AUX SOURDS-MUETS
ENFANTS, ne maudissez ni Dieu ni votre mère.
Vous êtes plus heureux que Milton et qu'Homère ;
Vous voyez la nature et pouvez y rêver,
Sans craindre que jamais la parole vulgaire
Ose par votre oreille à votre âme arriver.
Le silence éternel est votre tabernacle.
Et votre esprit n'en sort que selon son désir ;
Il ouvre quand il veut et ferme le spectacle ;
Dans le livre ou la vie, il choisit son oracle,
Et de toute beauté ne prend que l'élixir.
Août 1839.