L'ENFANCE DE PHILIPPE
Page 14 : Nul ne t'a fait brave, nul ne t'afidt
" dévoué."
'•Tous les enfants sont des idoles pour leurs parents; peu d'enfants ont été aussi heureux, vous le savez, mon cher Auguste, que Philippe ; comblé d'autant d'éloges et de caresses, et par un plus gnuid nombre de penonnes. oonvent cette adoration les gâte ; pour lui, au contraire, je crois que c'est là ce qui a le plus contribué à lui inspirer le sentiment du deroir et le dévouement, même au prix du sacrifice.
Agé de cinq ans» il deimaidait à fiôze M priir» ayant d'aller dormir. — '* £t pourquoi," lui demande un oncle qui se plaisait à le taquiner, " qu' as-tu donc à demander au Bon Dieu, qu'est- ** ce qui te manque ? " — *• Je sais qu'il ne me manque rien," ré-
" yeux prier Dieu pour qu'il m'aime, pour qu'il donne à " Maman tout ce dont j'ai besoin, et pour le remercier."
A quelque temps de là, un soir de carême, comme à l'ordinaire, la funille était réunie en nombre dam la èhambre de la bisaïeule, et l'on échangeait des plaisanteries amicales sans faite. La grand-mère, au coin du feu, lisait l'Evangile à haute TCnx pour trois arrière petits enfants qui écoutaient attentifs la mort de Jéaus-Christ. TTn des jeunes ooeles de Philippe lui frappe sur l'épaule : — " Que dis-tu de cela, toi ?" — " Moi, tnoi!" s'écrie Philippe, "j'y ^txiis, fy étais, et cela m*a fait tant de ** peine!" et il se mit à pleurer. — Aurait-il donc la prétention
'* d'vfobe assisté à la Passion de notre Se^nenr
H était yrai ; sa ylve mémoire lui rendait présents les amis absents, les lieux qu'il avait parcourus, tout ce qui s'était
{tassé sous ses yeux ; et son imagination l'identifiait avec ses ectnres, comme s'il eût pris part aux événements mémorables, comme s'il eût vécu avec les grands liommes dont le oazactdie lui était sympathique.
H avait dix ans : j'hésitais à me charger d'une responsabilité dont je prévoyab tons les inoonvénients.— ** Mère si nous " ne voulons xen^e service ou'à la condition de ne pas nuira à ** nous-mêmes, n'est-ce pas la ce qu'on appelle égoïsme }"
£t toujours il me seconda dans tous les devoirs, dans tous les soins pieux, souvoit pénibles, avec une efiusion de cœur ; mais vous avez pu juger le tendre reqpect et la reconnaissance qu'il avait voués à ses parents, tout en se réservant cette indépendance morale que je lui avais ménagée avec tant de sollicitude et dont il sentait si bien le prix. — " Quelle différence de **moi ans autres enânts," me diMit-û souvent dans son enlanoe ; <* comma Je suis plna bamanz» eomma je suis pins
Digitizou Ly Cjrt^:)^lc
iLPPEXSICS.
*' libre !" II avait près de vingt ans lorsque voua vous êtes liés d'amitié, et vous saw l'anstérité de sayie, toute d'àlniégation
et d'affection.
Un. de SCS jeunes parents venait d'être reçu bachelier-èslettres ; il racontait qu'après l'examen, un professeur, pour l'éprouver, lui posa des questions excentriques, infùdieuses, entreautres: — "VefS quel point du ciel apparut la crota? lumineuse qui détermina la conversion de Constantin, et lui donna ainsi la victoire et l'empire ?...." Le jeune Bachelier avait fait une réponse évasive, et le professeur bienveillant s'était contenté de sourire. PhiUppe, âgé de 13 ans, semitàxéfléehix:— ''Mais •* je voudrais bien savoir à quelle houre cette vision, et com- •* ment était situé le champ de bataille et la disposition des
*' troupes Sans doute, les légions chrétiennes, protégées
" par Gonstsnoe, aiboraient à leurs enseignés des oroiz, des " devises, symboles de leur foi. — Ce signe lumineux^ ce ne fut *' pas précisément tm mir aûl t^ mais un «mto^s— et ee n'est pas ** moins beau»'*