CHAPITRE XXII
Le comte de Cavour. — Renseignements biographiques.
— Àneodotes.
Taiîn, juin 1861.
Troiç jours après la mort ^u comte de Cavour, le Pasquino^ journal humoristique de Turin, parut, comme toutes les autres feuilles de la ville, encadré de noir. S'associant au deuil public, la rédaction du journal, au lieu de remplir comme d'habitude les colonnes du Pçtëquino d'articles légers et plaisants, eut l'heureuse idée de recueillir un grand nombre d'anecdotes et de récits inédits concernant le grand citoyen qui venait de mourir.
Les voici traduits, pour la plupart ; j'ai ajouté quelques autres détails, qui me furent racontés alors par des amis intime^ de Cavour et des membres de sa famille,
a II y aura certainement un historien qui plus tard
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Il aimait la liberté et la Toulait non-seUlement pour Ini-méihe, mais encore pour ses adversaires. En 1850, Tarcfaevéque Fransoni adressa au roi une ettre dans laquelle il protestait contre les actes du ministre envers le clergé. Les rédacteurs de rArmO" nitty chargés de faire parvenir ce document au roi, ne surent trouver un "meilleur intermédiaire que le comte de Cavour. Ce dernier ne se contenta pas de remettre à Sa Majesté cet amer réquisitoire, il le fit aussitôt publier dans la Gazette offidelle du Piémont.
Au lit de mort, ses dernières paroles furent encore un hommage rendu à la liberté. — Le délire s'était emparé de lui et ces mots sans cesse revenaient sur ses lèvres : Non^ je ne veux pas Vétat de êiége! C'étaient les accents du délire, il est vrai. Mais à cette heure suprême n'était-ce pas la consécration d'une maxime de sa vie entière?
Les dépouilles de notre grand citoyen vont reposer là-haut, au-dessus de nos têtes, sur la colline de la Superga^j auprès du roi Charles-Albert. Une tombe de roi ne convient-elle pas à celui qui a changé en rois d'Italie les petits princes de Savoie ? Ainsi le désire une auguste personne ; c'est
' On a vu, dans le chapitre précédent, que la famille du comte de Gavour déclina Toffre du roi et voulut que les dépouilles du défunt fussent transportées dans la sépulture de famille de la chapelle de
Sanlena.
un grand acte de reconnaissance qui honore le cœur de Yictor*Emmanuel comme roi et comme Italiep.
« Sa tombe demeurera illustre comme celle de Dante et de Machiavel, et il n'est aucun citoyen qui s'arrêtant pour l'honorer, ne sente courir dans ses os ce frémissement qui s'empare de nous quand nous approchons de la cendre des grands hommes. » Qui a écrit ces paroles ? C'est un de ses adversaires les plus violents, les plus acharnés : Pietro Perego, de la Gazette de Vérone !
Les restes de celui que nous pleurons ne sont pas encore ensevelis que l'Europe entière a déjà prononcé son jugement par la bouche de ses plus illustres hommes d'État« Et quel est ce jugement? Que nonseulement l'Italie mais que tous les peuples civilisés ont fait une perte immense.
De même que Florence est orgueilleuse d'avoir été la patrie de Dante, ainsi Turin est justement fier d'avoir donné le jour à Gavour. Qui pourra dire l'ascendant qu*il exerçait sur tous ses concitoyens ? Ce sont eux qui lui donnèrent pour la première fois ce nom affectueux et expressif de « papa Camille. »
Quelle confiance I quel abandon filial renfermés dans ces deux mots ! C^était tout un mandat que nous lui avions donnée un mandat sans limite 1 Et quel autre, en effet, que lui, aurait pu dire aux
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Turinois : « Citoyens, votre vieille ville ne sera plus la capitale de votre roi! x> Qui aurait osé prononcer ces paroles si ce n'est lui? et il les prononça du haut de la tribune, et ses concitoyens résignés lui répondirent en s'écriant : « Eh bien, vive Rome! » Papa Camille avait parlé, c'était assez I
Partout, dans toute circonstance, il aima son pays et le servit. Lorsque, le 25 lûars 1849, arriva à Turin la sinistre nouvelle de la déroute de Novare, une profonde stupeur envahit l'âme de chacun des habitants. Les Autrichiens avaient déjà dépassé Yerceil et s'acheminaient vers Turin. On songea à organiser la résistance. La municipalité publia une proclamalion pour inviter les citoyens à se présenter afin de former un corps de volontaires. La nouvelle des préliminaires de la paix qui enlevait toute raison d'être à ces enrôlements arriva une heure après la proclamation. Cependant, parmi les quelques noms des citoyens qui avaient eu le temps de s'inscrire, on lisait celui de Tancien soldat Camille de Cavour.
Dans toutes les circonstances de sa vie, il fut grand, aiîable et généreux. Amis ou adversaires étaient admis sans peine auprès de lui et accueillis d une fagon courtoise. Comme son intelligence était
très-vaste, on aurait pu croire que son cœur était étroit. Tous les pauvres de Turin, tous ceux qui ont souffert peuvent répondre.
11 y a cinq ans, un certain Ciccone, pauvre tailleur, émigré napolitain de 1821, se trouvant dans une extrême détresse,^ se décida à se séparer de deux tableaux qui lui avaient été légués par une personne chère et auxquels il attachait le plus grand prix. C'était un douloureux sacrifice ; mais la misère était plus impérieuse que le sentiment. Pour en retirer un plus grand profit, le pauvre tailleur songea à faire une. loterie de ces deux tableaux. Connaissante bonté du comte de Cavour, il se présenta chez lui et le pria de vouloir bien souscrire au moins pour un billet. Quatre-vingt-dix numéros à trois francs formaient une somme de 270 livres. Le comte écouta la prière de Ciccone, qu^il connaissait d'ailleurs, puis ouvrit son secrétaire où il prit 270 francs qu'il remit au solliciteur :
<K Gardez tous les numéros pour vous, dit-il, vous serez sûr ainsi de ne pas perdre les objets qui vous sont chers. ))
Le pauvre homme, pleurant de reconnaissance, voulait à tout prix laisser ses tableaux au comte. Mais celui-ci s'en défendit résolument et finit par lui dire :
« Mais, mon ami, je n'aime pas les tableaux I je vous l'assure ! En voyez-vous un seul accroché à mes murs? Je suis, hélas! peu artiste, et peu connaisseur, moi ! x>
Il répétait souvent ce mot : ce Je ne suis pas un artiste !» et il y a quelques mois à peine, il prononçait cette phrase dans un discours au parlement. Chez lui, c'était beaucoup plutôt modestie qu'absence de sentiment esthétique. Dans sa jeunesse, il avait appris la musique ; à vrai dire, c'était l'art qu'il préférait. Il assurait n'avoir jamais pu entendre sans émotion la scène du Mê^^^^ dans le Trovaiorè. Celui qui pleure en entendant ces mélodies peut-il dire qu'il n'est point arliste!
Au moment des dernières élections, lorsque le télégraphe lui annonça que Verdi venait d'être élu député à Modène, il se frotta les mains, selon son habitude, et s'écria devant plusieurs personnes :
— Ah 1 tant mieux I Thomme qui a fait le Tr(h vatore est bien digne d'avoir sa place au premier parlement d'Italie.
Modeste et simple, il n'aimait pas à parler de luimême et cependant qui, plus que lui, en aurait eu lé droit? Il ne rechercha jamais les triomphes, mais il était heureux lorsqu'on ne glorifiait pas en lui sa personne, mais les principes pour lesquels il combatfait. Aucun contemporain n'obtint, de son vivant, de plus grands honneurs de la part des peuples et des princes. Dans la plus petite bourgade d'Italie, sa popularité primera longtemps celle de tout autre.
A réiévation de Tesprit, à la bonté du cœur s'alliait en lui la délicatesse du sentiment. On se souvient du dernier entretien qu'il eut avec le général Garibaldi, après la fameuse séance du parlement; certains journaux firent grand bruit de ce que le héros de Gaprera n'avait pas serré la main du comte de Cavour. Le fait est vrai ; eu voici la raison et elle honore grandement le ministre. On lui avait rapporté qu'à l'occasion de précédents essais de réconciliation tentés par des amis communs, le général s'était écrié : a Plutôt que de tendre la main au comte de Cavour, je jure que je me la ferais couper ! »
Après la séance orageuse du 18 avril, Garibaldi et Cavour se virent, s'entendirent, et au moment de se quitter, on remarqua chez tous les deux une certaine hésitation, comme un embarras, qui exprimait suffisamment que l'un et l'autre étaient persuadés que pour couronner la réconciliation, il restait encore quelque chose à faire. Mais le comte, à ce moment, se souvenant du serment du général, ne voulut pas, en lui tendant la main, le mettre dans l'alternative ou d'être parjure ou de se livrer à un acte hostile qui eût peut-être détruit les conséquences de cette entrevue.
Les adversaires de Cavour se sont toujours inclinés devant sa probité et devant son désintéressement. Entré au ministère en 1850, il aliéna toutes les va-
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leurs industrielles qu'il possédait et qui constituaient une grande partie de son patrimoine. C'est alors qu'il acheta des terres avec son frère aine, le marquis Gustave de Cavour, et leur fortune resta toujours indivise. Il y a peu d'années, le ministre autrichien des affaires étrangères, M. de Bruck, stipulait avec une société française la fameuse concession des che* mins de fer autrichiens. M. de Bruck avait beaucoup de goût pour le comte de Cavour, bien qu'il dût par nécessité s*en montrer l'adversaire irréconciliable. Le ministre autrichien, voulant donner une preuve de son estime au ministre piémontais, lui manda par télégraphe une dépêche chiffrée ainsi conçue : « Les chemins autrichiens sont vendus; j'ai mis en réserve mille actions pour le compte de Votre Excelleucei afin de lui être agréable. x> Mille actions des chemins de fer autrichiens étaient, en effet, à cette époque, une spéculation sûre et très-importante.
Le comte de Cavour répondit, lui aussi, par télégraphe : a Je remercie Votre Excellence de Toffre, mais depuis que je suis ministre, j'ai, abandonné toute spéculation. »
Cavour n'était pas seulement un grand poatique, c'était aussi un économiste dçs plus éminents. Peu de sciences lui étaient étrangères. En abandonnant Tuniforme d'officier de génie, il n'avait jamais cessé, néanmoins, de cultiver les mathématiques ; l'his-
toire, cependant, était son étude de prédilection. L'agriculture, grâce à lui, 'fit de singuliers progrès en Piémont. Sa ferme-modèle de Leri occupait les rares moments de loisir que lui laissaient les af< faires. Il y avait importé les meilleures machines d'Angleterre et de France.
Il y a quelques années, un ingénieur belge dé granderéputation, inventeur d'une machine hydraulique, ayant entendu dire que le comte de Cavour en possédait une semblable, dans sa ferme de Leri^ se présenta à lui, avec une recommandation du comte Arrivabene et lui demanda l'autorisation de visiter son exploitation. « Vous n'avez pas besoin de permission, répondit le ministre ; allez tout voir, puis revenez ici. Je veux connaître votre opinion sur ma machine. )> L'ingénieur se rendit à Leri, et retourna près de Cavour, ainsi qu'il l'avait promis. Ils causèrent ensemble deux heures, et l'ingénieur sortit de cette entrevue abasourdi. Il rapporta aux personnages qui l'avaient recommandé ces paroles textuelles : « En vérité, c'est un homme extraordinaire, il m'a parlé deux heures de mécanique et de logarithmes comme si de sa vie il ne se fût occupé d'autre chose. )>
Son amour du travail était proverbial. Bien qu'il ne rentrât jamais à son hôtel avant minuit et qu'à peine arrivé, il passât souvent plusieurs heures dans
son cabinet, à cinq heures du matin, été comme hiver, il était levé. Il recevait alors ses amis, les diplomates, les députés et donnait des audiences particulières jusqu'à dix heures. Les plus humbles habitants de Turin, admis auprès de lui, venaient l'entretenir et lui demander des conseils. A dix heures, il se rendait au ministère, où il lisait les dépêches et donnait des ordres à ses secrétaires. Avant midi, il rentrait chez lui pour déjeuner. C'étaitraffaire d'une demi-heure. Vers une heure, sauf des circonstances extraordinaires, il se promenait, en vrai Turinois, sous les portiques de la rue du Pô, au bras de quelque collègue ou d'un député. Chacun se découvrait sur son passage, et lui, souriait à tous, sans interrompre sa conversation.
Il regagnait alors le ministère et reprenait son travail jusqu'à sept heures ou huit heures. Tant d'application et de pensées accumulées dans ce cerveau puissant lui causaient de temps à autre une sorte de congestion. Mais doué d'un tempérament de bronze, une saignée et vingt-quatre heures passées à Leri suffisaient pour le rétablir complètement.
Deux jours avant sa mort, il fît venir de Leri son homme d'affaires. Après avoir reçu quelques ordres, l'intendant lui dit au moment de prendre congé : « Du courage, monsieur le comte, vous serez bientôt rétabli et vous viendrez à Leri en convalescence. J'ai mis pour vous en réserve des chapons gras. » Le comte sourit, mais avec un accent de conviction
proConde, lui répondit : « Eh I de tes chapons je n'en mangerai plus, mon ami ! — Oh ! ne dites pas cela, monsieur le comte. — Cette fois reprit tranquillement le malade, il n'en sera pas comme des autres, je sens bien que je n'en reviendrai jamais I » Le comte de Cavour avait une confiance trèslimitée dans les médecins ; il se montrait peu soumis à leurs pre^criptioQs et faisait peu de cas de leurs conseils. Le chevalier Farini, avec la violence autorisée d'un ami sincère, savait seul se faire obéir. Cependant, dans sa dernière maladie, la certitude qu'il avait de la gravité de son mal le fit se soumettre passivement à tout ce que les médecins lui ordonnaient.
Dans la soirée fatale du 4 juin, le roi visita son ministre. Sa Majesté entrasans se faire annoncer par Tescalier de service et pénétra seul dans la chambre du malade. Le comte de Cavour était assoupi. Il y eut un instant d'anxieux silence. Après quelques minutes, Farini murmura à l'oreille du malade :
c( Le roi est là. »
A ces mots, Cavour ouvrit les yeux et dit :
(c Ah ! Maestà ! ^
11 essaya en même temps de lui tendre la main, Victor-Emmanuel, penché sur le malade, lui embrassa le front et se retira les yeux baignés de larmes.
tu JOURNAL D*UN DIPLOlUrE
Cavour, se sentant perdu, fit appeler lui-mémef dans la matinée du 5, don Jacques, des Mineurs réformés, recteur delà paroisse délia Madona degliAngeli et se confessa. Don Jacques, moine bon et pieux, était l'ami du comte de Cavour, nous dirons même son aumônier, puisque c'était par son intermédiaire que le ministre faisait distribuer d'abondants et fréquents secours à tous les pauvres de sa paroisse. Don Jacques mettait largement à profit, au bénéfice des pauvres, le cœur généreux de son paroissien, et il ne lui arriva jamais de voir ses recommandations ou ses demandes repoussées.
Le même jour, à sept heures du soir, don Jacques lui porta le viatique ; plusieurs personnes qui stationnaient devant Thôtel accompagnèrent le prêtre jusqu'à la porte de la chambre du malade. Pendant la nuit qui fut la dernière, la foule ne s'éloigna pas un instant; tous les abords du palais Cavour étaient encombrés. A trois heures du matin, nous rencontrâmes un grand nombre de dames qui n'avaient pas voulu s'éloigner de la maison.
A six heures et demie du matin, lorsque, scm. blable à la foudre éclata cette fatale nouvelle de la mort du comte, les larmes jaillirent des yeux de tous, la consternation fut dans toutes les âmes. Peu s'en fallut que la douleur ne provoquât des actes blâmables à tous égards.
Il avait semblé, par erreur certainement, à quelques-uns des assistants que la figure d'un des moines qui avaient accompagné le père Jacques ne nortait
pas/au moment OÙ il sortait du palais, l'empreinte de la douleur de tous. Cela suffit pour qu'aussitôt on proférât contre le malheureux des paroles de colère, et peut-être serait-il arrivé pis, si on ne s'était interposé pour assurer une retraite au pauvre religieux.
Aucun récit, aucune parole ne pourra donner une idée, même vague, de Taspect de Turin, au moment de la mort du comte de Cavour. Cette nouvelle courut avec la rapidité de l'électricité, d'un bout de la ville à l'autre. La physionomie de Turin donnait le frisson ; on se serait cru dans une cité ravagée par la peste. Les voitures ne circulaient plus dans les rues de la ville ; toutes les boutiques étaient fermées.
A midi, le parlement se réunit pour recevoir communication du lugubre message.
Ce n'était pas un effet de l'imagination, mais réellement on respirait, en entrant dans la salle des séancces, une atmosphère inaccoutumée. Dans cet air il y avait des larmes. On voyait plusieurs députés qui pleuraient, et, chose étrange, au moment où la séance fut ouverte et lorsque les ministres entrèrent, tous les yeux se portèrent sur le siège vide du comte de Cavour et de là à la porte d'entrée : on attendait. . . qu'il parût et que sa parole se lit entendre pour donner des conseils dans cet instant si grave. Par une étrange confusion d'idées, on oubliait ainsi
SM JOURNAL D'UN DtPLOilATË
que c'était précisément sa mort qui causait cette sittiation. Aucun de ceux qui assistèrentà cette séance n'oubliera cette singulière impression.
Toutefois, malgré l'immense malheur qui nous a frappés, nous ne devons pas désespérer de nos destinées. Un publiciste français qui ne fut pas toujours bienveillant vient d'écrire de Paris :
a Si aujourd'hui il y a en Italie un grand homme de moins, il y a, Dieu merci I un grand peuple de . plus ! »
Ce grand peuple, ajoutons-nous, doit être Pexécuteur testamentaire de Gavour.
Le 6 juin, deux heures après le fatal événement, la municipalité de Turin fit partout afficher la proclamation suivante :
Concitoyens,
La junte municipale vous annonce une noiivelle qui provoquera une immense douleur ; c'est u malheur national que nous avons à déplorer. Le comte Camille de Cavour, président duconseil des ministres, a cessé de vivre.
Ce jour est un jour de deuil et de consternation pour quiconque aime la liberté et veut la gloire de la patrie commune. Ne vous laissez pas cependant, citoyens, >aincre par la défiance dcTous-mémes et
EN ÏTAUE. . 2^7
par rabattementrLa constance et la fermeté dans l'infortune sont les vertus des peuples forts et généreux ; déjà, en maintes occasions, vous en avez donné les splendides preuves.
La divine Providence, par des témoignages manifestes, a montré son désir de réserver à la nation de glorieuses destinées. Elle ne permettra donc pas que la grande œuvre entreprise par l'illustre concitoyen dont nous pleurons la perte reste inachevée.
Citoyens, ayons foi dans les destinées de ritalie« Le 6 juin 1861.
Pour la junte, Dl COSILLA.
Du palais de la CiiCt