‹ Journal d'un poèteChapitre 128 sur 160 · CASSANDRE OU UN DIEU · texte numérisé non relu

CASSANDRE OU UN DIEU

Cassandre, fille des rois, est aimée d'Apollon.

Elle le déteste, lui et sa tranquille et trop paisible immortalité. Son égoïsme, sa bravoure invulnérable dont elle se moque. « Tu avais bien du mérite à braver Achille, n'est-ce pas? Hector en a plus que toi. »

Apollon s'humilie, se désespère, se courbe devant elle, jure qu'il voudrait pouvoir souffrir et mourir, se roule à ses pieds en pleurant.

Mais, en ouvrant ses yeux divins sur le monde, il revient à elle et voit le cœur de Cassandre endormie.

Quel magnifique monologue à faire!

Il voit l'univers, les planètes, les terres et les mondes qui se forment et vieillissent. — Il a laissé le soleil : « Le soleil est mon ombre, je la laisse errer seule, etc., etc.; moi, dieu, je pense et je vois.

a Mon regard va de l'univers à la terre, de la terre à la race humaine, et, au milieu d'elle, le cœur de Cassandre.

« L'univers est immense, ce cœur est aussi grand. »

Il jette un cri, il voit qu'elle aime un homme, un mortel. « Le tuerai-je? Non, je la tuerais, je ne le peux pas.

« Il faut la punir par où je souffre! Tu auras ma

i. Esquisse du poème qui répond à une idée, déjà exprimée précédemment, que l'humanité en un sens dépasse la grandeur divine, puisque l'homme peut sacrifier sa vie et que le dieu ne le peut pas. Aussi la jeune fille repousse le dieu et aime un homme qui peut mourir avec elle et pour elle. (L. R.)

torture, tu sauras l'avenir, tu souffriras autant qu'un dieu!

Cassandre voit l'avenir, elle devient pâle comme un cadavre. Le dieu l'emporte; mais il n'y gagne rien, elle le hait plus que jamais et ne peut obtenir la mort de lui. Il la laisse vivre jusqu'à ce qu'enfin Troie soit prise, et Agamemnon l'emmène.

Enfin, je suis esclave et serai bientôt morte!

Elle avait résisté à son amour pour le jeune homme, mais elle sait qu'il va mourir :

« Oh ! viens, dit-elle, viens! tout mon cœur est à toi! »

LELITH

En ce temps-là, Lélith rencontra Éloa.

En vertu des vices égoïstes de l'homme, Lélith croit qu'il faut le détruire, et fonde la religion des étrangleurs.

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