‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 78 sur 148 · DE BAVIERE EN SAXE · texte numérisé non relu

DE BAVIERE EN SAXE

la misère pour le soutien d'une religion dont lo, leur était sortie.

J'aurai occasion de causer dans la suite de la YÏlle de Dresde; continuons notre voyage.

J'avais encore là quelque volonté de retourner en Westphalie en m'embarquant sur l'Elbe jusqu'à Magdebourg. Je le proposai à mon compagnon, mais il n'y consentit pas; ainsi nous suivîmes la bande. Nous prîmes donc la résolution d'aller en Pologne pour laquelle nous avions des passeports. Pour y arriver plus vite et avec moins de fatigue, nous nous décidâmes au nombre de quatre à prendre la poste. Un de la société qui savait l'allemand avait déjà trouvé à Dresde des jeunes seigneurs polonais qui lui proposèrent de leur donner des leçons de français et de lui obtenir à cette fin la permission de demeurer à Dresde avec eux. Les deux autres voulurent aller à pied et partirent avant nous.

Je croyais que nous allions être à merveille en prenant la poste, et que nous irions bien vite; mais je fus bien trompé et mes compagnons aussi. On chargea un chariot découvert de paquets et de malles, et on nous fît monter dessus. A peine trouvâmes-nous de la place pour nos paquets, et d'ailleurs nous étions très mal assis. Nous partîmes cependant ainsi de Dresde

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vers les cinq heures du soir. Nous marchâmes le reste du jour, qui était un vendredi*; toute la nuit, tout le samedi, toute" la nuit suivante, et une partie de la matinée du dimanche sur de pareilles voitures, où nous étions continuellement en danger de tomber, n'ayant rien pour nous retenir et étant d'ailleurs accablés de sommeil. La seconde nuit, à deux heures du matin, il faisait une pluie d'orage. Il fallut partir par ce temps-là, n'ayant ni manteau ni parapluie. Par bonheur, la pluie ne dura pas, et nous avions de si mauvais chevaux qu'ils ne purent nous conduire qu'à une demi-lieue et qu'on fut obligé d'en changer aussi bien que de voiture, et dans tout ce temps nous ne finies guère qu'une trentaine de lieues. Nous quittâmes une poste si gênante et si dispendieuse, et nous nous remîmes à marcher.

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