LA RÊVERIE DE SCHUMANN I
Charmant fantôme de mes rêves, Mes yeux te suivent éblouis.
Mais dans l'infini tu t'élèves , Et sous mes doigts t*évanouis:
Bercez doucement ma pensée, Esprits bleus qui flottez dans un monde enchanté.
Reviens, image caressée.
Idéal 1 enivrer mes sens de ta beauté !
J'avais fini d'écrire quand je m'avisai que cette pièce a été classée en. ses Scènes d'enfance par le maître. Ma poésie serait-elle donc un contre-sens? Elle est rêverie d'homme, il est vrai, et non d'enfant, mais rêverie où l'homme revit son enfance et refait ses songes bleus. Peut-être ces songes aussi n'ont-ils pas d'âge, et c'est la langue en laquelle nous les parlons qui les vieillit.
La phrase musicale est un thème docile. Elle nous impose bien une certaine pensée, mais elle laisse à l'interprétation plus de marge que la phrase du poète, et mes quelques vers n'ont pas fait, sans doute, trop de violence à la mélodie du maître.