‹ Journal d'un comedien. Illus. de Julian-DamazyChapitre 17 sur 17 · COQUELIN. J · texte numérisé non relu

COQUELIN. J

Avouez, cliers lecteurs, qu'il était bien difficile de renoncer à la publication de lettres aussi flatteuses.

Tout en m'excusant, auprès des signataires, de ce jeu des petits papiers, j'ai obéi, ce me semble, à un sentiment bien naturel, en donnant untlernier et respectueux souvenir à tous ces illustres protecteurs, à tous ces amis, dont la sympathie m'a fait escorte jusqu'à la dernière heure.

D'ailleurs, u'était-il pas de mon devoir d'artiste de mettre au grand jour tous ces parchemins, qui ne peuvent qu'honorer notre profession.

Et, puisque mon cher maître et ami Dumas a bien voulu me faire l'Iionneur d'écrire la première page de ce volume, c'est à lui, tout naturellement, qu'il appartient de le fermer.

Mais, avant de livrer au lecteur cette précieuse

lettre, que le maître et l'ami veuillent bien recevoir l'assurance de ma profonde admiration et celle de mes sentiments les plus affectueusement dévoués.

« Mon cher Febvre,

t Vous vous retirez en pleine sauté, en plein talent, en plein succès : c'est d'une grande philosophie; et, malgré tout ce que j'y perds personnellement, je ne vous dirai pas que je le désapprouve. Quel que soit le charme des applaudissements, la lutte a bien des ennuis, la dignité a bien des droits, et le repos et la liberté de soi-même sont bien tentantes. C'est à ces raisons-là que je me rends, depuis deux ans, en n'écrivant pas les derniers mots de cette Route de Thèbes, où j'aurais eu si grand besoin de vous. Je vous dis donc adieu, comme à un compagnon d'armes avec qui on a fait la guerre, quand il vous quitte sur la route pour rentrer chez lui, et que l'on continue sou chemin.

1 Je vous remercie de m'avoir mêlé à votre dernier triomphe, et vous serre bien tendrement la

main.

«. A. Dumas. »

On dit que les lignes qui portent la signature d'un artiste ont, pour le public, un attrait particu-

lier : je voudrais le croire ; mais, dans le doute, c'est à mes deux parrains que je confie le soin de présenter aux auteurs, à la presse, au public, aux artistes, l'expression des sentiments reconnaissants et émus que je leur garde, comme je conserverai toujours le souvenir de l'honneur, qui m'a été fait, de pouvoir finir ma longue carrière en signant ici

Frédéric Febvre,

Ex-vice-Doyen de la Comédie-Française.

E V R F, r X , 1 M P li I M E R 1 F. H F i ; H A H I. F. S II K T! I S S F Y

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UA3 t. 2

Febvre, Frédéric

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