RETOUR DE SIDNEY EN ANGLETERRE
Le 9 juillet, 1844, nous embarquâmes au nombre de 38, à bord du vaisseau PAchille, Capt. Heale, le but du voyage était Londres.
Le reste de nos frères d’exil ne pouvant payer leur passage furent contraints de rester. Le 10 au matin nous levâämes rancre et favorisés d’une légère brise nous parvimmes à Pembouchure du hâvre où nous jetames Pancre pour attendre l’mspection ce la douane qui se fait ordinairement au moment d'entrer en mer. Nous passâmes tous en revue, et l’on nous identifia, vers 4 heures P. M. nous levâmes encore lancre et vers 7 heures nous partimes, laissant derrière nous, à notre grand regret quinze de nos compatriotes. Ce fut de grand cœur que nous dîimes adieu à la Nouvelle Galles, qui nous avait servi de prison pendant environs quatre ans.
LE 11, nous eumes un fort vent N. O. qui nous poussa dans une assez bonne direction, car nous faisions voile pour le Gap Horn. Le soir nous vimes quatre ou cinq baleines. Dans la nuit, le vent tourna à l'Ouest avec violence, nous faisant faire neuf nœuds à l'heure en bonne direction. Il est mutile de dire la joie que nous ressentions tous de fuir si rapidement cette terre qui avait été si longtems pour nous un lieu de
souffrance et de peine, pendant que chaqu: ins: tant nous rapprochait de notre patrie, nos familles et nos amis.
LE 12, le même vent continua à souffler avec la même violence. Nous fûmes forcés d’amener bas les hautes voiles ; plusieurs d’entre nous eurent le mal de mer, mais bien moins que lors du premier voyage, ce que lon doit attribuer à la nourriture moins grossière ainsi qu’à la liberté d’être sur le pont du matin au soir, du soir au matin. Vers six heurs, le vent augmenta à un tel point que plusieurs s’en effrayèrent, et durant la nuit le vaisseau fut tant agité que nous pûmes à peine demeurer dans nos lits. Chaque vague y jetait un gros volume d’eau, le vent était accompagné d’orage.
LE 13, même vent, mais beaucoup plus violent, une orage de tems en tems, tems couvert, la mer extrêmement grosse, à chaque instant le pont submergé par les flots. Nous filions tou- Jours #n bonne direction pour le Cap Horn :— L'on commençait à s’appercevoir que le tems refroidissait à mesure que nous avançions au Sud, car notre route était Sud-Est.
LE 14, le vent toujours du même côté, mais moins violent: nous eûmes plusieurs orages dans le courant du jour:
LE 15, le vent très violent, Ouest Sud Ouest, accompagné d'orage, la mer était si grosse que nous fûmes obligés de descendre dans lentrepont pour nous soustraire aux vagues qui se précipitaient sur le pont. Le nombre des malades était diminué, nous fesions toujours bonne route,
LE 16, même vent, mais plus modéré qu’hier :
lusieurs orages dans le courant du jour, fort vent durant la nuit.
LE 17, tems calme toute la journée—quantité de gros poissons autour du vaisseau, aussi des oiseaux.
LE 18, vent Nord Ouest très violent, accompigné de pluie; la mer très agité, l’eau couvre ie vaisseau durant tout le jour : plusieurs même sont effrayés ; sur le soir, le mauvais tems augmenta encore et cessa durant la nuit.
LE 19, beau tems, vent frais et bon ; nous passâmes les Nouvelles Zélandes au Nord, et faisions bonne route pour le Cape Horn.
LE 20, vent N. O. plus violent qu’hier, accompagné de pluie et detonnerre. Forte orage à 4heuresP. M. La nuit fut une des plus sévère que nous eussions endurées depuis notre départ. Nous ne püûmes dormir à cause du roulis du vaisseau ; la mer roule continuellement sur le pont, de manière à effrayer plusieurs d’entre nous.
LE 21, le vent souffla avec la même violence,
la mer est très grosse : le vaisseau est extraor-
dinairement agité : nous supportions. pourtant ces inconvénients avec courage, et cela d'autant plus que la tempête nous portait en bonne .direction.
LE 22, vent modéré, orage ; nous nous avançons promptements.
LE 23, tems calme et beau. Nous primes deux Albatrssses à la ligne. I] est bien singu- Her que des oiseaux, avec des ailes si grandes,
ne peuvent point s'envoler lorsqu'ils sont suf un terrain plan et solide. Nous les jetâmes sur le pont et ils se promenérent d’un bout à l’autre du vaisseau sans même essayer de prendre leur essort.—[s font un met excellent.
LES 24, 25, 26 et 27, furent une suite continuelle de mauvais tems : vent Sud extraordinairement fort accompagné de pluie et quelquefois de grèle, La vague ne cessa de couvrir complètement le pont du vaisseau : aussi le roulis du vaissean était affreux ;la mer est en fureur, les fiots s'élèvent à une hauteur effrayantes,
LE 28 fut un sujet de contestation. D’après notre manière de compter les jours depuis notre départ ;nous étions convaincu que c'était le Dimanche.—Le Capitaine soutenait lui, que ce jour devait être regardé comme le Samedi. Il n’est pas nécessaire de dire qu’il remporta. Le temps fut calme tout le jour et servit à nous rétablir. Notre santé avait beaucoup souftert du mauvais temps pendant ces derniers jours, le vent s’éleva vers le soir.
LE 29, temps affreux : vent contraire et d’une {force effrayante ; il est accompagné de pluie de erèle et de froid, L’on fut contraint de mettre le vaisseau à la Cap comme les Anglais disent ; c’est à dire le placer dans l’état le plus propre à
ésister à l’ouragan.—Ceux-là seuls qui connaissent la navigation peuvent avoir une 1dée exacte de l'état d’un vaisseau à la C! ‘ap sur une mer en fureur. C’était une vraie tempête : le vaisseau ’élevait à une hauteur terrible ; et tombait comae dans un abime.—L’'on aurait dit que le vaist
D'UN EXILL 65
seau allait s’engloutir.à ,ghaque instant. “Ir nous était impossible de demeurer: sur le pont.
-LE,30, le vent est un peu modéré: et,encore contraite : le, temps est couvert.etun, grand/nombre d'oiseaux voltigent autour du vaisseau, ..,
4e 31, vent favorgble et; violent. Nous faisons entre sept à à huit, miles, à FReUrS ; le tems est clair, ,
LE ler. août, vent $. 0, un, peu , “contraire à notre route ; tems couvart, et. orageux,;broul lard, de, dems est toujours bien. maurais, dans cette saison-ci.! La, belle saison est dep dé: cembre en février. | ENT
LE 2, vent favorable et Eu La MA est bien appaisée, le tems est. beau... Nous, primes..çe qu'ils appellent, des pigeons du Cap, sorte d'ojseaux de, la grosseur, de. nos PIEERpse Lis, sont bien. byns à manger. )
LE 3, beau tems, et présque calme. | C'est le premier Jour, je crois depuis notre départ, oùilne pleut pas.
LES 4, 5 et6,. bon vent, mais tems couvert et accompagné, de-pluie et.de, grèle., La mer est fort.agitée ; nous poursuivimes toujours la, bonne route! pendant trois Jours, faisant de six à sept milles à l’heure.
LES 7,8 et.9, fort vent d Ouest, accompagné de pluie.et de grêle. Nous nons ayançons tou-
jours.en bonne direction pour le Cap .Horne, il
gela pendant ces dernières nuits.
LE 10, d'abord même, vent que la veille:,le tems.est couvert, de gros nuages, présagent, une, tempête. Plusieurs brouillarés qui eurent
heu pendant le jour, nous rappellent le climat du. Canada. Vers neuf heures du soir, la tempête qui avait menaçé tout le jour, éclata de la manière la plus furieuse. Les vagues s’élevaient à une hauteur effrayante ; le vaisseau montait comme sur de vastes montagnes et ensuite retombait de tout son poids dans un gouffre profond. La mer tombait par masses sur le vaisseau :
le vent soufflait avec furie, la grêle, la pluie, les éclairs, l’on aurait dit que tous les éléments s’étaient ligués pour. nous perdre; notre vaisseau fut aussi maltraité que s’il avait été exposé au feu d’un combat: les voiles se déchirèrent, les antennes se brisèrent, les planches qui servaient à
entourer le vaisseau furent rompues et emportées. Des barriques qui étaient attachés sur le pont se
délièrent ; ‘elles furent jetées à la mer par les ma-
telots pour prévenir les accidents. Le vaisseau craquait et s’ébranlait par la secousse de la mer :
deux hommes étaient attachés à la roue du gouvernail.. ‘out ceci se faisait pendant la plus obscure des nuits.
LE 11, le mauyais temps continua avec la mé-
me impétuosité. Le pont’ présentait ie plus af.
freux spectacle. Tout y était brisé et dévasté :
Peau le couvrait à la hauteur des genoux, il nous
était impossible d’y demeurer. Jamais les matelots.n’avaient vu une tempête si affreuse et de si longue durée. Pendant ces deux derniers jours nous naviguâmes entre deux eaux ainsi que la nuit.
LES 12, 13 et 14, vent un peu modéré quoiqu’encore très violent soufflant toujours de l’ouest:
temps couvert, oragenx et très froid ; abat de neige. Nous apptochions avec rapidité du Cap Horn, à notre grande satisfaction.
LE 15, le vent était presqu’entièfement tombé, mais la mer très houleuse, le temps est très froid ; le soleil parait pour la première fois depuis quinze jours.
LE 16, temps couvert, fort vent d'ouest; la mer est extrêmement agitée : apparence de mauvais temps vers le soir ; nuit assez bien passée.
LES 17 et 18, même vent; plusieurs brouillards épais se font sentir. Il ÿa environ quatre doigts de neige sur le pont du vaisseau, la neige qui tapisse les mats et les cordages se durcit par le froid de la nuit; la manœuvre devient extrémement difficile. Ce temps est bien pénible pour les pauvres matelots qui sont contraints dans le plus fort du mauvais temps de monter dans les mats glacés et mouillés pour prendre des ris, manœuvre qui ne peut s’exécuter que nud-maihs. Ils étaient eux mêmes constamment mouillés en conséquence de la vague qui lavait continuellement le pont.
Les 19 ef 20, toujours temps couvert, même vent que les Jours précédents : brouillards fréquent, les jours sont très court dans cette régionci. A midi le soleil ne paraissait pas plus haut sur lhorizon qu’il ne l’est en Canada à huit heures du matin dans le mois de Mars.
LE 2], vent modéré, la mer un peu calme, temps clair et froid. Nous apprenons aujourd’hui que nous avions atteint le 580 de latitude sud, et que c’est la ligne par laquelle nous devions doubler
ns
le Cap dont nous sommes très rapprochés. C’est pourquoi nous nous flattons de ne plüs éprouver de froids plus sévères que ceux que nous avons
ressentis, et voir. bientôt cessér celti qui nous |
incommodait tant. Car depuis trois sémaines,
il nous | av ait été impossible de demeurer sur le:
pont, ét nous n’y allions que par nécessité : et nous éprouvions beaucoup d’inconvénients! dans l'entte- -pont.où nous étions, il existait une’ grande humidité etle focal était extremement étroit, un, épais brouillard se fit sentir sur'le soir. |
LE 929, bon vent frais, temps Loitert Légers brouillar dé ‘durant le jour. Nous $uivions toujours le 580. de latitude, et éspérions arriver au Cap sous peu dé jours. Je fus surpris de voir paraitre la planet Vénus à l'Orient vers Huit heures du soir après lavoir vu tomber avec’ le
jour, à POccident lors de nôtre départ de Syd-
ney.
LE 23, lé vent s'était élevé et les nuages prôméttait’ de le faire durer long témps, la mer
est très grosse : plusieurs Brouillards se font sentir pendant 16 jour.
Les 24.et 25, vent très violent venant de FOuest, la mer: extrêmement er osse, |’ eau roùla continuellement sur le vaisscau durant ces deux défniers jours. .
NOUS attaighimes aüjourd’hui ce fameux Cap, la térreut de tous les marins et des Yoyageurs, ce Cap difficile à imaginer et impossible à décrire,
je m'en étais formé une idée sur des relations
que jen avais lues et sur le récit de certains voyageurs qui'avaiènt eu occasion de visiter ces
Aa
parages,; mas quoique je la crusse exagérée, elle était. pourtant bien au dessous de la réalité et rien de ce que j'enavais vu etentendu r’était exagéré. Pour se faire une idée de’ ces lieux, que l’on se figure une navigation sous les cinqdante- huitiènie dégré de latitude Sud,:à travers une continuité de vent violent, de pluie et dé‘brouillards épais, dhe mer dont vous diriez que les vaguës tombent plutot du ciél qu’ils ne roulent: sur ‘la surfice de’ POcéan, prêt à vous englottir à chaque instant. En ün mot, pour se faire un tableau de la mer en cette région:
figurez vous: être entouré de: montagnes d’eau sans cesse mouvantes majestireusement.
LES 26 et 27, fort vent d'Ouest, temps couvert; pluié'et neige de: temps en temps ; nous commençâmes à cingler vers le N. E. en doublant de Cap, : à notre grande satisfaction. Car nous C5PÉFIONS SOUS: peu de Jours être délivrés de nos;:misères : c’est à. djre que: nous pourrions avec plus d’aisance jouir de Favaniage de demeurer.sur.le pont, lorsque nous viendrions dans les climâts chauds. Aujourd’hui vers cinq beurés, le vent tourna avec violence du côté. du Nord.et ceci nous obligea.de mettre à la Cap.
LE 28, le vent était diminué. Ilsoufllait de l'Ouest et nous poussait en bonne direction. Le temps était beau, la mer bien houleuse.,
LE 29, même vent qu'hier. Nous faisions bonne route, nous courrions au N. E.
LE, 90, Denu temps, vent Ouest-Sud- Ouest assez violent. Nous commencions à sentir les premiers dégrés de chaleur des Tropiques à
mesure qüe nous avancions au Nord, c'êst un fait remarquable, que deux jours après avoir doublé le Cap, nous nous àäpperçûmes d’un changement graduel et rapidé dans la température.
LE 31, temps couvert soufflant de l’Ouest, et assez modéré.
LE ler Septembre, beau temrs clair ; vent Ouest—assez violent. Nous sommes forcés de faire un peu plus de longitude que nous aurions voulu en faire sans pourtant nous jeter hors de notre route.
LES 2 et 3, toujours même vent, venant pour:
tant un peu plus du Nord et ralentissant un peu notre course.
LE 4, temps pluvieux; vent de Sud assez modéré—Il nous poussait en bonne direction.
Nous avions beaucoup de latitude à faire. Nous avions atteint les 42© de latitude Sud, nous primés plusieurs pigeons du C'ap, à la ligne.
Les 5et6, temps clair; vent Sud Ouest très modéré. Le séjour sur le pont était agréable. Le temps s'était échauffé de beaucoup depuis que nous feisions voile au Nord, bien que nous n’ayions envore atteint que le 40© de latitude Sud.
Les 7 et 8, temps couvert et pluvieux ; vent variable—Nous fûmés obligés de courir des bordées aujourd’hui pour la première fois depuis notre départ de Sydney. Nous avions atteint cés pârages ou les vent sont variables tout le cours de Pannée. Nous vimes un grand nombre de poursils le jour autour du vaisseau ainsi que
des légions d'oiseaux. Le. vent devint favorable vers dix heures.
LE 9, temps couvert; vent de. l'Ouest, un peu opposé à notre route.
LE 10, vent très violent soufflant de POuest.
N. ©. Noys sommes contraints de mettre à la.
Cap pour tout le jour. La mer est extrêmement grosse, le temps pluvieux: nous primes plusieurs oiseaux—Lé dix de chaque mois nous devint une. époque assez marquant—Depuis notre départ de Sydney ce jour signalé par un. événement remarquable. Ce fut le dix Juillet que nous abandonnâmes, le lieu de notre exil ;, le dix Août nous éprouvâmes une tempête sur l’Orien Pacifique et le dix Septembr e, une autre. sur l’Atlantique sud, ou au moins un vent d’une violence. extraordinaire quoiqu il n’arriva aucun accident.
Les. 11 et 12, fort vent d’Ouest—temps serein et assez chaud: la. mer très agitée, nous faisions assez bonne route. Cependant nous vimes quantité de Marsouins de quinze à vingt pieds de longs et plus.
LE 13, temps clair, vent Ouest. N. O,, assez. léger. Nous apprimes que nous étions au 35 © 14, latitude Sud. ;
LE 14 beau temps, vent bien diminué, la mer unie, Nous vimes cinq à six baleines dans la. matinée, et quelques unes d’ elles tout près du vaisseau. Vers dix heures du matin nous apperçumes sur. lhorison, une voile presque im-. perceptible. Un orage survenu sur ces enirefaits, nous la cacha tout à fait. Vers trois.
heures, P. M, le temps séclaireit et nous. apperqumes la même voile. L'on reçonnut que, £ ’était un Baleinier Américain, nommé le. Tymar.
| Comme il parut, s'app rocher de. nous, notre càh pitaine. hissa son pavillon de signal... Mais iln’y répondirent point; peu de temps après, 1ls se. dirisèrent directement sur nous, et nous passèrent en, poupe—C’était non, seulement le premier | vaisseau que nous rencontrions depuis notre départ, mas le premier objet indépendaniment. des oiseaux et des. baleines.
LE 15, beau temps, I commençait déja à faire chaud—Nous apprimes que nous étions au 31 © de latitude et 34© de longitude.
LE, 16, beau temps, vent toujours frais mais
moderé. : Temps nuageux dans Paprès midi.
LE 17, le vent tourna Sud-Ouest pendant, la.
auit, C’était [es premières impulsions des vents de : commerce que nous devions attemdre entre les 4 28S et 30° de latitude. Ces vents devaient Y conséquemment nous être favorable jusqu’au l même dégré de latitude Nord, Pour nous pré- “ valoir de,ces ventsçalizés, nous aug mentämes le nombre de uos mâts et de nos voiles. " Le 18 et 19, beau temps, calme et bien teinpéré. Nous commencions à souffrir un, peu de * la chaleur dans l'entrepont, et surtout fa nuit, n | Le Jour nous ous tenions tous sur Je pont où nous respirions un bon ar, Nous désiri ions beau- cl ‘coup le vent afin de passer les Fropiques au plu- : tôt, et encore mieux d'avancer notre route, N LE 20, ciel serein; a mer calme comme je. ne ss
Pavais pas encore vue. I? atmosnhère tempéré.
Vers midi la brise s’éleva de Ouest bien légèrement.
LE 21, beau temps, mais chaud—brise légère soufflant de POuest. Nous étions au 29 © de latitude sud.
LE 22, mème temps—Vent venant de l'Ouest N. O. un peu frais et contraire a notre route.
LE 28, ciel serein; vent très violent et un peu frais—Le vaisseau est fort agité. Nous voyons des poissons volants pour la première fois depuis notre départ. Nous avons atteint le 23 © de latitude sud.
LE 24 à six heures du matin le vent tourna du côté du Sud: le temps fut couvert tout le jour. Nous passames Rio-Janeiro ce jour là mais à une grande distance,
LE 25, vent sud assez violent. Temps couvert etpluvieux. Vers midi nous appercevons une voile à l’Horison. Nous atteignons promptement ce vaisseau qui nous passe en proue sans aucun salut de part ni d’autre. (C’est un baleinier Amiricain nommé lElisabeth.
LE 26, léger vent de Sud—temps chaud nous sommes au 9° de latitude sud.
LE 27,même vent; ciel nuageux. Nous souffrimes beaucoup dela chaleur, principalement la nuit où 1l nous était presqu’impossible de dormir.
LE 28 Vend Sud Est modéré. Le temps est chaud. Nous avions actuellement les vents alisés qui viennent du Sud Est depuis Avril jusqu’en Novembre comme il a été dit au commencement de ce journal. A neuf heures le ciel se couvrit
de nuagesqui présageaint unede ces tempêtesfré- J
quentes et dangereuses qui se font sentir dans les parages ou nous étions : heureusement nous en fûmes quittes pour lappréhension. et nous n’éprouvämes qu’une brise agréable.
Le 27, temps couvert jusqu’à neuf heures du matin et ensuite beau et chaud. Légère brise Sud Est. Nous voyons aujourd’hui pour la première fois depuis not: :45"rt, un requin qui cotoyait le bâtiment ; et pe dan: que l'équipage faisait des préparatifs pour le prendre il s’enfuit. Nous étions au 15° 33° de Latitude Sud.—Le 30 beau temps, mais chaud, nous étions au | 15° 50° delatitude Sud. Nous rencontrâmes un bâtiment Hollandais qui faisait voile pour Batavia une Isle des Indes Nous nous saluâmes et nous fûmes en vue toute la journée à cause du calme.
LE ler. Octobre temps calme, la mer est aussi unie qu’une glace et ne conserve qu’une majestueuse ondulation. La chaleur est excessive.
Elle pénêtre jusque dans notre appartement ; nous en sommes fort incommodés. Le 2 à cinq heures du matin, il soufflait à notre grande satisfaction une agréable brise Sud Est qui augmenta dans le courant de la journée. Ceci nous dédommagea de nos souffrances passées. Quelqu'un de nous saisit à la main un oiseau qui vint se poser sur le bord du vaisseau. Le 3 il 4 soufflait une bonne brise Sud Est. La chaleur était grande, nous étions au 14° 8’ latitude Sud. Le 4, la brise s'était élevée durant la nuit et soufflait avec violence. Nous avancions rapidement faisant de six à sept milles à Pheure.
Nous rencontrâmes un navire Ecossais venant de Glassow et cinglant pour Bombay dans les Indes Orientales. L’impétuosité du vent ne nous permit pas de lui parler. Nous nous eûmes bientôt perdus de vue Punet l’autre : latitude 12° 24,
LE 5, la brise continuait à souffler du Sud Est avec force, et favorisait fort notre route. Le temps fut nuageux, nous nous aperçumes que le vent Sud Est était plus constant depuis le 14° latitude (Sud) : nous avions proprement atteint les vents de commerce. Vers trois heures P. M.
nous rencontrâmes un bâtiment Américain qui faisait voile au Sud, ilvenait de Boston. No's nous signalâmes lun Pautre. A huit heures ua soir nous en rencontrâmes un autre qui passa près de nous. Nous ne pûmes le voir que faiblement à cause de Pobscurité. Cependant ils élevèrent une lumière à diverses reprises. Chose assez remarquable, depuis que nous étions arrivés sous les Tropiques, tous les oiseaux petits et gros qui jusque là avaient environné notre vais: seau depuis notre départ, disparurent graduellement à mesure que nous avancions vers l’Equateur, excepté pourtant une sorte de petites hirondelles noireset grises que les marins anglais appellent “ Mother Carry’s chickens.”
LE 6 le vent continua à nous favoriser avec la même force, heureusement pour nous, car le soleil dardait ses rayons presque” verticalement sur nos têtes. Sans la brise Sud Est, nous aurions fort souffert de la chaleur. Le 7, même vent. Le ciel nuageux et le temps chaud. Nous
passâmes aujourd’hui sous le soleil qui alors se trouvait entre les 5 © 6° dégrés de latitude Sud, et 29° 51° de longitude de Westminster. A une distance à l'Est, nous distinguâmes un navire. Le 8, même vent, ciel serein. Nous rencontrârues un brick anglais, venant de Jersey et faisant voile pour l'Amérique du Sud. Nous en vimes un autre à une grande distance cinglant encore pour le même lieu. Le temps était chaud. Heureusement pour nous la brise Sud Est nous rafraichissait, latitude (Sud) 30 ©.
LE 9, même vent, chaleur brûlante, ciel nuageux, Nous vimes des légions de poissons volants et un grand nombre de poursils, les matelots, essayèrent à prendre un de ces derniers. Ils réussirent en effet à le darder ; mais au moment où ils allaient letirer de Peau, le harpon s’arracha, et le poursil tout blessé qu’il était, s’enfuit rougissant l’eau de son sang.
LE 10 Octobre dans l’après-midi, nous passâmes PEquateur par un beau temps, et un peu rafraichis par une foible brise. Nous nous trouvâmes donc dans PHémisphère Septentrional, le nôtre par conséquent que nous avions laissé depuis cinq ans. Les matelots signalent ce jour par une fête burlesque. Ils se barbouillent de noir les uns les autres ; ensuite se lancent de l'eau avec des seaux pour se laver, disent ils. Ils se revêtirent ensuite d’habits comiques et firent des farces, chantèrent, etc, Mais toute cette bouffonnerie tendait plutôt à obtenir du Grogue de la part du Capitaine, que par respect pour Neptune. C’est une pratique à bord de tous les