REPRÉSENTATION DE RETRAITE
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Le spectacle se composait du : Dîner de Pierrot, joué par M"° Bertiny et M. Truffier.
Cinquième acte de VEtrangère : M"*^ Barretta Worms,Pierson, Brandès;MM. Prud'hon, Lebargy, Leloir, Alb. Lambert, Samary, Hamel et Falconnier. Je jouais Clarkson.
Deuxième acte de la Mégh^e appritoisée : M"*" Marie- Louise Marsy et MuUer; MM. Coquelin aine, Coquelin cadet, Laugier, Leitner, Berr.
Troisième acte de Ruy Blas : M"'' Bartet ; MM. Alb. Lambert, Febvre, Don Saluste.
Les Précieuses Ridicules : M"®** Marsy, Legault, Alb. Lavigne, du Palais-Royal; MM. Coquelin aîné, Dailly, de TOdéon; Galipeaux, du Vaudeville; Lebargy, Boucher : Un Porteur, Sllvain ; iâ*^ Porteur, Paul Mounet.
Troisième acte de VAmi Fritz : W^""^ Reichemberg,
Pauline Granger ; MM. Got (Febvre, Fritz) et MM. Coquelin cadet et Jean Coquelin.
Intermèdes : M'^^» Yvette Guilbert, Thuillier, Leloir, Amel.
Pièce de vers, d'Armand Silvestre, dite par M*'* Bartet, devant tout le personnel de la Comédie- Française.
C'est toujours une cérémonie un peu triste que i^elle d'une représentation d'adieu, une sorte de prologue de l'oubli, ce second linceul des morts, comme dit Dumas, dans Antony, et qui évoque, dans ma pensée, le souvenir de ce mot si navrant de M"^ Mars, le soir de sa représentation de retraite.
Après que le rideau se fût levé et baissé une dizaine de fois, alors qu'il retombait lentement, pour la dernière fois, la grande artiste, quoique à moitié morte d'émolion, eut la force de se tourner vers ses camarades et de leur dire :
« Eh bien I mes bonnes amies, il me semble que cela peut passer pour un contoi de Z'^* classe? >
La Comédie-Française garde encore le souvenir respectueux de la représentation de retraite de Monrose père. Ce soir-là, rillustro Scapin jouait le Barbier de Sécille; mais, son état de santé avait exigé que le docteur Blanche l'assistât toute la soirée.
Duprez, le créateur de Guillaume Tell, avait voulu chanter dans la coulisse la romance deLindor, pour donner à son vieux camarade une preuve de ses aflectueux sentiments.
Car, il existait, à cette époque, une camaraderie, disparue depuis... On s'estimait, on s'admirait même... On peut lire, dans les souvenirs du vieux temps, que Saint-Prix suivait Lekain à l'entrée et à la sortie du théâtre, et qu'il posait avec soin ses pieds, là où celui qui lut son modèle avait déjà posé les siens. On pouvait dire de lui, dans le sens précis du mot, qu'il avait marché sur les traces de son illustre devancier.
Plusieurs sociétaires, en ces derniers temps, renoncèrent à leur représentation : les uns, empêchés par la maladie, les autres, par un sentiment que l'on s'explique, quand on a passé par cette terrible épreuve.
]\|mes Croizette, Madeleine Brohan, Nathalie, Jouassain, E. Riquier, Dinah Félix se sont dérobées à cette pénible émotion.
MM. Thiron, Barré ont quitté la comédie, sans donner au public la satisfaction de les applaudir une dernière fois. Bressan t étant très malade, ce fut le comité qui organisa sa soirée d^adieu. Le résultat fut beau ; mais, il l'eût été plus encore, si celui pour qui se donnait la fête avait pu prendre
part à la représentation, regrettant surtout de ne pouvoir plus mettre sur raffiche :
Comédien ordinaire de V Empereur.
Ce titre, auquel il tenait tant et qui remonte à la date du 3 juillet 1804, ne disparut que vers 1815. La dernière soirée où Napoléon I" vint à la Comédie- Française, le spectacle se composait d\ithalie.
Je reviens à la représentation du 24 mai 1893.
Pendant que ma charmante camarade, M"^ Barlet, de sa voix si pénétrante, prononçait V Absoute, d'Armand Silvestrey je me mordais les lèvres, dans mon coin, pour ne pas éclater en sanglots...