‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 119 sur 148 · Charles-Fiacre Toussaint · texte numérisé non relu

Charles-Fiacre Toussaint

2. Jean-Pierre Masson, né en 1758, prêtre en 1783, vicaire commensal à Bouxières-aux-Dames en 1784, entré à la communauté de la paroisse Saint-Sébastien en 1785.

3. Jean-Bapliste Ilenrion, né à Vandœuvre le 11 février 1752. Ordonné prêtre à Toul le 23 mars 1776, il fut nommé vicaire commensal à Vandœuvre, puis, en novembre 1783, curé de Bouxières-aux-Dames. Ayant à plusieurs reprises refusé de prêter le serment, il dut se réfugier à Trêves et se fixa aux environs de Constance. Rentré en France pendant les premiers mois de 1798 il s'y fit missionnaire. Nommé curé de Saint- Nicolas-de-Port en janvier 1803, il mourut dans cette charge le 4 juin 1823. (Mangenot, les Ecclésiastiques, p. 165, n. 4.)

4. Sébastien Lallemand, né à Toul le 16 janvier 1741, fils d'un serrurier de la ville. Il fit profession religieuse chez les chanoines réguliers de Noire-Sauveur à l'abbaye de Domèvre-sur- Vezouse et fut nommé par ses confrères curé de Saint-Léon de Toul. Ayant refusé de prêter le serment, il se retira chez son beau-frêre Ponsubi. On conserve à la cathédrale de Toul de nombreux actes de baptême et de mariage signés par lui pendant la Piévolution. Après le Consulat, il fut nommé curé de la cathédrale de Toul et mourut dans cette charge, le 30 avril 1815. La ville étant alors assiégée par les armées alliées il fut inhumé dans la chapelle des évêques, à la cathédrale, aux pieds de Jlgr Drouas. .

5. Neveu de l'abbé Lallemand et comme lui fils d'un serrurier il fut, comme lui aussi, chanoine régulier de Notre-Sauveur. En 1791 il avait quitté le monastère.

les conduire chez M. Leriche pour les faire admettre, et de fait ils y furent admis.

On faisait la lecture et de l'écriture sainte et de l'histoire ecclésiastique à la première table, mais non pas à la seconde; il y avait un vénérable prêtre que l'on avait établi pour présider. C'était lui qui faisait les prières, nommait les lecteurs, assignait les places à ceux qui arrivaient et annonçait tout ce qu'on voulait que nous sussions. Chacun était obligé de se fournir de serviette, de couvert et de gobelet; le reste était aux frais de la table, ou de ceux qui l'avaient dressée.

A mon arrivée à Constance, j'y trouvai les RR. PP. Ferri ' et Matha -, le premier, lecteur, le second, vicaire de la maison des Cordeliers de Toul. J'y trouvai de même déjà plusieurs prêtres du diocèse de Toul. Mais il en vint de jour en jour davantage. J'y vis arriver le Père Gabriel, capucin, MM. les curés de Domjulien^ de

1. Le R. P. Pierre Ferry, né à La Chapelle-Thiaville, le 27 avril 1750. Quand le Directoire jiu département décréta la fermeture du couvent des Cordeliers de Toul, Ferry, avec trois de ses confrères, refusa de sortir. Mais, à la persuasion du maire, et pour éviter des troubles, les quatre religieux quittèrent Toul le 7 mai 1792. (Mangenot, les Ecclésiastiques, p. 268.)

2. Pierre-Jean Mathard, né à Offroicourt, le 5 mai 1747, demeura aussi à Toul, dans son couvent, après la suppression des ordres religieux.

3. Un dos deux frères Thouand, dont il a été parlé précédemment (voir plus haut, p. 134, note 2).

Saizerais S de Domèvre^ de Rebeuville% etc., .en sorte que nous étions plus de trente du diocèse. Il y avait bien d'autres prêtres à Constance, car on disait qu'il y en avait plus de cinq cents, parmi lesquels il y en avait au moins cent cinquante qui désiraient avoir place à la table commune, et qui ne purent l'y trouver.

Outre ce grand nombre de prêtres, il y avait à Constance plusieurs évêques, à la tête desquels était Monseigneur l'archevêque de Paris % qui nous édifiaient tous, nous consolaient, et s'intéres-

1. Ni les archives paroissiales de Saizerais ni les archives départementales de la Meuthe-et-Moselle n'ont gardé trace d'un curé de Saizerais en fonction en 1791.

2. Laurent Durand, nommé curé de Domèvre-en-Haye en février 1785. En 1788, à la suite des plaids annaux, il inspira et rédigea les longues protestations de la municipalité de Domèvre au district de Pont-à-Mousson au sujet des exigences injustifiées des seigneurs contre lesquels il défend avec vigueur les intérêts de ses paroissiens. Elu maire le 7 février 1790, par 36 voix sur 40, il démissionna le 8 août suivant, jugeant que le rôle du curé n'était pas compatible avec la sévérité dont le maire doit user quelquefois. 11 refusa de prêter serment et, le jour môme, la désobéissance publique d'un marguillier le contraignit à interrompre les vêpres. Il continua son ministère jusqu'au 14 août 1791, date de l'arrivée de l'intrus Dominique Debout. Le dimanche 22 janvier 1792, il sonna sa messe pendant que le curé intrus en était à l'élévation. Un grand tumulte s'ensuivit, et la municipalité demanda son expulsion. 11 était encore à Domèvre le 30 mars 1792. 11 s'exila volontairement en exécution de la loi du 20 août 1792. (Communication de M. l'abbé J. Chaudeur, curé de Domèvre-en-Haye.)

3. L'abbé' Lecomte fut curé de Rebeuville de 1772 à 1792, époque à laquelle il partit pour l'exil. (Communication de M. l'abbé L. Ferriot, curé de Rebeuville.)

Page 1