LE CHIEN DE M. ARNAULT
Alexandre Dumas a, dans ses Mémoires^ une jolie anecdote sur le chien de M. Arnault. L'animal ayant souillé la chambre de son maître, celui-ci le fustige, puis lui fourre le nez dans le corps du délit et se flatte de l'avoir bien corrigé. Un jour, pourtant, que le poète reposait, son chien le tire à plusieurs fois par l'habit pour appeler son attention et va de lui-même plonger le museau, quoique avec une visible répugnance, dans une ordure fraîchement laissée au coin de la chambre. C'est comme s'il disait : « Je fais la chose, il n'est besoin de me battre pour cela ». La bonne bête a fait un parfait syllogisme ; seulement, elle a mal interprété l'expérience, elle a mal compris.
Avis aux éducateurs ! avis aux mamans qui mettent leur marmot au coin, après correction, pour avoir passé la langue dans les confitures !