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INTRODUCTION
reprend sa statistique décadaire: « Il est entré à Calais, pendant les dix derniers jours du mois de thermidor [c’est-à-dire du 9 au 18 août], 35 paquebots qui ont amené 798 passagers... Les auberges de Calais sont constamment pleines1 ». Nesont-ce pas là des chiffres dont la précision indique elle-même l’origine officielle? Du reste, le gouvernement anglais constatait aussi le fait de son côté, et M. Anthony Merry, qui remplit les fonctions de ministre plénipotentiaire en attendant l’arrivée d’un ambassadeur, put calculer que 5ooo de ses compatriotes se trouvaient à Paris pendant la belle saison de 1802 ; en hiver, après l’installation de Lord Whitworth, il en restait, paraît-il, encore 1700 2.
Le récit dont la Société d’histoire contemporaine a bien voulu accueillir la traduction est l’un de ceux que nous a valu la curiosité éveillée chez nos voisins d’outre-Manche par le désir de se rendre compte de l’état de Paris après les évènements extrordinaires qui venaient de se dérouler. Ce récit ne constitue certes pas un livre de grande histoire ; mais il est d’une lecture agréable, et il renferme maints détails qu’on chercherait vainement dans d’autres; il est, de plus, très vivant et très sincère, et la forme même de la relation, rédigée date par date, sur les lieux-mêmes ou d’après des notes prises au jour le jour, m’a permis en plusieurs cas de