‹ Journal d'un exilé politique aux terres australes [microforme]Chapitre 6 sur 7 · lences · texte numérisé non relu

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trouvâmes plus étonnant de tout, tut le Tunnel, comme les Anglais l’appéllent ; c’est un chemin souterrain comme il est à la connaissance de tout Je monde, creusé sous la T'amise, de la longueur de douze cents pieds au-dessus duquel passent les bâtiments et les bâteaux à vapeur. Lorsque nous fûmes dedans, nous entendîimes à notre grande surprise, le bruit que faisaient ces vaisseaux. Ce chemin souterrain est éclairé jour et nuit par le gaz. L’on y vend-des fruits et autres objets de raffraichissement. 11 faut payer un Penny pour y être admis. Avant d'arriver à la plate-forme sur laquelle se trouve le chemin il laut descendre sofxante et quelques pieds par une escalier tournant. Je crois devoir ici dire un mot de notre situation à Londres. Le lecteur connaissant combien elle était critique appréciera mieux le bienfait qui nous en a ‘tirés, et donnera à:son auteur le tribut de ‘reconnaissance qu’il mérite.

Lorsque nous partimes «de Sydney, après un calcul du prix de notre retour dans nos foyers, nous savions bien que nos moyens pécuniaires étaient insuffisants pour s’y rendre, et que nous ne pouvions aller plus lom-que Londres. Cette difficulté ne nous arrêta pas ; car nous espérions que rendus en cette ville, soit par notre‘travail ou par les secours que l’on pourrait recevoir de nos compatriotes, ou quelque heureux hazard, nous terminerions notre voyage. Nous nots trouvions donc sans ressource à Londres, étrangers, inconnus: ét nous ne savions comment sordir de cet embarras,

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Bans les circonstances ordinaires, un. témoi- ‘gnage d'intérêt ne fait souvent qu’une faible impression sur lesprit, et le souvenirs’en échappe bientôt ; mais si linfortune vous frappe, alors il revient et avec une vivacité toute nouvelle. Nous profitämes de cette bienveillante attention de la Providence: Dans nos'tristes réflexions le souvenir de Mr. Rœbuck se présenta tout à coup. à motre mémoire. Nous nous rappelâmes avec attendrissement que dans plus d'une occasion, il avait manifesté de la bienveillance envers nos compatriotes.et nous pensâmes que*son âme généreuse s’intéresserait à nos malheurs.—Nous décidâmes de nous adresser à lui par voie de lettre ; et voici cé que lui écrivit l’un de nous, M. Lanctôt.

Londres, 28 Décembre, 1844.

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