‹ Journal d'un exilé politique aux terres australes [microforme]Chapitre 7 sur 7 · À Jon 'Roenucr, Ecr.} M. P.:&ec. &e · texte numérisé non relu

À Jon 'Roenucr, Ecr.} M. P.:&ec. &e

MoxNSsIEUR, ‘Arrivé depuis peu enccette : Capitale, ‘un étranger sans nom, sans crédit, sans autres recommanda- ‘tions que ses malheurs, pourrait-il aspirer à la:faveur de eommuniquer avec vous? Victime des comimotions polit ques dont son pays le Canada, fut naguère affligé, c’est à la faveur du patriotisme qu.il se familiarisa de bonne heure avec vôtre nom, et que dans ce moment il ôse se permettre de soumettre à votre considération le court exposé de sa situation. ‘ Banni de sa patrie, retenu dans la sujétion depuis plus de six ans, il est enfin rendu à la liberté, ainsi que ceux de ‘ces compatriotes qui partagaient avec lui le même sort. C’est en Juin dernier qu’il reçoit ‘intelligence de son rappel. Cette Hbération, quoique tardive, il l’apprécie, il s’en félicite ; il a ‘désorinais le doux espoir de revoir ce qui l’attache le plus

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chèrement au monde, son pays, sonépouse, ses parcns, cs amis. Muisil ne peut encore jouir do son bonheur ; ce n’est qu'une perspoctive ; il lui reste des mers sans ipnites à franchier ; un voyage dispendieux à ent:eprendre, et il est sans ressourées, sahs moyens, et'le plis grand nombre de-ses compatriotes aussi. Sydney ne put offrir qu'uue existence difficile à ces étrangers; lc:.qu'ils reçurent leur pardon, ce n’était que depuis 42 qu'il leur Ctait permis de s'habiter ; jusqu alors ils avaieut été détenus dans un établissement pénal. Leur anxiété est extrême ; fatigués, harnssés jusqu'à l’épüisement par les m sèresiet privations d’une longue captivité ; toujours présente à leur esprit l’image de leurs épouses, de leurs enfins dans les angoisses de l'absence ; I: sont impatierits de sortir des lieux où ils n’éprouvèrent jamais que vexations et vicissitudes. Heureusement ce pénible étât d’indécision ne devait pas ê're de longue durée. Une letire du Canada arrivée à un des exilés ; elle nous apprend que nos amis o1.t prévu notre situation, nus besoins, qu'ils ons souscrit à Ja formation de quelque fonds pour aider à notre retour dans nos foyer. Ladessus rous nous voyons, nous nous cConsultons sûr nos moyens respectifs: ceux qui ont le plus tendent la main à ceux qui ont moins, et voilà enfin que nous nous comptons au nombre de 38 en état de prendre nos passages jusquen Angleterre, et nous quittons effectivement Sydney le 19 juillet dernier, et au bout de quatre mois et demi de navigation nous touchons à cette terre ; toujours sous l'impression que les fonds et deniers en question y seront. parvenus avant nous, #1 qu'ils auront été adressés à celui qui fut toujours lami dévoué des canadiens, le défenseur déclaré de leur cause, Voilà, Monsieur, le faible et imparfait détail des circonstances qui m'enmménent aujourd'hui devant vous,

Il n: me raste plis qu'à vous demander pardon parr mon extrème hardiesse, et vous supplier de croire que de quelque renseignement que ce soit qu'il vous plaise m’honorer, je les apprécierai comme je le dois ainsi que wes autres coiwpagnons.??

J'ai l'honneur d'être &e.'

HPT. LANXCTOT,

ses 1’est ransans ‘omicile était \ors eur nént ours eurs Npavetndénada o1.t à la 3 Nos tons it la ) mpjusy le AVie sion ant l’ause,

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La réponse fut, ce que tous le monde connait, ses services que nous rendit Mr. Roebuck, en nous procuraut Ce qui nous était nécessaire pour continuer notre voyage. En conséquence :

Le, 29 novembre, nous embarquimes à bcrd du navire Américain le Switzerland du port de six tonneaux, faisant voile pour New-York, commandé, par le capitaine Knight.—A deux heures P. M. nous sortimes du bassin fte. Catherine et nous fûmes toués par un bateau à vapeur qui devait nous conduire hors de la tamise. Comme la nuit commençait nous jetâmes Pancre un peu en deça de Gravesend ; cette circonstance nous procura l'avantage de voir cette parte de la T'amise qui se trouve entre Londres et son embouchure car ; nous avions fait ce trajet durant la nuit en montant ; Nous eûmes le plaisir de voir Greenwich par où passe le Méridien, et qui possède une superbe infirmerie mililaire, sur les bords de 4 Tamise. On peut comoter que Londres commence de cet endroit, —car jusqu’à Londres les bâtisses tant manufacturières.que maisons de particuliers ne formeut qu’une chaine non interrompue.

LE 30, Nous mouillâmes vis-à-vis zurgate, le vent étant contraire et le passage difficile par la quantité de bancs de sable qui obstruent entrée de la Famise, nous ne pûmes aller plus loin. :

LE ler décembre, nous levämes Flaxcre de grand matin, et nous iouveyämes toute la journée pour éviter les bancs de sable. Le soir de bonne heure, nous mouillâmes lPancre, car nous

avions à lutter centre le: vent et la märrée. Le: temps fut pluvieux ct froid.

Lé 2, nous louvoyâmes cncore toute la: journée sans pouvoir faire beaucoup dé chemin. Le soir nous étions vis-à-vis Ramsgate.. Nous étions passez proche de la côte. La place située sur Pextrémité d’une pointe qui s’avance dans la Manche nous parait d’un assez bel aspect.

LE 3, le vent se troüva favorable, nous sortimes des Dûnes et nous arrivâmes à Portsmouth vérs quatre heures de laprès-midi. Nous ne jetâmes pas l'ancre. 1€ capitaine ct quelques passagers vinrent à bord en chaloupe. Nous pûmes voir le port qui est très vaste, —et qui contient beaucoup de bâtiment de guerre. Nots. n’eûmés qu'üne faible vue de la ville ; mais d’après le rapport que nous en fit M. ranctôt la ville est divisée en trois parties, —élégamment construite, et contient quatre-vingt mille âmes. M... zanctôt s’était rendu à Portsmoutli par terre en chémin à lisses, ayant été détenu à Londres pour quelqu'affaire qui nous concernait tous.

LE 4,, nous eûmes un vent favorable, nous vimes Start Point en passant, le vent tomba: sur le soir, nous eûmes encore là terre en vue, à ure: grande distance.

LE 5,.nous avions perdu la terre de vue ; le vent était favorable, nous voguions rapidement vers l’ Amérique, le temps était frais et couvert.

LE 6, la brise continua bonne toute la journée ; le temps était couvertet froid.

LE 7, la brise était augmentée et soufflait tou -

jours du Nord-Est, nous filions de neuf à dix nœuds à Pheure.

LE 8, le vent était très violent et un peu près la mer très agitée, et la vague embarquait à chaque instant bien que le vaisseau fut gros et fort haut, —beaucoup d’entre nous furent malades, tant du mal de mer que du rhume,—le vent tomba dansle courant de la nuit.

LE 9, le temps fut calme toute la journée ; la mer très houleuse, nous eûmes le plaisir d’observer une baleine à notre loisir, elle tourna autour du vaisseau au moins deux heures apparaissant tout auprès de nous à chaque instant.

LE 10, le vent était violent et soufllait du Nord-Ouest et se trouvait contraire à notre route.

LE [1, même vent, mais beaucoup modéré, temps couvert et orageux ; nous courümes la bordée toute la journée.

LE 12, pendant la nuit,le vent s’éleva d’une manière furieuse ; Ja mer s’agita à tel point que dans le vaisseau tout se dérangea, coffres, quarts, meubles, etc. La vague frappait le vaisseau comme s’il se fut choqué contre un roc,—leau descendait par torrents dans lentrepont par l’écoutille, le vent et la mer faisaient un pugie sement horrible ; il faisait froid, 1l grêla,

jour parut enfin, nous montrant la mer en furie telle que nous ne Pavions pas vu depuis le Cap Horn; pour comble de malheur, le vent était Sud-Ouest et contraire à notre route, ce qui nous força dé serrer le vent le plus nrès possible,

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LE 13,le même vent régna, la mer toujours aussi grosse, —le vaisseau berça horriblement, plusieurs furent incommodés du mal de mer, le ciel annonçait le vent.

LE 14, le même vent exista avec la même furie,— Nous rencontrâmes un petit brick gouvernant à l'Est. (C'était vraiment une curiosité de voir ce petit vaisseau ainsi agité par la mer ; quoiqu'il ne fut qu’à une petite distance de nous, nous le perdions de vue à chaque instant, et aussitôt 1] paraissait comme sur une Montagne, tantôt sur le côté, tantôt soit la proue ou la pompe en Pair, on aurait dit un morceau de liége sur Peau.

Le 15, le vent soufllait toujours avec violence du Nord-Ouest. Nous passâmes en vue des les Açores à une petite distance. C’est un sroupe d’Isles très élevées, habitées par des Portugais. Elles produisent une grande abondance de fruits et jouissent d’un climat délicieux quoiqu’elles soient sujettes à éprouver des tremblements de terre. Fayol est ie Port principal ct Agra la Capitale de ces Iles. Le port est parfaitement sûr. Elles sont situées sous le 40e latt. Nord et 30e long Ouest à peu près à michemin de New-York en Europe.

Le 16, le temps fut calme et couvert toute la journée. Le temps s’était bien adouci, et annonçait du vent.

Le 17, la brise s'était un peu élevée soufflant du Sud-Ouest, c’est-à-dire contraire à notre route de sorte qu’il nous fallut lnnvaver {oute la Journée,

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Le 18, même vent qu'hier, nous vimes un navire gouvernant Nord-Est” Sur le soir la brise devint violente ; la mer fut très agitée toute la nuit. Le ciel était clair et l'air tempéré.

Le 19,le vent soufflait toujours Sud-Ouest avec violence, la mer très grosse, à chaque instant la vague couvrait le vaisseau, plusieurs d’entre nous furent incommodés du mal de mer ; moi surtout. Sur le soir le vent tomba totalement et le temps se couvrit, nous étions tous chagrins de voir le vent toujours contraire à notre route, nous qui désirions si ardamment d’arriver au sein de nos families et qui étions si fatigués de la navigation. Tout nous fesait trouver le temps long et ennuyeux ; cependant :l nous fallait encore une quinzaine de jours de navigation.

Les 20, 21, 22, le vent souffiait toujours Sud- Ouest avec violence, l'atmosphère, et le temps froid.

Le 23, le temps fut calme excepté une légère brise du Sud-Ouest, nous passâmes quautité d’herbes marines qui sortaient du Golfe de la Floride ; nous étions en parallèle avec Pextrémité Sud-Est des Bancs de Terre-Neuve. Nous vimes une espèce de petits oiseaux de la grosseur d’un Rossignol voltiger autour du vaisseau se jeter à l’eau et plonger. Nous rencontrâmes un vaisseau Danois qui faisait voile au Nord-Est ; il échangea des signaux avec nous.

Le 24, vers minuit le vent s’éleva graduellement de l'Est Sud-Est se trouvant favorable à notre ronte. A huit heures du matin le vent souf-

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flait avec violence ; nous filions onze nœuds à l'heure en bonne direction, ce qui nous réjouit tous, ayant été si contrariés par les vents d'Ouest depuis notre sortie de la Manche nous espérions être bientôt à Vew- Fork.

Mais le 25,le vent soufilait de l'Ouest, pour nous faire expier la petite satisfaction de la veille, le temps était froid et le ciel couvert.

Les 26 et 27, le vent varia du Sud-Ouest au Nord-Ouest, temps clair et froid, la mer très agitée,

Le 28, le vent tomba entièrement, il plut durant la nuit, vers dix heures du matin, la brise s'éleva de l'Est se trouvant favorable et nous donnant encore Pespoir de voir prochainement la terre, nous étions à l'extrémité Méridionale des Bancs de Terre Neuve.

Le 929, le vent tomba vers minuit, nous eûmes aussi de la pluie. Tout le jour fut calme, nous

Jetâmes les lignes à l’eau, car étant sur les Bancs

de Terre Neuve, nous pensions prendre de la forue. Nous vimes quantité de Canards et plusieurs Baleines.

Le 30, le vent soufflait du Nord avec violence le temps froid et couvert.

Le 31, vent variable ct temps couvert.

Le ler Janvier 1845. Ce jour de bonheur au Canada fut pour nous bien triste, ayant été trompés par le temps. Nous avions calculé que nous serions arrivés au Jour de Pan pour le plus tard, et nous nous étions fait une si grande fête d’arriver. D'ailleurs nos parents devaient nous attendre avec inquiétude, car ils avaient dû rece

voir des nouveiles de notre départ de Eondres par le bateau à vapeur qui devait partir de Liverpool quatre jours après nous ; et de ait arriver douze ou quinze Jours avant nous à New-

York. Cependant nous employâmes le jour le mieux qu'il nous fut possible, Nous nous procurâmes de Peau de vie du Capt. du vaisseau et nous renouvelâmes notre bon temps passé du Canada, encouragé par la perspective que nous avions de bientôt toucher au terme de nos mise

res et fatigues, et de mettre encore une fois le pied sur notre sol natal. Le temps fut calme toute la journée, sur le soir la brise s’éleva Sud- Ouest Red d’ordmaire.

LE 2, le vent soufila toujours Sud-Ouest temps froid et couvert, nous rencontrâmes deux bâtiments,

LE 3, le vent soufla avec violence, la mer fut terriblement agitée ; il grêla et neigea toute la Journée, et fit bien froid. Nous nous apperçumes que nous étions devenus bien sensibles au froid, chose peu surprenante ; après avoir habité des climats chauds depuis cinq ans; nous eûmes une nuit affreuse.

Rien n’est plus effroyable que de voir une nuit tempêtueuse ; vent v iolent accompagné de grêle et de neige, sifHant dans les cordages ; les va-

ques soulevées et rouge comme du feu embarquant à chaque instant, sur le vaisseau. Sur le jour, le vent tomba.

LE 4, temps calme jusqu’à midi, tout-à-coup le ciel se couvre de gros nuages et un instant après éclatte une affreuse tempête. Les flots lavent

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le pont. Le gand hunier vole en lambeaux aru: si qu'une autre voile, les cordages cèdent de

| toutes parts. Des chocs violents ébranlent ! toute la charpente du vaisseau : même vent que ( la nuit précédente, Jamais traverse de Lonüres à } New-York ne fut plus laboricuse. Depuis notre | sortie de la Manche, nous n'avions eu que deux

jours de bon vent, cependant en dépit des vents S'ud- Ouest et Nord-Ouest qui règnent en géné- ‘al dans cette saison, nous comptions arriver à New-York cette semaine même.

LE à, léger vent Sud-Ouest, temps couvert, | fort orage accompagné de neige durant la nuit, | au jour, temps calme. Depuis quinze jours le

| vent est contraire, ou il fait du calme.

LE 6, calme jusqu’à midi, à midi vent contraire AVord- Ouest, temps couvert.

LE 7 durant la nuit le vent s’éleva de l'Est d’une violence furieuse, et par conséquent nous poussait en bonne direction vers les côtes de PAmérique, à huit heures du matin, le vent se trouvait si violent que force nous fut d’abattre les voiles, excepté le grand hunier, la mizaine et le hunier d’artimon, encore y avait-il des ris de pris dans ces dernières, autrement il s’en serait suivi qu accident. Le vent dura ainsi jusqu’à midi où il changea subitement au Sud-Ouest ce qui fit que la mer fut horriblement tourmentée. (l Ïl plut, et toute la journée le temps fut brumeux. | LE 8, vent Nord-Ouest assez violent, absolument contraire à notre route. Temps froid et couvert, nous Jetâmes la sonde, il y avait vingt cinq brasses d’eau. Vers quatre heures après-

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midi, nous rencontrâmes trois vaisseaux qui faisaient voile au Nord-Est.

LE 9, le temps fut calme jusqu’à neuf heures, alors une légère brise s’éleva du Sud-Ouest, le temps fut froid, mais beau ; nous nous attendions à voir la terre le lendemain

LE 10, vent Nord-Ouest, temps clair et froid ; vers neuf heures à notre grand contentement nous entendimes crier Terre, Terre ; en eflet nous apperçümes à Pavant une terre sur laquelle nous püûmes distinguer des bâtisses ; c'était Black Island située à l'Est de Long Island, Mais le vent contraire nous empêcha de nous en approcher de près et nous fûmes obligés de louvoyer au Sud-Ouest. Nous ne revimes plus la terre de la journée. “Foute la nuit fut calme et pluvieuse. Nous éprouvions tous une grande Joie de voir la terre, après une traversée si longue .et si Jaborieuse que celle que nous avions faite depuis Londres, et de cette douce espérance que nous avions de bientôt toucher au terme de notre pénible voyage, et de rentrer au sein de nos familles.

Le 11, nous louvoyâmes encore toute la Journée, sans voir la terre. Le vent JÆVord Ouest nous combattant toujours, car Je crois qu’il était écrit là haut que nous serions contrariés par les vents jusqu'au bout.

Le 12 de grand matin, Pon nous annonça que Pon voyait un Phare à lavant,et dès que le jour parut, nous découvrimes la côte quiétait celle de New-Jersey, et que nous longeâmes jusqu’à Sandy Hook où nous mouillâmes, en attendant

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un Bäteau à Vapeur, qui devait venir nous touer jusqu’à. Vew- York. En effêt le Bateau nous remorqua à trois heures P. M. Muis le vent s’éleva {ortet contraire, etla marée se trouvant contre nous, nous fûimes contraints de mouiller à Pextrémité de Sandy Hook et de âcher le Bateau à Vapeur qui devait venir nous reprendre le lendemain matin. Sandy Hook est une plage charmante et sablonneuse, sur laquelle il y a plusieurs Phares superbes. De cette place la vue des rivages d’alentour est enchanteresse tant par la beauté même des sites que par la splendeur des édifices. Nous apperçüûmes quelques petites taches de neige le long des clôtures.

LE 15, de grand malin, le bateau-à- “vapeur revint et nous toua jusque dans le port où'nous débarquâmes vers dix heures. Nous eûmes le plaisir de voir plusieurs Canadiens de nos amis, qui vinrent nous recevoir sur le Quai. C'était la première fois que nous voyions des Canadiens depuis notre départ du Canada, et pour la première fois aussi, que nous mettions le pied sur la terre Américaine. Nous pensions déjà toucher au Canada. En mettant le pied à terre, notre première pensée fut pour nos bienfaiteurs et Mr. Lanctôt en notre nom, adressa à Mr.

bre la lettre suivante, pour remercier toutes les àmes généreuses qui avaient contribué à notre retour, sur lesolde notre patrie.

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re- ’élecon- Pex- AU à lenhareurs des r la des S {a-

renous s le mis, était iens presur tourre, urs Fas Les Dtre

New-York, 15 Janvier, 1846.

À M. E.R, FABre,

Soufiririez-vous que je prisse la liberté de vous adresser un mot ? ce à quoi ma position actuelle à quelqu’egard semble m’autoriser, mais je Veux vous détourner de n08 eccupations le moins longtems possible. Nos arrivons ici tout à l'instant, moi et trente sept autres des exilés politiques, la copie d’une lettre que nous avons adressée à monsieur KRoebuck, lors de notre court séjour à Londres, que je me donne l'honneur de jo‘ndre ici, vous dira assez de notre situation, et vous mettra assez bien au fait de ce que nous avons fait auprès du ce monsieur, et des causes et motifs qui nous engagèrent à cette démarche; je ne doute pasnon plus que Mr. Roebucik ne vous ait écrit sur le sujet, avant moi, etquo vous ne sachiez déjà ce que ce noble ami a daigné faire pour nou+ dans cette occasion. Mais cependant, je n’aurais pu ie refuser sans éprouver beaucoup de regrêt l’occasion d’en dire un mos moi-même. Et je n’aurais cru non plus apporter trop d'empressement à donner expression au sentiment de reconnaissanée dont ma pénètré ainsi que mes compatriotes, l’assistance effective que vous etgrand nombre d’autres vrais amis, avez si généreusement apportée à l’accomplissement de notre retour d’exil,

Veuillez donc, monsieur, agréer nos humbles rcmerelmens e& en faire part à tous ces messieurs,

Je suis avec tout le respect possible, Votre très humble et très obéissant serviteur.

HPT, LANCTOY.

Quelques affaires nous retinrent deux jours à New-York. Cette ville est assez connue pour m’épargner d’en faire une description.

LE 15 au matin nous embarquâmes sur un bateau à vapeur qui nous débarqua à Bridge Port ; de là nous nous rendimes à Albany où nous couchâmes. Le lendemain matin à six heures nous montâmes en ‘ Stage’ passant par Casile Town, Middleberry, Virgin, Burlington, &c.

Nous arrivâmes le 18 à St. Jean, et le lendemain nous nous divisämes pour aller rejoindre nos familles après une absence de cinq ans et demi. Nous avions mis six mois et neuf jours pour revenir de l’exil en Canada.

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