‹ Journal d'un exilé politique aux terres australes [microforme]Chapitre 5 sur 7 · LT · texte numérisé non relu

LT

mb. An

ns nt nf = y, ps = me

oh ed mm,

an

vaisseaux : les passagers y prennent même quelque fois part. Le 10, nous eûmes le même vent et le même ciel que les jours précédents. Le temps est fort trompeur entre les Tropiques. Les signes auxquels le inauvais temps s’annonce dans notre pays, sont souvent suivis du beau temps et réciproquement. Un ciel serein amène quelquefois des bourasques violentes. Les marins les préviennent assez facilement, le nuage qui les produit se montre soudainement à lhorizon quelquefois il est très petit. Il fond ensuite avec rapidité sur le vaisseau comme la foudre et briserait les mats et les voiles sans les précautions des marins. C’est le sort qu'ont éprouvé plusieurs vaisseaux dont l'équipage n’avait pas eu le temps de prévenir ces bourasques. Les Français appellent ces sortes de nuages Grains et les anglais White Squall. La chaleur était devenue excessive. Le soleil était perpendiculaire à nos têtes et sur le déclin du jour, son ardeur nous accablait. Onse fera facilement une idée de ce que nous souffrions dans l’éntrepont pendant la nuit. Nous ne pouvions dormir ; la sueur ruisselait sur nos corps. Plusieurs furent contraint d'aller coucher sur le pont pour y trouver un peu de repos. Nous rencontrâmes aujourd’hui trois vaisseaux qui faisaient voile au Sud. Ils passèrent à une grande distance de nous.

LE 11, le vent étaitun peu diminué. Il nous était devenu favorable, mais a cause de sa faibiesse nous n’avancions qu'avec lenteur. Nous vimes des multitudes de poissons de la grosseur de nos mulets en Canada ; ces poissons parais-

saient se jouer à la surface de la mer en sautant hors de l’eau. ,Chose assez remarquable, c’est que depuis le Tropique du Capricorne comme je l'ai déjà observé, les oiseaux avaient totalement disparu ; et pourtant il s’en trouva un grand nombre qui planaient au-dessus des poissons dont je viens de parler et qui paraissaient suivre leur marche en effleurant l'eau à l'endroit où ils se montraient. Nous ne savons si ces oiseaux exécutaient ce manège pour se repaître de ces poissons : Cette opinion me parait guères fondée vû qu’ils n’excédaient pas en grosseur nos pigeons domestiques ; mais ils avaient néanmoins les aîles plus longues. Nous avions atteint le 3° 35 latitude Nord.

LE 12, le vent était tombé presque totalement ; le ciel fut couvert toute la journée. Vers deux heures P. M. un orage sefit sentir. Le vent tourna à l’Est : mais au retour du beau temps le vent repris sa première direction. Pour la première fois il m’arriva de me trouver nud-pied sur le pont, soit par négligence ou autrement J'avais perdu mes pantoufles. A ma grande surprise, je ne pus résister sur le pont. L’ardeur du soleil Pavait rendu brûlant, qu'il ne parût que par interval ; nous souffrimes extrêmement de la chaleur.

LE 13, le temps est calme; la chaleur excessive. Nous vimes plusieurs dauphins se jouer autour du vaisseau. Ces poissons sont très agiles. Ils se tournaient sur tous les sens avec une violence incroyable ; ils avaient environ dix à douze pieds de long. Dans Paprès midi nous vimes

deux bâtiments un au Sud et l'autre à l'Ouest de nous : ils paraissaient faire la même route que nous ; il éclaira et tonna durant la nuit.

LE 14 à six-heures du matin le temps était couvert et il commença a pleuvoir presqu’aussitôt. Pendant la journée le vent s’éleva du Sud Ouest et devint très violent jusque vers cinq heures P. M. où iltomba presqu’entièrement. Nous vimes les mêmes vaisseaux que nous avions vus la veille ; l’un se trouvait derrière nous et l’autre à l'Est. Nous profitimes de la pluie qui tombait pour ramasser de Peau, nous emplîmes presque tous nos petits vaisseaux. Quoique notre ration fût de trois lîtres chacun par Jour, comme nous en devions déduire la quantité nécessaire à notre cuisine, elle n’était pas suffisante surtout pendant que nous étions entre les Tropiques où il nous fallait continuellement boire pour se désaltérer et se rafraîchir. Le 15,la pluie continua à tomber avec abondance, le vent changea de direction plusieurs fois successivement durant le Jour, il tomba même et reprit de nouveau.

LE 16, temps serein jusqu’à deux heures P.

M., vend Nord-Est. Un violent ouragan survint tout à coup accompagné de pluie et de tonnerre qui dura environ une demi-heure : un calme d'environ une heure y succéda ct la brise reprit ensuite. Nous étions au 9° latitude Nord. La nuit fut passablement belle.

‘LE 17, temps pluvieux toute la journée. Le vent changea de direction plusieurs fois dans le

courant de la journée. Un calme profond succédait toujours aux orages.

LE 18, le temps était devenu beau, le ciel était serein, le vent Nord-Est. Nous croyons que c'était là les vents de commerce ou lesMousson qui avaient reparu.

LE 19, même vent qu'hier. Ciel clair nous vimes beaucoup de poursils quelques balemes et des poissons volant par légions. Ces vents N. E,, nous rafraichissaient beaucoup ce que nous trouvâmes bien délicieux après avoir supporté la chaleur de l’équateur qui nous avait tant fait souffrir.

LE 20,le vent continua à soufiler du même côté avec un peu plus de violence, ce qui nous contraignit à faire plus de longitude Ouest qu’il ne nous étaitavantageux. Vers sept heures du soir, le ciel se couvrit de gros nuages, le vent devint très violent et la mer très agitée, nous étions presqu’en parallèle avec les Isles du Cap Vert 14° 3 de latitude Nord.

Le 21, le vent Nord-Est continue toujours avec beaucoup de violence, la mer est terrible ; les vagues se précipitent fréquemment sur le pont. Nous n’avions pas encore vu la mer en cet état d’agitation depuis le Cap Horn, latitude 16° Nord.

LE 22, même temps que les jours précédents, | la mer est plus agitée que de coutume, la violence du vent est telle que plusieurs voiles en sont déchirées et mises hors de service ; les mâtures mêmes menacèrent de se briser, latitude 18 © Nord. Verscinq heures du soir, nous rencon-

trâmes un brick qui passa à l'Est, de nos et paraissait faire rencontre au S, P.

LE 23, le vent soufHe avec la même impétuosité, le ciei est nuageux, Ja mer très grosse, les flots couvrent le vaisseau fréquemment dans le courant de la journée. Nous sommes au 20 © 7’ Lattitude, N. 1e a

LE 24, le vént âvait un peu diminué, mais il soufHait toujours du même côté, le ciel est serein Vers huit heures du matin nous rencontrâmes un bâtiment qui faisait voile, —pour les Indes Occidentales. Vers quatre heures nonsen apperçcümes un autre devant nous, Lattitude 22 9 50?. |

LE 25, même vent Nord-Est, mais bien modéré, faisant toujours bonne route. Nous eümes

‘en vue deux vaisseaux faisant même route que nous, 1 on deux av ait essuyé une te mp ête et avait eu ses hañts mâts de misaines et ses grands

mâts brisés. Ce qui avait failli nous arriver il avait quelques ; jours, Lattitude 24 © 30° Nord.

LE 25, temps absolument calme toute la journée.

Le 27, la brise souffla légèrement du Nord- Est jusqu’à une heure P. M., après quoi le vent augmenta et nous contraignit de louvoyer. Dans le courant de Paprès midi, plusieurs bourasques fondiîrent sur nous avec violence. Nous creyions avoir Rissé les vents de commerce et avoir repris les vents variables, Lattitude 27© , Nord.

LE 28, le vent scufilant du même côté et avec

même violence, nous soinmes jetés lon de notre roule,

E 29, même vent qu'hier. Nous vimes beausb qd herbages sur la surface de la mer. Ils veuaient du Golfe, du Mexique et de la Floride, entrainés par les courants et les vents d'Ouest qui sont dominant dans ces parages,

LE 30,le vent s'était un peu modéré quoique soutllant toujours du même côté. Nous vimes deux vaisseaux à une grande distanee,

LE 31, le temps est couvert toute la journée de gros nuages. Le vent est très mconstant.

LE ler Novembre, temps calme tout le jour.

Vers le soir Fhorison était assombri par des nuages noirs, Nous appréhendions une te mpête violente tout prochainement, Latitude 22° ,N Lenaitude 35 ? Ouest. |

Le 2, à six heures du matin la brise soufilan légèrement du Sud-Ouest et augmenta graduellement ; jusqu'au midi ou le vent souffla avec vis lence et par conséquent nous était farondlis. Deux vaisseaux nous passèrent en poupe, faisant à PEst ; Pun deux était Américain.

LE 3,lc vent continua toujours à scuffier avec la même violence. Le'ciel était couvert et annonçait une tempête. A notre grande salisfaction, nous parlions d'arriver sous douze jours à Londres si le vent ne cessait de nous être favo-

rable. Ifn’est pas nécessaire de dire que nous avions besom de rafraichissement et que nous étions harassés du voyage ; plusieurs d’entre nous curent des sv mpiômes de Scoi but. Nous étions parvenus au 34° degré Nord.

LE 4, à six heures du matin le vent changea soudaincment Nord-Est ovec violenre : et se

Jeau-

}ls ride, juest

1que ines

irnée FL A

jeur.

r des ipête

afflan duel- C VIorable.

isant

avec Ÿ an-

isfa c irs à {avonous HOUus entre Nous

ang en \f se

trouva opposé à notre route ;>—temps pluvieux, et la mer très agitée,

LE 5, le même vent qu’hier continuait à souffler avec Ja même Leds quoiqu'il se fût un peu ra; pproché de PEst. Le temps fut couvert, Latitude 36° 39°.

LE 6, vent Est Nord-Est nous poussant en bonne direction, temps couvert et pluvieux. Nous vimes deux bricks. Nous nous approchämes de Pun d'eux et lui parlâmes. C'était un brick Anglais venant de Bucnos-Avyres du nom de Adino- Dundu. Le froid commença à se faire sentir.

Nous étions au 33 ©? fatitude Nord.

LE 7, même vent qu'hier. ‘Lemps serein, Vers minuit il nes’en fallut guère qu'il n'y eût collision entre notre vaisseau et celui que nous avions vu la veille, Vers six heures du soir, àl n'était qu'à une petite distance de nous. Nous nous rapprochâmes encore dans l'obscurité de la nuit et nous nous surprimes tout-à-coup à une légère distance d'environ cent verges l'un de l’autre, latitude 39 © 40° Nord.

LE 8, vers quatre heures du matin le vent tourna au Sud-Kst et souffla avec violence. Il nous était favorable; nous laissâmes les fsles Azores à l'Est de nous le ciel était serein et Îe temps frais, latitude 41 © #.

LE 9, le vent tourna au Sud-Ouest dans le courant de la nuit et se trouvait encore plus favorable pour nous comme nous avions plus de longttude que de latitude à faire. Une barque Anzhuse, nous rejoignit nous lanprochämes et lui parlimes, Elle venait de Valparaiso (Cluh)

Elle se nommait Crator-London ; il y avait cent. vingt jours qu’elle était partie ; avait comme nous doublé le Cap Horn, longitude 34 © Ouest.

LE 10, lé vent soufilait Quest Sud-Ouest avec

assez de violence et nous poussa en bonne direction, latitude 42 © Nord, longitude 62 © Ouest.

LE 11,le vent avait augmenté et soufllait avec beaucoup de violence.-——La mer était très agitée, elle était couverte d’écume blanche conme la neige. Nous faisions huit nulles à l'heure. Aujourd’ hui les matelots appareillèrent les ancres espérant arriver bientôt à Londres si le vent continuait. Nous nous réjouissions tous de voir que le vent nous était si favorable, et désirions beaucoup mettre pied à terre. Depuis cent vingt cn Jours nous n'avions seulement pas vu la terre une seule fois, Nous étions extrêmement fatigués du voyage surtout depuis quelques jours, notre nourriture se trouvant réduite à du bœut salé d’une très mauvaise qualité et à du méchant biscuit.

LE 12 il plût toute la journée ; Je texips fut calme et brumeux, la mer très houleuse,

LE 13 la brise s'était élevée Sud-Ouest et soufflait bien régulièrement ; le temps était couvert et brunieux, Nous rencontrâmes un navire qui sé dirigeait à l'Ouest, nous gouvernions droit à VEst: Lattitude 44© Nord Longitude 24 Ouest.

LE 14 et 15 temps pluvieux fort vent Sud- Ouest, lavorable donc à notre route ; car nous gouvernions droit à FEst, cans Pembouchure de la Manche. Nous vimes plus'eurs vaisseaux durant ces deux derniers jours. Vers huit heu

ra * e : LS ; . TS Lu n + QU » ...

es du.soir, comme Ja nuit était très obscure et pluvieuse nous vinmes presqu’en en collision!avec un navire qui venait à notre rencontre à pleine voile. Le choc eût été terrible et aurait produit la ruine de lun ou l’autre vaisseau. Heureusement que lPautre navire nous découvrit et hissa une lanterne. Un officier de l'équipage fut déchu de sa place pour ne pas avoir placé un homme de garde sur lPavant tel qu’ilavait un ordre dé le faire.

LE 16 le temns changea ;.le ciel s’'éclaircit et le vent se rappracha du Sud de quelques points. Latitude 48 © 30° Longitude 13 = 30° Ouest.

LE 17 le ciel fut couvert de gros nuages ; et le vent soufllant du Sud-Est, se trouvait un peu opposé à notre: route, Le temps était frais ; nous vimes beaucoup d’oiseaux, ce que nous n "a

VIONS pas v u depuis longtems. Cela nous fit CroI-.

re que nous n’étiens pas éioignés de terre ; nous nous pensions même dans le chenal de la manche.

LE 18 temps couvert ; vent Sud-Ouest soufflant avec violence, Nous apprîmes à notre grande satisfaction que nous étions entrés dans l embou: chure de fa manche. Nous nous reJouissions tous de pouvoir dans quatre à cinq jours, mettre Je pied sur le rivage. Nous vimes plusieurs vaisseaux et un grand nombre de canards plongeur autour de nous. La première pointe de terre Anglaise qui s’offrit à nos regards, fut Lecard Point à Pextrémité méridionale de P Angleterre

Nous nous avancâmes rapidement pe odant la

nuit.

Lt 19 vers neuf pauses nous fümes tout à coup fr appés par le cri de terre terre ! 1 Nous découvrimes en effôt la AU à babord ; c'était Start Poirt que nous passämes à une pe tite dise tance. Le jour fut hien joyeux pour nous, et tout contribuait À exciter notre jeie. Le temps élait beau, une brise légère et favorable nous poussait l'a pi lement vers notre destination. Nous eûmes ce jour à pour diner du porc-frais que l'équipage avait fait la veille ; 1l va sans dire que nous trouvâmes cette nourriture délicieuse, n'ayant goûté à aucane viande fraîche depuis cent li ente trois Jours, et privés même depuis un mois de lard salé, Nous vimes beaucoup de vaisseaux allant et venant de tous côtés , et principalement beaucoup de cheloupes qui faisaient le cabotage de la côte d’Angieterre en France. L'une d’elle vint à notre bord nous ofirir du poisson, J’en remarquai entr’autres, une sorte qu’ils appellent Garnet: Ces poissons étaient rouges de singulière forme, et excellents à manger.

Notre capitaine fit marché avec eux pour ‘débarquer la maile. Il lui en couta trente shellings, somme qu'il paya mere tabac, du bœuf s alé, du thé et du rum. Un des passagers dela Cabine débarqua par 4 même chaïoupe.

Le 29 nous etime: un james superbe quoique couvert. Le vent tait frais et favorable. Nous eùmes le Flaisir de voir Pisle Wight qui nous parut être fort sb. nous vimes aussi beancoup de vaisseaux, Une chaloupe vint à notre bord avec un pilote, mais qui n'avait rien à faire AVEC Nout ; VU qu'ils n'était pas licencié pour

D'UN ENILE 8%

piloter lés vaisseaux allant à d'utres ports que ceux de Plsle Wight à laqueile il appartenait. Dans le courant de la nuit, nous passémes Beachy-Head, où il avait un Phare,

LE 21 il fit un ter mps superbe, frais et sercin. Cependant le vent se {rouvait contraire à notre route : nous ne vimes Ja terre qué vers onze heures du matin. C’était Dungencss qui est une longue pointe de sable plane, sur laquelle était érigé un Phare de brique. Nous distingnâmes aussi Hastings qui est une petite ville au Sud de Dungeness. Nousvimesuné quantité immense de vaisseaux Jlouvoyant dé côté et d'autre.

Aujourd’hui nous revimes Île pilote qui devait nous conduire à Dover. Dans le courant de la soirée nous apperçumes à PEst de nous un Phare superbe que Pen nous dit être un Phare Français construit depuis peu. Nous apprîimes par le pilote que la barque Jane Goudie était passé 1c1 justement dix jours avant nous ; ce qui est frappant après une si longue route. Il fallut bien que la marche des vaisseaux fût la même pour ne passe dévancer même d’un jour. Nous remarquämes que l’eau de Ja Manche était Verte. Je ne sais à quoi cela tient ; soit que ce soit là la couleur naturelle de Peau, où qu’elk soit produite par le lit du fleuve ou autres causes, Queiques chaloupes Hollandaises passèrent près de notre bord ; nous mouillämies un peu au déssous de Pungeness,

LE 22 à six heures du miatm nous levâmes Pancre ; ils souffiait une violente brise contraire à nofre route ; ce ne fut qu’en louvoyant que

fe YOURN 41

nous pûres gagner un peu de chemin Vers neufheures du matin nous apperçûmes les côtes de Dover qui sont coupés perpendiculairement à la mer ct blanche comme de la neige ; elles sont en effet composées dé craie ou de plâtre blanc. Nous nous en approchâmes, et vîmes Dover dans le fond d’une petite baie. Elle nous parüût être une petite ville éléganment bâtie entourée par les collines blanches dontje viens de parler. Il y a aussi sur l’une des collines atiprès de la ville, un superbe chateau, et un peu plus loin un Phare ; et de larges plaines qui s'étendent au Nord-Ouest et qui nous parurent bien cultivées tout le monde connait Pântiquité de cette ville et combien s’y rattachent de souvenirs. C’est là que débarqua la nombrènse armée qui apportait des chaines aux bretons jusqu'alors libres et fiers: ce qui traça le chemin à ces hordes de barbares féroces qui inondèrent successivétuent le Sol Britannique et le rougirent de sang. Nous pouvions facillemen: d’où nous étions découvrir Calais sur la Cûte de France et située précisement en face de Dover. Nous éprouvâmes tous une vive émotion en appercevant la patrie de nos ancêtres. ÆEn peu de temps nous nous rendimes vis à vis Deal autre petite ville à sept ou huit milles de Dover et située sur un terrein plat et sablonneux. Comme le vent était contraire à notre route et la marée contre nous ; nous mouillmes devant la ville que nous pèmes contempler à notre aise. Elle ne contient que huit mille âmes dont la principale eccupation est la pêche. Cette place est célèbre conime étant

us mi est

ers tes nt à sont inc.

ans tre par un [ au Fées le et st là tait iers:

res Sol jou- Canent une nos ndi- Ju rein 'Of:- US 3 nes que est

ant

D'UN EXILE’ sY

le: heu où Jules-César effectua sa descente en. Angleterre lors de sa première expédition en ce pays. Nous étions maintenant entrés dans les Dunes places dangéreuses par le nombre des bancs de sable qui obstruent de tous côtés le passage des vaisseaux ; aussi y voit-on fréquemment des naufrages. Le fond est composé de sable mouvant et par conséquent. d’un Jour à autre la marée y forme des bancs infranchissables et à différents lieux : aussi-y-a-t-il un vais seau à vapeur gagé par le gouvernement pour croiser et sonder: journellement dans cet endroit afin de découvrir les bancs de sable et les indiquer: Nous vimes ce vaisseau croiser en différents sens et une multitude de bouées placées çà et là ainsi que des Phares-flottants. Des chaloupes vinrent a bord avec des poissons du pain, des pommes etc: Les bords de la mer de cette partie de Angleterre sont assez planches et uus. Je remarquai que les rapports que l'on nous faisait au sujet de l'atmosphère de fumée qui obscurcit le’ciel de Angleterre étaient bien véritables et que la cause en était la quantité immense de charbon de terre qui se consumait dans les manufactures innombrables qu’il ya ; aussi tous les villages et toutes les villes que nous vimes étaient 1ls couverts de fumée. Le 23 à neuf heures du matin nous jetâmes Pancre à embouchure de la Famise. Nous ne p ims avancer plus loin à cause de la marée qui: vaissait, et qui formait des courrants assez forts pour nous entrainer sur quelques bancs de sable qui comme je Pai dit sont très eomnruns 104

y0 JOURNAL.

Plusieurs bâteaux-à-vapeur passèrent auprès.

de nous, allant en France, en Hollande et à différentes autres places ; plusieurs vaisseaux vinrent mouiller auprès de nous, pour là attendre la marrée dulendemain. Nous encrames 4 une profondeur de 22 pieds d’eau à marréé basse, sur un fond de sable, Nous nous trouvämes vis-à-vis Margate et Ramsgate.

LE 24 à six heures du matin, nous levâmes Vancre, et favorisés d’une légere brise ainsi que par le montant de la marée, nous fümes bientôt parvenus à l'embouchure de la "Famise du côté Sud. Nous vimes beaucoup de gros vaisseaux de guerre en désordre. Nous primes un bateau à vapeur qui nous toua jusqu’à Grayesend où nous mouillâmes de nouveau pour attendre Ja marée. Car le flux etreflux est si fort dans la 'Famise qu'il est difficile d'aller contre le courant. Gravesen:| est une assez Jolie petite ville bien située, Üncilicier vint prendre son poste à notre bord pour voir à ce qu'il ne se fit point de contrebande pendant la route vers Londres.

Nous changeâmes aussi de pilote ; le capitame de notre vaisseau débarqua avec plusieurs passagers À huit heures du soir nous levâmes l’ancre encure une fois, et un bateau à vapeur nous toua jusqu'à Londres. Les bords de la Tamise

sont généraleinent parlant assez bas et. d’un bel aspect, nous amarrämes dans le bassin de Londres à minuit. Nous fmes cinq jours aons Londres à nous promener et à chercher un passage pour quelques uns des Ports des Etats-Unis.

D'UN EXILE ù 91

comme la saison était trop avancée pour passer par le Golfe St, Laurent.

Je ne donnerai aucun détail sur Londres çar elle est rop bien connue, je me bornerai seulemeat à dire qu'ü est dificile de se faire une idée ae l'étendue du commerce des Anuglais.—Pour le concevoir il faut voir ces magasins inmense s encombrés de marchandises tant étrangères cum digènes ; cette :uxrine dont les vaisseaux detoutes dimensions, remplissent les deux rives de. la Tamise depuis son embouchure jusqu’à Londres Gistance d'environ trente milles ; ainsi que les vastes bassins qui ont été fait dans Londres et lesenvirons. Enfin c’est une chose presqu’incroyable: que l'importation et l’exportation qui ont lieu chaque jour à Londres. Quoique je connusse déjà Londres de renoinmée j'avoue pourtant que j'en avais une idée bien imparfaite, et que je fus étonné en Ja voyant. : Je ne pouvais me persuader qu'il exisiât une ville aussi grande et aussi commerçante, Celui qui n’a pas vu Londres ne peut pas croire ce qu’elle est. Comme nous ne devions demeurer que peu de jours à Londres, nous employämes le temps que nous avions, à voir les lieux et les édifices les plus intéressants, tels que Covent Garden qui est une place de promenade superbe, l'Eglise St. Paul, si célèbre par sa grandeur et son antiquité ; la Bourse ou Royal Exchange. La Tour et les nombreux édifices publics ;le Palais et plusieurs bitisses magnitiques appartenant au gouvernement et à quelques Lords ; enfin les monuments les places publiques, les ponts et ce que nous.

Ce

SO

pcience Cornoratioi

Page 1