Le 31 mars de l'année
11 avait gelé la nuit et il faisait fort froid. En voulant passer un ruisseau sur un bois incliné, mon compagnon tomba tout de son long dans l'eau. Je fus extrêmement eiîrayé; je ne pouvais lui donner aucun secours. Il se releva et retomba encore. Je crus pour un moment que j'allais le perdre. Je m'avançais tant que je pouvais pour tâcher enfin de le secourir, lorsqu'il se retira de nouveau, et, par la grâce de Dieu, il se tira de danger. Nous entrâmes dans un moulin voisin, mais, pour y arriver, je fus obligé de prendre un grand détour, et même d'attendre deux personnes que je vis venir de loin, afin que, les suivant, je trouvasse enfin un endroit oîi je pourrais passer ce fatal ruisseau. Je le passai heureusement, et je vins retrouver mon pauvre compagnon qui tâchait de se sécher auprès du feu. Je l'engageai à prendre quelque chose pour se remettre, et il le fit. Ayant un peu repris ses sens et à demi sec, il voulut partir. Je l'engageai à dîner là, mais il tint ferme et nous reprîmes notre route; je me sentais faible aussi.
Enfin la Providence nous conduisit chez notre dernier curé, près de Saint- ïlubert; C'était un homme de tout cœur; il nous reçut en vrai ami; il donna à changer de tout à mon compagnon, et le mit très à son aise. Il nous fit préparer un