AVANT-PROPOS
En faisant cette publication , je me propose un double but :
Redresser bien des erreurs sur Tarmée , qui a souffert à Metz ;
Montrer Turgence d'une organisation militaire, qui nous mette à Tabri de catastrophes nouvelles.
Il faut que cette dure leçon nous profite ; il faut nous préparer sans retard à une lutte, qui doit fatalement recommencer un jour, si là modération de nos adversaires ne vient pas la conjurer.
Comme nous jadis, la Prusse a remporté en quelques années son Austerlitz et son lena ; mais, comme nous aussi, elle semble ne pas pouvoir conserver la sagesse dans la fortune. Elle ne se contente pas d'avoir assuré l'unité de l'Allemagne et le triomphe d'une politique , que combattaient nos gouvernants. Étourdie par l'étendue de succès, que nos fautes ont préparés, elle veut entrer dans la voie des conquêtes , et , sous prétexte de nous enlever toute possibilité de nuire désormais
à son œuvre, elle prétend ajouter aux ruines dont elle a couvert notre pays , aux difficultés de notre situation intérieure, rhumiliation d'une cession de territoire. Qu'elle réalise ses menaces, et, loin de consolider la paix, c'est la guerre, une guerre acharnée qu elle prépare dans l'avenir ; ell^ court au devant d'un 1815.
Les enseignements de l'histoire ne serviront donc jamais aux peuples. La Prusse a-t-elle déjà oublié que vaincue, écrasée par Napoléon P"", elle était, peu d'annëes après sa défaite, l'épée de l'Europe, liguée contre nous ? Ne devrait-elle pas craindre que les autres puissances, alarmées de sa grandeur, et se souvenant enfin des services, que nous avons généreusement rendus à plusieurs d'entre elles , ne profitent un jour aussi de notre haine contre les conquérants de nos vieilles provinces françaises, et ne nous invitent à la vengeance ?
A l'œuvre. donc, dès que l'horrible tourmente sera passée. A l'œuvre, avec calme, avec méthode, avec patriotisme ; et puisse cette réforme, que nous demandons entière et radicale, contribuer à rendre à notre chère Patrie la sécurité et la grandeur.
Hambourg, 25 décembre 1870.
JOURNAL
d'un