —Et Jeanne d'Are, armée de l'épée^ ne frappa Jamais de l'épée.-» Philippe, marchant presque toijonrs en aTsnt, l'épée à la main (ou plutôt une Urne qui pouvait en tenir lieu) se rendidt le témoignage de n'airoir Jamais tué penonne» mfaift en se déftndant»
NOXE (tf).