‹ Journal d'un comédienChapitre 10 sur 18 · HORACE · texte numérisé non relu

HORACE

Sans doute Vingt à qui la regarde, et trente à qui Técoute.

Puis au quatrième acte, cet autre changemeat :

FABRICE

Pour nous c'est le courage, et pour vous la pudeur. Ce que j'admire en vous, c'est que la Providence Sous ce front d'ingénue j ait mis. tant d'impudence.

Quand Got reprit, à son tour, le rôle d'Annibal, Augier remania, de nouveau, la scène du quatrième acte, entre Fabrice et le Sacripant, lui ajoutant ces vers pour sa sortie :

Malheur à qui me touche !

Spadassin ! il m'aurait tué comme une mouche.

Ce changement n'étant pas maintenu, quand je jouais avec Coquelin aîné, j'étais entre deux versions, variant selon mon partenaire.

Je ne sache pas, dans tout le répertoire moderne, de texte plus revu et corrigé par son auteur que celui de l'Aventurière.

Aux répétitions de cet ouvrage, je me souviens

d*un bien joli mot d'Augier, qui renferme un grand enseignement pour les artistes :

< Un comédien, me disait-il, retire à son rôle tout ce qu'il n'y ajoute pas! >

20 octobre 1880.

Deux centième anniversaire de la Comédie-Française.

Lettre adressée par M. Hugo à M. E. Perrin :

21 octobre 1880. Pans.

< Monsieur,

« Je ne pouvais résister à votre noble lettre, écrite au nom de tous les artistes, et où je croyais entendre la voix même de la Comédie-Française.

< Mes quatre-vingts ans ont été saluer vos deux cents ans. Je vous remercie de cette soirée magnifique et cordiale, où la hauteur des talents n'a pu être égalée que par la perfection de l'ensemble, et où j'ai senti la grande fraternité de l'art.

c Je serre votre main, je serre toutes les mains des hommes, et je me mets aux pieds de ces dames.

« Victor Hugo. »

M. E. Perrin avait créé l'abonnement du mardi. Cette heureuse inspiration ramena au Théâtre-

Français toute une société qui n'y venait plus que lorsqu'il y avait un grand succès.

La disparition du Théâtre-Italien, Tincendie de rOpéra avaient si bien favorisé cette tentative, qu'il fallut ouvrir un nouvel abonnement, celui du jeudi. A partir de ce moment, la fortune de la Comédie-Française était assurée. Aujourd'hui encore, il faut faire un assez long stage, comme abonné du jeudi, pour être admis aux soirées du mardi.

31 janmer 1881.

Première de la Princesse de Bagdad, 3 actes de Dumas.

Interprètes : Worms, Thiron, Garraud, Silvain. J'eus le plaisir de créer le comte Jean de Hun, aux côtés de Croizette, qui fut admirable dans le rôle de la comtesse Jean de Hun. Une petite fille, morte ces temps derniers, M"° Aumont, jouait le jeune fils du comte et de la comtesse.

La répétition générale avait eu un grand succès; mais, le soir de la première, il y eut des tomseurs... c'est-à-dire de bons amis qui attendent, après le développement d'une période, que l'artiste arrive

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