LA LIBERTÉ AUX BARRICADES
Pagb 18 : Cette fois la France s^aasodait à la mère, ^ et venait imprimer dans le ecsur et dans l'esprit de
•* l'enfant le sentiment du droit et de la justice." (c)
** An Muséum (1831), Philippe est frappé par le tableau de
Delacroix, la Liberté aux barricades.
— *' Où donc est-elle, la Liberté ?" demande- 1- il.
— ** Ne vois-tu pas cette femme, impétueuse, échevelée, qui agite le drapeau tricolore au milieu de l'émeute ? "
Et c'est cela la Liberté ! . . . Oh ! " ajoute-t-il, " et moi i qui me la représentais sous les traits de Minerve ! " j
Chez un député, où s'étaient réunis en nombre des Libéraux de toutes nuances, on avise l'enftnt attentif à la discussion.
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Que peut-il 7 eompiciLdi» ?" et l'on •'•muie à lui
seiller de changer son nom de roî.
— " Je vous trouve trop d'animosité contre Louis Philippe ; TouB feriez mieux de lui dire le mal qui ee fait : ce n'est pas lui qui l'ordonne* il ne le voit pas, il ne le MÛt pas peut-être."
—«•Qui l'empêche de lire les journaux? dit Armand Marrast, s' efforçant de tenir son sérieux.
— ** Oh l les joumauzi ils sont si exagérés l et puis/' dit le petit censeur qui n'entend pas maBce, est-ce que tous eroyez qu'ils disent toujours la mérité ? "
— ** Pourquoi ne choisit-il pas de bons ministxes lui demandé' un personnage^ qui riait en sa barbe.
— "Ah!" dit Philippe, ♦♦pensez-vous que tous ceux qui clierehent à le devenir, ne vement que le bien du peuple } **
— ♦♦ Qu'il s'entoure de bons députés, qu'il écoute leurs conseils," répliquaient quelques-uns de ces messieurs, amusés de l'à-propos dont l'enfant ne pouvait se douter.
<— " Les bons députés ? " demande-t-il à son tour, «'et comment Toules-Tous qu'il les reconnaisse ? Il y en a tant de vendus, tant qui cherchent à se vendre ! "
Les dames se hâtèrent de détourner la conversation ; elles caressaient eu chuchotant l'eniant étonné. Peu de jours après, on ne doutait plus que le sieur A*....., et bien d autres ne fussent devenus les plus ♦♦juste-milieu."
La vive intuition de cet enfant inquiétait sa mère ; elle le tint éloigné de ce monde politique, de ces écrits qui l'avaient tant impressionné.
Mais dans l'intérieur obscur e% retiré, les lims, les souvenirs de la famille dont tous les membres avaient pris part aiix événements depuis 1789 (Bertrand Pégot, le bisaïeul maternel de Philippe, avait été député à la Constituante, et ses fils, volontaires de 1792, après avtnr d^anéa kft ttméûkmè de la Prancc sous la République, étaient devenus généraux dans la Grande Aimée)» l'histoiia vivantei en un mot» lui apparaissait.
Quelques années après, sur la place de la Concorde, les soldats du génie, guidés |iar IL Le Baa, élevaient l'aVélisque
de Louqsor aux acclamations de tout un peuple.
Au moment où, après plusieurs oscillations, l'obélisque se fixa comme deiui-même, sur sabase, l'enthousiasme gagna Philippe.
— Oh ! mère, regarde ; là-bas, au-dessus des arbres oes CSiamps Elysées» l'arc de triomphe ; là-bas en fiuie, le Louvre avec le Muséum ; le Temple de la Gloire vis-à-vis du Pont des grands hommes ; ici le Dome des Invalides et bien loin les tours de Notre-Dame et le Panthéon; tout, tout, de la place éb la Concorde, et sur la plaoe elle-même, l'Egypte vient trouver la France : vois, la Colonne d'AusterUtS et l'obélisque de Louqsor ÛMte à &oe ; Sésostcia et Napoléon le regardent l "