DÉDICACE
eu sur moi de tristes résultats. J'avais à peine mis la main à l'œuvre^ que je sentais déjà ma faible humanité trahir mon courage, et que ma santé, gravement altérée, m'obligeait, après cinq années de rudes labeurs, à revenir demander par deux fois au pays natal une guérison que je n'y ai pas trouvée.
Aujourd'hui, que la Providence, par l'organe de la science médicale, m'a condamné à mener loin d'eux une existence plus stérile et plus calme, le souvenir de ces intéressantes et belles missions, auxquelles je m'étais si sincèrement attaché, ce souvenir, dis-je, est profondément gravé dans mon cœur, comme un rêve de bonheur que l'on regrette.
Ne pouvant plus travailler personnellement et sur les lieux mêmes aux œuvres de la mission que vous dirigez depuis tant d'années avec le dévouement et le désintéressement d'un apôtre ; ne faisant plus partie, hélas ! de cette mission, qui a conservé du moins mes ardentes sympathies ; ne devant jamais revoir ces populations mixtes, égarées dans les solitudes du nouveau monde, et plus ou moins dépourvues de secours spirituels, je désire. Monseigneur, m'associer encore d'intention à votre sainte entreprise, et lui venir en aide, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi, en faisant connaître au monde catholique vos besoins, vos épreuves et votre touchante misère.
Il m'a semblé qu'une connaissance plus complète et plus approfondie de l'état actuel de votre mission ne pouvait manquer de vous attirer la pieuse sollicitude de nos frères d'Europe, et leur généreuse intervention; je me suis donc décidé à écrire le journal des cinq années que j'ai passées au Texas et au Mexique en qualité de missionnaire.