Chanoine de Toul (voir plus haut, p. 245, note
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la voiture comme elle avançait toujours. Je manquai de périr. Je vous dois, ô mon Dieu! ma conservation dans ce moment. Sans votre puissant secours, la roue m'aurait saisi et j'étais perdu. Je ne puis encore y penser sans frémir, mais je me rappelle pour vous témoigner ma reconnaissance. Délivré de ce danger, je suivis la voiture jusqu'à l'auberge où elle s'arrêta. Nous demandâmes à dîner, mais on nous dit qu'il n'y avait plus rien ; si on pouvait nous loger, on nous répondit que non. Il nous fallut donc aller chercher bien loin une petite auberge dont le maître, qui était catholique, voulut bien nous recevoir. Nous croyions ne rester que vingt-quatre heures à Augsbourg, et partir le lendemain avec le commissionnaire d'Eichstâtt. Nous allâmes en eiïet le trouver. Il consentit très volontiers à nous conduire et nous fixa l'heure du départ. Pour ne pas le manquer, nous vînmes dîner dans son auberge, et, quand tout fut prêt, nous montâmes sur sa A'oiture. Cela alla fort bien jusqu'à une demi-lieue de la ville. Mais malheureusement on nous arrêta à la barrière de la Bavière, et, parce que nous n'avions point de permission pour entrer dans ce pays, on ne voulut pas nous laisser passer. Nous eûmes beau dire que nous ne demandions que le passage
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pour aller à Eichstâtt, on n'écouta rien. Il fallut descendre de voiture, prendre nos paquets et revenir à Augsbourg; et, pour s'assurer de nous, on nous reconduisit jusqu'aux portes.
Cela ne nous amusa pas du tout. Nous rentrâmes un peu honteux, mais nous ne perdîmes pas courage. Je dis à mes deux compagnons, MM. Varin et Gobert : « Messieurs, il n'est pas juste que vous restiez ici, par rapport à moi. Vous pouvez marcher, prenez une autre route, vous irez toujours en avant et moi je vous suivrai à la première occasion que je trouverai. Ces Messieurs partirent, et je restai encore six ou sept jours à Augsbourg.
On n'accordait qu'avec grand'peine la permission d'y demeurer deux ou trois jours; mais je n'allai point en demander, parce que mon dessein n'était pas de demeurer dans cette ville. Je découvris pendant ce temps-là qu'il y avait un messager de Donauwœrth qui venait toutes les semaines au marché. Je m'informai de son auberge et, le jour de son arrivée, j'allai le voir. Je lui proposai de me conduire à Donauwœrth. Il le voulut bien et le lendemain effectivement, jour bien remarquable, c'était le vendredi saint \ vers