‹ Journal d'un poète (volume 2)Chapitre 57 sur 167 · DE RACINE · texte numérisé non relu

DE RACINE

Racine a fait un théâtre tout épique. Il faudrait des demidieux pour jouer Homère; de même pour jouer des personnages tirés de ses fîancs. — J'ai vu Talma dans Achille, et il y était

trop lourd, sans l'élégance divine. Il devait avoir la taille souple et la nudité céleste des fils des dieux, de l'Achille de Flaxman et du Romulus cambré de David, qui lance son javelot avec un sourire dédaigneux. — Les anciens, qui sentaient cela, grandissaient l'acteur par le cothurne, grossissaient sa voix par le masque, et Sophocle, Eschyle, Euripide, n'étaient joués qu'une fois. Toujours chantés par des rapsodes comme Homère.

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