‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 126 sur 148 · mars · texte numérisé non relu

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les trois heures du soir, je montai dans sa voiture. Nous couchâmes en chemin et, le samedi saint, j'arrivai tranquillement à Donauwœrth, sans avoir éprouvé la moindre difficulté.

Je trouvai à Donauwœrth un prêtre de notre diocèse, nommé M. Auhry, qui habitait cette ville depuis plusieurs années. Il avait déjà rendu service à plusieurs prêtres et même à des évêques. Il se prêta aussi à tous mes besoins, me conduisit lui-même dans une auberge où il me recommanda. Comme je l'avais prié de me trouver, s'il était possible, quelque voiture, il en parla aux personnes de l'auberge qui lui dirent qu'il y avait des chars des environs d'Eichstâtt qui avaient conduit des provisions pour l'armée, qui devaient repasser le jour même et qu'ils feraient tout leur possible pour m'en procurer un. Ils furent fidèles à leur parole. Apprenant qu'ils étaient dans la ville, ils envoyèrent vite un grand garçon courir après. Je le suivis. Nous atteignîmes ces chars à la porte de la ville. Ce jeune homme parla à un des voituriers qui me fit monter sur son char volontiers, sans me rien demander. Ainsi je partis vers les deux heures après midi, le samedi saint, de Donauwœrth, sans avoir même le temps ni de voir ni de remercier M. Aubry. Nous fîmes encore ce jour-là cinq ou

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six lieues, car nous vînmes coucher à Monheim, petite ville à cinq ou six lieues d'Eichstatt.

J'aurais bien désiré reposer le saint jour de Pâques ' ; mais ces ces pauvres gens voulaient se rendre chez eux. Je leur dis que je leur dirais la sainte messe avant de partir. J'allai en effet de bon matin trouver à la sacristie le vénérable curé du lieu qui, ayant vu mes papiers, m'accorda la permission de la célébrer. Je montai à l'autel un peu après six heures et tous mes voituriers étaient à la messe. Je revins les joindre à l'auberge où nous déjeunâmes et nous partîmes vers les huit heures du matin.

Nous voyageâmes ce jour-là jusque vers une heure sans nous arrêter et nous allâmes fort lentement, parce que la plus grande partie de notre chemin fut par des traverses qui étaient encore fort mauvaises. Enfin nous trouvâmes une auberge seule sur la route que nous rejoignîmes. Ce fut là que les voituriers s'arrêtèrent pour prendre quelque chose et faire rafraîchir leurs chevaux. Ils me firent entendre qu'ils ne pouvaient me conduire plus loin, parce qu'ils ne venaient point jusqu'à Eichstâtt. Bien loin de vouloir quelque chose pour m'avoir conduit, ils

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