DE BA VIÈRE EN SAXE
frères allèrent en avant, parce que nous étions trop de sept pour entrer dans les communautés religieuses qui recevaient et donnaient asile aux prêtres français qui passaient. C'étaient encore beaucoup d'être cinq. Cependant, nous nous tînmes ensemble pendant longtemps. Nous vînmes de suite dans deux maisons de Récollets qui nous reçurent avec beaucoup de charité. Mais ensuite nous tombâmes dans le pa)^s de Bayreuth qui appartient au roi de Prusse, et qui est protestant. Nous trouvâmes quelques chariots vides ; nous demandâmes qu'on nous y laissât monter pour aller plus vite, et, moyennant quelque petite reconnaissance, on y consentit. Nous nous en trouvâmes si bien que nous cherchâmes un autre char lorsque nous eûmes quitté le premier. Les deux frères qui avaient été en avant se rejoignirent à nous. Insensiblement notre nombre alla jusqu'à onze; car, à chaque instant, nous rencontrions des confrères âgés, épuisés, n'en pouvant plus; et ce fut à pareil nombre que nous arrivâmes à une fameuse abbaye de Bernardins, nommée Valrassen ', sur les confins de la Bavière, à deux lieues d'Eger, ville de Bohême. Il y avait déjà dans cette abbaye au moins une douzaine