‹ Journal d'un poète (volume 2)Chapitre 141 sur 167 · UN BILLET DE B Y R O N · texte numérisé non relu

UN BILLET DE B Y R O N

NOUS n'irons plus courir ensemble dans la nuit. Quoique dans notre cœur l'amour soit jeune encore Et que le beau croissant dont le soir se décore Reluise autant qu'hier sur la cité sans bruit ;

Car le fourreau du glaive est usé par sa lame. Comme nos faibles yeux l'amour veut son sommeil, De peur que notre corps si frais et si vermeil Ne palisse trop tôt, dévoré par son âme.

Ainsi, quoique les soirs soient créés pour l'amour, Ami, nous n'irons plus la nuit courir ensemble. Parlant, au clair de lune, à miss Annah, qui tremble Que le brouillard du parc soit blanchi par le jour.

Ecrit à Londres, 1838.

I . On croyait Byroa inalheureu.x et sombre, et voilà ce qu'il écrivait à un ami ; ces vers sont tr.^duits d'après un billet de lui. {yote d'Alfred de V^igtiy )

A. DE VIGNY — JOURNAL D'UN POETE lî

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