‹ Journal d'un poète (volume 2)Chapitre 142 sur 167 · AUX SOURDS-MUETS · texte numérisé non relu

AUX SOURDS-MUETS

ENFANTS, ne maudissez ni Dieu ni votre mère.

Vous êtes plus heureux que Milton et qu'Homère ;

Vous voyez la nature et pouvez y rêver,

Sans craindre que jamais la parole vulgaire

Ose par votre oreille à votre âme arriver.

Le silence éternel est votre tabernacle.

Et votre esprit n'en sort que selon son désir ;

Il ouvre quand il veut et ferme le spectacle ;

Dans le livre ou la vie, il choisit son oracle,

Et de toute beauté ne prend que l'élixir.

Août 1839.

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