‹ Journal d'un philosopheChapitre 26 sur 46 · LA RÊVERIE DE SCHUMANN · texte numérisé non relu

LA RÊVERIE DE SCHUMANN

J'ai entendu au piano, ces jours derniers, la Rêverie de Schumann. Comment ai-je pu ignorer si longtemps cette belle chose ? J'aurais eu plaisir à chercher sous l'archet la modulation de ces phrases délicates ; mais j'ai perdu la main qui tient l'archet, et mon violon dort oublié dans sa boîte. J'en ai voulu du moins prendre ma revanche et chanter à ma manière la rêverie dont j'étais charmé. Je l'ai traduite en vers et je cède à la petite vanité de transcrire ici ce court morceau.

Bercez doucement ma pensée, Esprits bleus qui flottez dans un monde enchanté.

Reviens, image caressée, Apaiser mon désir d'idéale beauté.

Déjà l'image est effacée, Et mes yeux sont encore emplis de sa clarté.

Sur la trace qu'elle a laissée, Anioureux je refais une réalité.

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