‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 51 sur 148 · EN LUXEMBOURG. PÈLERINAGE A SAINT-HUBERT ^^Z · texte numérisé non relu

EN LUXEMBOURG. PÈLERINAGE A SAINT-HUBERT ^^Z

excellent dîner et nous donna du bon vin. Nous voulions ensuite aller coucher à Saint-Hubert, mais il ne le voulut pas. « Reposez-vous, nous dit-il, vous en avez besoin. Je m'en vais, moi, à Saint-Hubert parce que j'y ai à faire; j'en reviendrai le plus tôt que je pourrai, je vous annoncerai où vous voulez aller loger et demain je vous y accompagnerai. » Nous restâmes donc. Mademoiselle sa sœur nous fit, selon ses ordres, préparer du café, et, après l'avoir pris, je voulus m'approcher du feu; mais je fus bientôt obligé de m'en éloigner, car je sentais que j'allais tomber en faiblesse. Cela n'eut pas de suite, grâce à Dieu. Je me trouvais mieux quelques moments après et j'eus une soirée fort tranquille. Notre bon curé, étant de retour, fit tout son possible pour nous récréer. Nous fûmes fort gais. Après un bon petit souper, nous allâmes nous reposer. Le lendemain, après la sainte messe, nous déjeunâmes, et notre bon curé, ne pouvant pas venir avec nous, nous donna un guide, en nous recommandant de passer chez lui, ce que nous ne fîmes cependant pas, parce que nous prîmes une autre route.

Nous arrivâmes à Saint-Hubert de bonne heure, n'y ayant qu'environ trois quarts d'heure du village que nous quittions, et nous vînmes

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loger chez les sœur.s Vatelotes ' qui avaient là un établissement nouveau. Parmi ces sœurs, qui étaient au nombre de trois, il y en avait une que j'avais connue dans notre ville, que j'avais vue sœur d'école chez mon oncle- et ailleurs. Comme elle était là en qualité de supérieure, elle nous reçut fort bien. Elle nous accompagna où nous voulions aller, nous conduisit entre autres chez M. le curé, à qui elle demanda des lits pour nous, et qui nous en accorda. Nous allâmes faire notre prière dans l'église de Saint-Hubert, et demander d'y dire la messe le lendemain.

L'église de Saint-Hubert est grande et bien bâtie; il y a tant de marbre qu'on pourrait presque dire qu'elle est une carrière; tout le pavé est de marbre, les murs, les piliers sont revêtus de marbre; cependant cette église est triste, n'offrant aux yeux que presque toujours le même aspect sombre et presque noir à moitié.

1. Los sœurs Vateloles, ainsi nommées de leur fondateur, Jean-Baptiste Vatelot, chanoine de Toul, tenaient des écoles de filles. Elles sont connues aujourd'hui sous le nom de Sœurs de la Doctrine chrétienne et ont leur maison-mère à Nancy.

2. En 1779, l'abbé Rosselange, curé de Vilicrs-lès-Nancy, avait établi dans sa paroisse une école de filles, qui fut confiée à la sœur Julie, de la Doctrine chrétienne. Elle avait été, au dire de Chatrian, seconde maîtresse d'école à Badonviller. Elle était aussi excellente pharmacienne. Au mois de juillet 178-3, elle fut appelée à de plus hautes fonctions dans sa Congrégation. On ne sait pas si elle fut remplacée. L'école n'existait plus en 1790. (E. Mangenot, les Ecclésiastiques, p. 48-49.)

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