‹ Journal d'un correspondant de guerre en Extrème-Orient, Japon, Mandchourie, CoréeChapitre 7 sur 16 · MF^I · texte numérisé non relu

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sortit une boîte de bonbons chinois que nous nous partageâmes. On échangea quelques toasts, puis il fallut prendre congé de notre nouvel ami pour rentrer à la ville.

24 août

Il paraît qu'on va bientôt attaquer les Russes. Ce bruit s'est répandu ce matin avec persistance. Je me suis aussitôt mis en campagne pour remplacer mon farouche coursier par une monture plus maniable. Un marché aux chevaux se tient précisément aujourd'hui sur la grande place où tous les paysans des environs amènent leurs bêtes pour les vendre à l'armée. On paie chaque animal cent vingt dollars. Venu avant l'heure fixée pour l'examen passé par les vétérinaires, je peux faire mon choix et acheter un joli poney bai pour dix dollars en plus du prix de réquisition.

25 août.

Pendant toute la matinée, les troupes ont traversé la ville. J'ai obtenu non sans peine l'autorisation de sortir de l'enceinte pour faire ferrer mon nouveau

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cheval, les maréchaux demeurant tous en dehors des murs. Pour cette opération, les animaux sont entravés et jetés à terre ; on leur ligotte les quatre pattes ensemble et on leur applique les fers dans cette position incommode. Les accidents sont pourtant fort rares, mais la séance est longue. Assis sur une borne, je fumais ma pipe en suivant des yeux les tortures infligées au malheureux animal lorsqu'un grand bruit me fait lever la tête. JLe général Okou et son état-major, entourés d'une faible escorte de cavaliers, passent devant moi se dirigeant vers le nord. Décidément c'est pour demain.

A mon retour, j'ai la satisfaction de me défaire pour quatre-vingt-dix dollars de la bête féroce de Kaïplng ; mais après le coucher du soleil son nouveau propriétaire n'a pas encore osé l'emmener. Je passe la soirée à faire quelques derniers achats en ville et à emballer mes richesses. Je ne me couche que fort tard pour rêver de bombardements et d'assauts.

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