‹ Journal d'un poète, recueilli et pub. sur des notes intimes d'Alfred de VignyChapitre 49 sur 51 · A HENRI MONDBDX, MATHÉMATICIEN A QUATORZE ANS · texte numérisé non relu

A HENRI MONDBDX, MATHÉMATICIEN A QUATORZE ANS

Les nombres^ jeune enfant, dans le ciel t'apparaissent

Gomme un mobile chœur d'esprits harmonieux

Qui s'unissent dans Tair, se confondent, se pressent

En constellations faites pour tes grands yeux.

Nos chiffres sont pour toi de lents degrés informes

Qui gênent les pieds forts de tes nombres énormes,

Ralentissent leurs pas, embarrassent leurs jeux;

Quand ta main les écrit, quand, pour nous, tu les nommes.

C'est pour te conformer au langage des hommes;

Mais on te voit souffrir de peindre lentement

Ces esprits lumineux en simulacres sombres,

Ët, par de lourds anneaux, d'enchaîner ces beaux nombres

Qu'un seul de tes regards contemple en un moment.

Va, c'est la poésie encor qui, dans ton àme,

Peint l'algèbre infaillible en paroles de flamme

Et t'emplit tout entier du divin élément :

Car le poëte voit sans règle Le mot secret de tous les sphinx; Pour le ciel, il a l'œil de l'aigle, Et pour la teri^e l'œil du lynx.

JOURNAL d'un poste

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