‹ Journal d'un poète, recueilli et pub. sur des notes intimes d'Alfred de VignyChapitre 36 sur 51 · GASSANDRB OU UN DIEU · texte numérisé non relu

GASSANDRB OU UN DIEU

Cassandre, fille des rois, est aimée d'Apollon.

EHe le déteste, lui et sa tranquille et trop paisible immortalité. Son égoïsme, sa bravoure invulnérable dont elle se moque. « Tu avais bien du mérite à braver Achille n'est-ce pas î Hector en a plus que loi. »

Apollon s'humilie, se désespère, se courbe devant elle, jure qu'il voudrait pouvoir souffrir et mourir, se roule à ses pieds en pleurant.

Mais, en ouvrant ses yeux divins sur le monde, il revient a elle et voit le cœur de Cassandre endormie.

Quel magnifique monologue à faire !

11 voit l'univers, les planètes, les terres et les mondes qui se forment et vieillissent. — 11 a laissé le soleil : « Le soleil est mon ombre, je la laisse errer seule, etc., etc. ; moi, dieu, je pense et je vois.

» Mon regard va de l'univers à la terre, de la terre à la race humaine, et, au milieu d'elle, le cœur de Cassandre.

1 Esquisse da poëme qui répond à une idée déjà exprimée précédemment, que l'humanité en un sens dépasse la grandeur divine, puisque l'homme peut sacrifier sa vie et que le dieu ne le peut pas. Aussi la jeune fille repousse le dieu et aime un homme qui peut mourir avec olle ot pour elle. (L. R.)

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» L*univers est immense, ce cœur est aussi grand, » Il jette un cri, il voit qu'elle aime un homme, un mortel, t Le tuerai-je ? Non, je la tuerais, je ne Je peux

Il faut la punir par jé soiffrel Tu auras ma torture, tu sauras rarenir, ta êeuffnra» aiuHant qu'un dieu ! »

Cassandre voit l'aveDir, elle devient pile oomme nn ca davre. Le dieu remporte ; mais il n> gagne rien, elle le hait plus que jamais et ne peut obtenir la mort de loi. Il 4a laisse viwe jusqa^à w qu'enfin Troie isoit prise, et Agamemnoa remmène*

Enfin, je suis esclave et serai bientôt morte î

Elle avait mâsté à son amour pour le jeune homme, mais eBe sait qu'il va mourir :

Oh I viens, dit-elle, viens I toert mon cœur est à toi.

LÉLITH,

En ce temp5-ft, LéHth rencontra Éloa.

En vertu des vices égoïstes de l'homme, Lélith croit <iu'il fiiut le détruira, et fonde la rdtgion des étrangleurs.

JOUîRNAL D'tJIf POETE

CHANT d'ouvriers.

La vie est un vaste atelier Où, chacun faisant son métier,

Tout le monde est utile.

On agit d'un commun effort, Et du faible aidé par le fort

La tâche est plus facile.

Battons le fer, etc.

Dieu du travail, Dieu de la paix, • CTest à Fœuvre que tu parais :

Le feu, ta main Pallume.

L'otrvrrer voit, éiês son berceau, Ta grande mm sur le B»arteau,

Ton genou sous Tenclume !

Regarde la bombe dans laquelle brCde et roule ua feu 'étemel et des eanx inconnues qui se heurtenft, et dont la famée sort par les volcans. — Pense à la petitesse de "Cette foormffîère qui raispestirla bomibe, et ne te laisse

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pas enivrer par les prétendues beautés que rhommefourmi réve, écrit, calcule et chante. — Tout cela n'est beau que pour la fourmilière, ainsi que ses mythologies proportionnées à sa faiblesse. — Après une nuit, tu t'endormiras dans le mépris divin et consolateur.

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