AVANT-PROPOS
Ces notes écrites au jour le jour datent déjà de loin, mais il me semble, hélas! qu'elles ont toujours un intérêt d'actualité.
Leur seul mérite est d'être le témoignage sincère et vécu d'un auteur dramatique, alors sans ouvrage.
Elles ont la prétention de n'en avoir aucune ; elles se bornent à raconter, — une fois de plus — l'admirable conduite, la vaillante et inaltérable
A X A N T - P n O POP
bonne humeur des Parisiens et des Parisiennes pendant l'Année terrible.
Ce n'est même pas le petit côté de l'histoire, c'est l'austère Glio regardée par le tout petit bout de la lorgnette ; — ce sont, si j'ose m'exprimer ainsi, les cancans de l'ouvreuse dans les couloirs pendant que se joue sur la scène la grande pièce à sensation.
(Si je n'empruntais pas mes images au théâtre à qui les emprunterais-je ?)
J'ai connu jadis un vieux professeur d'histoire à trente sous le cachet, qui ne savait pas grand'chose et qui confondait très souvent Louis XIV avec Philippe-Auguste.
Mais pour trente sous par leçon on ne peut pas demander à un professeur une exactitude rigoureuse.
A VANT-PHOPOS
Nous l'appelions : le Michelet de pauvres.
Ce brave homme avait coutume de dire, pour s'excuser de parler de mille choses qui n'avaient aucun rapport avec ce qu'il enseignait :
— En histoire tout sert, surtout les choses inutiles.
A ce compte, mettez que j'apporte ma pierre à l'édifice de l'histoire chronologique du siège de Paris et que je sois — avec l'exactitude en plus — le sous-Michelet des pauvres.