‹ Journal d'un poète (volume 2)Chapitre 113 sur 167 · IMPLORA P A C K M · texte numérisé non relu

IMPLORA P A C K M

Quelle paix implores-tu? Est-ce la paix du tombeau? L'ardent républicain aux longs cheveux blonds ne l'implorait pas; mais il disait et signait du nom terrible de Saint-Just, que le révolutionnaire ne trouve la paix que dans la tombe.

L'as-tu trouvée du moins? Si tu ne l'avais pas? si le tombeau était bruyant comme la vie, si tu entendais là, jusqu'à la dissolution de tout ton corps, le bruit des monstres qui te dévorent ? si ton âme entendait pour l'éternité le bruit des gémissements de la nature ?

Pauvre femme ! pauvre femme ! qu'avais-tu fait, qu'avais-tu souffert pour parler ainsi, et quelle main a écrit sur ta tombe le cri de ta vie ?

Et moi, pourquoi nie suis-je souvenu de ces mots depuis que je les ai lus dans les lettres du voyageur divin qui a rencontré ta tombe ?

C'est que j'entends mon cœur qui, enfermé dans ma poitrine comme dans une tombe, implore la paix comme toi.

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