LE RETOUR 10 I
Et je suis votre enfant qui revient, et mes bras Veulent vous embrasser, sol de mes premiers pas! Quel rêve, de fouler vos lumineuses côtes ; De respirer Tair pur de vos régions hautes ; Dans vos profonds échos d'ouïr tonner ma voix ; De voir, dans vos vallons, rebondir à la fois Sur les rocs échancrés vingt cascades neigeuses; De suivre Thirondelle aux cimes orageuses; De s'enivrer d'espace et de brûlant soleil Dans les sentiers de l'aigle et de Tizard vermeil ; Ou, sur le doux penchant des moelleuses vallées, De dormir, écoutant aux bêlements mêlées Les clochettes d'airain et les voix des pasteurs Robustes, qu'à demi dérobent les hauteurs ; De courir tout le jour, d'un pas toujours alerte, Sur les longs rubans d'or roulés dans l'herbe verte, Et d'aller pour aller, comme font les oiseaux, Les nuages, l'enfant, la brise, les ruisseaux !
ARRÉAT