I. — Armée active
Elle comprend :
1° 13 divisions (dont une de la Garde) organisées comme suit en troupes de combat :
Infanterie : 2 brigades = 4 régiments = 12 bataillons à 868 hommes 10 41G
Cavalerie : 1 régiment à 3 escadrons de
125 hommes 375
Génie : 1 bataillon à 651 hommes 651
Artillerie : 1 régiment à 6 batteries de 150 hommes (campagne ou montagne). . . 900
Train : 1 bataillon à 384 hommes 384
Équipages de pont : 1 équipage à 341 hommes. 341
Total de l'effectif d'une division 13 067
Total général de l'effectif des 13 divisions . . 169 871
2° Troupes non endivisionnées :
Cavalerie : 2 brigades =4 régiments = 12 escadrons à 125 hommes 1 500
Artillerie : 2 brigades = 36 batteries à
150 hommes (campagne). . . 5 400 — 2 batteries de mitrailleuses à
150 hommes 300
A reporter 7 200
Report 7 200
Artillerie : 8 batteries d'obusiers de 12 centimètres fit 180 hommes ... 1 200 65 compagnies d'artillerie de forteresse à 100 hommes .... 10 400
Total de l'effectif des troupes non endivisionnées , 18 800
Le total général des effectifs des unités actives donne donc un total de 188 671 combattants, auquel il faut ajouter environ 400 hommes par division pour les services armés des états-majors, des trains régimentaires et de combat, etc., soit 5 200 hommes portant le total complet à 193 871 soldats.
Cet effectif de 194 000 hommes doit être fourni et entretenu pendant la guerre avec les sept classes des années 1897 à 1903, les trois dernières appartenant à l'armée active, les quatre premières à sa réserve.
Voici la liste des hommes disponibles en 1904; les chiffres sont établis sur le nombre d'hommes pris chaque année diminué du déchet calculé d'après le barème français correspondant. ( D'après le Dictionnaire Militaire de 1897). On remarquera que le déchet n'existe pas pour la dernière année (1903), car, pendant la première année de service, tous les manquants sont remplacés par les hommes de la réserve du recrutement de la même classe.
Armée active.
Classes. Pris pour le Déchet Disponibles
service actif, en 0/0. en 190'..
Totaux 138 000
Réserve de Vannée active.
Totaux 184 000
Soit un total pour l'armée active et sa réserve de 284 370 hommes, auquel en ajoutant 1 350 engagés volontaires par an, soit 9 450 pour les sept années de recrutement, on obtient un effectif général de 293 820 ou 294 000 disponibles.
Ainsi l'armée active, après avoir été complétée sur le pied de guerre au début de la campagne, ne comptait pour les remplacements que 100 000 hommes environ.
Ce chiffre suffit-il à combler les vides causés dans les rangs des quatre armées japonaises depuis le commencement des hostilités? Les rapports officiels des commandants de divisions donnent les résultats suivants :
Passage du Yalou , 29 avril-ler mai 1 000
Combat de Nanchan (ou Kintchéou), 26-27 mai 4 000
Combat de Télissé, 14-15 juin . , 1 000
Combat de Tachichiao, 24-25 juillet 1 000
Bataille de Liaoyang, 26 août-4 septembre. . . 18 000
Bataille du Tchaho, 10-18 octobre 15 000
Totai 40 000
Aucune indication concernant les pertes n'a jamais été fournie par le général commandant l'armée d'investissement de Port-Arthur (lre, 9e, 11e divisions). Bien plus, on a apporté un soin tout particulier à empêcher tout renseignement provenant de cette partie du théâtre des opérations d'être communiqué au public. On ne compte plus les procès intentés aux journaux japonais et étrangers de Kobé, de Yokohama et de Tokio pour les informations les plus inoffensives concernant l'armée du général Nogui, tandis qu'on s'est montré extrêmement tolérant pour les nouvelles provenant des environs de Liaoyang. Un exemple frappant de l'intransigeance du quartier
général de Tokio à ce sujet m'a été rapporté. Od sait que, depuis la déclaration de la guerre, notre attaché naval a été chargé par le ministre de France de recueillir les demandes et les réclamations des prisonniers russes internés au Japon. Une fois par mois au moins il les visite à Matsouyama, Marougamé et Himeji, où ils sont casernes. Or, depuis six mois notre attaché a pu communiquer librement, à chaque voyage, avec tous les captifs, mais il est notoire à Tokio qu'on lui a toujours refusé de voir douze soldats pris dans les environs de Port-Arthur, soldats qui d'ailleurs ont été complètement séparés de leurs camarades.
De l'attitude systématiquement mystérieuse adoptée par les autorités militaires, il est logique de conclure que les pertes éprouvées par les divisions assiégeantes ont été considérables. On peut, en y ajoutant celles causées par les nombreux combats secondaires non mentionnés au tableau précédent, les estimer à 30 000, ce qui donnerait un déchet total de 70 000 hommes, résultant uniquement des effets du feu de l'ennemi.
On considère généralement que, dans toute campagne mettant en ligne des contingents importants, les armées éprouvent moins de pertes au cours des combats que du fait des maladies. La guerre actuelle constitue une exception à cette règle jusqu'ici toujours
vérifiée. L'état sanitaire cle l'armée japonaise a été en général très satisfaisant. Aucune des épidémies (choléra, typhus, etc.) qui avaient sévi pendant la campagne contre la Chine, il y a dix ans, n'a encore fait son apparition parmi les troupes mikadonales. Néanmoins, il y a eu de nombreux cas de dysenterie et d'accidents causés par le froid en lévrier <kl mars (première armée en Corée). Pendant l'été, le kakkéa fortement éprouvé les armées du Nord et littéi*alemen1 décimé les troupes opérânl autour de Port-Arthur.
Il n'esl pas exagéré d'évaluer à 80 000 hommes le nombre des soldats malades évacués au Japon, ce qui porte le total général des pertes au chiffre de 1 00 000 , soit exactement le nombre de remplaçants dont disposent l'armée active et sa réserve pour combler les vides des troupes mobilisées au début de la campagne.
Ainsi donc, si l'armée territoriale n'existait pas, il serait actuellement impossible d'envoyer un seul homme instruit du Japon sur le contineut.