‹ Journal d'un poète, recueilli et pub. sur des notes intimes d'Alfred de VignyChapitre 47 sur 51 · LA TRINITÉ HUMAINE · texte numérisé non relu

LA TRINITÉ HUMAINE

Il existe dans rhomme une trinité sainte :

La volonté, l'amour et Tesprit sont en nous.

Gomme dans le triangle, éblouissante enceinte, Père, Fils, Esprit-Saint forment le Dieu jaloux.

Mais de ces trois pouvoirs dont nous sentons Tétreinte, Le plus beau pour la terre était son jeune époux Qui, descendu des cieux, lui laissa son empreinte, C'était l'amour, le Fils, si puissant et si doux.

Or, nous Pavons tué par notre expérience, Gomme un docteur éteint une ardente substance Dans un air refroidi qu'il croit être épuré.

 présent, il ne reste en notre conscience

Que deux flambeaux noircis par l'bumaine science :

— La volonté méchante et l'esprit égaré.

9 mai 1838.

Nous n'irons plus courir ensemble dans la nuit, Quoique dans nôtre cœur Tamour soit jeune encore £t que le beau croissant dont le soit se décore Reluise autant qu'hier sur la cité sans bruit ;

Car le fourreau du glaive est usé par sa lame. Gomme nos faibles yeux Tamour veut son sommeili De peur que notre corps si frais et si vermeil Ne pâlisse trop tôt, dévoré par son âme.

Ainsi, quoique les soira soient créés pour Tamouri Ami, nous n'irons plus la tltiil couNi* eddeoible, Parlant, au clair de lune, à miss Annah, qui tremble Que le brouillard du parc soit blanchi par le jour.

leHt à LbHdtes, 1838.

< On croyait Byron malheureux et sombre, et voilà ce qu*il écrivait à un ami : ces vers sont traduits d'après un billet de lui. {Note d* Alfred de Vigny,)

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