Journal des Débats, io fructidor an X-28 août
2. Englishmen in the French Révolution, by John G. Alger (Lond., 1889), p. 241-262. — Sur M. Anthony Merry et sur Lord Whitworth, voir plus loin, p. 43-44, note 2.
INTRODUCTION
contrôler l’exactitude du narrateur1. On reconnaîtra aussi que, si l’auteur n’a pas eu le temps de voir tout ce qui aurait été digne de son attention, il décrit fort bien le peu qu’il a vu 2 ; bref, il fait l’effet d’un voyageur honnête , sans excès de vanité et s’efforçant de juger sans trop de partialité.
Par ci, par là, l’écrivain se laisse bien aller à quelques critiques (p. 5o, 57, 60); mais si celles-ci ne sont pas mitigées par quelque correctif bienveillant, il fait aussi des comparaisons dont il ne craint pas de laisser le résultat à l’avantage de ses hôtes momentanés (p. i3-i4, 4o, 79, 117). Très patriote cependant, le voyageur quitte la France avec joie, parce qu’il va revoir sa vieille Angleterre, et c’est peut-être seulement à ce moment que viennent sous sa plume quelques mots amers et certaines appréciations assez injustes sur les Français (p. 107-108, 117-118). En tous cas, notre auteur est court, méthodique et précis ; il est économe
1. Par exemple quand il a parlé de l’orage et de l'incendie du 9 août (p. 4o), ou de la présence du Premier Consul au Théâtre-Français (p. io3).
2. La chaleur excessive qui régna en France, et principalement à Paris, pendant l’été de 1802 a dû plus d’une fois paralyser les moyens de nos voyageurs ; leurs lamentations à ce sujet sont incessantes : p. 29, 3o, 4g, 53, 63, 82, 85, io4, 108, etc.
Quelques journaux du temps rapportent que la température s’éleva à 3i degrés (degrés Réaumur, c’est-à-dire environ 3g degrés centigrades): il paraît qu’il y a erreur ou exagération. Le maximum fut atteint dans l’après-midi du 20 thermidor (Dimanche 8 août), et le thermomètre ne dépassa pas 29 degrés i/10 (environ 36 à 37 degrés centigrades). Voir à ce sujet une lettre intéressante de l’opticien Chevallier, « quai de l’Horloge du Palais, n* 1 », dans le Journal des Débats du 27 thermidor an X (i5 août 1802).
INTRODUCTION
de mots inutiles, avare de considérations superflues: à côté de ses défauts, tout cela constitue d’excellentes qualités. Ajoutons à celles-ci le mérite de la priorité1, mérite qui a bien aussi quelque valeur, et nous aurons, croyons-nous, suffisamment justifié la publication de notre opuscule.
Sans être un livre très rare, le Journal of a party of pleasure n’est pas très commun ; certains libraires le savent bien et le cotent un prix relativement élevé (souvent 5o francs, et plus), de sorte qu’il est peu connu des lecteurs français (la Bibliothèque nationale ne le possède pas) et qu’il est surtout recherché par les bibliophiles ne collectionnant que les curiosités bibliographiques ou les livres illustrés. C’est un volume in-octavo de vin pages consacrées aux feuillets de titre et à la Préface , 102 pages de texte et i3 planches ; un exemplaire bien complet doit même contenir, soit au commencement, soit à la fin, un petit papillon portant quelques Errata qui sont, du reste, insignifiants. On trouvera, à la suite de la présente Introduction et avant la Préface de l'auteur , un fac-similé du titre de
1. Le Journal of a party of pleasure est en effet, parmi les relations concernant la période 1801-1802, le seul dont la première édition soit datée de 1802. J’excepte un autre ouvrage intitulé : A Feu) days in Paris..., qui est, lui aussi, daté de 1802, mais qui ne contient guère que des réflexions politiques ou des remarques sur les personnages du temps les plus en vue. Ces deux volumes furent, à brève échéance, suivis de la publication de The Praise of Paris, par S. VVeston, de A Rough Sketch of modem Paris, par J. G. Lemaistre et des Letters f rom France d’Isaac King, ouvrages datés de i8o3. (Voir The Monthly Magazine, yol. XV, 28 juillet i8o3, p. 643-64 h.)
INTRODUCTION
l’édition originale ; cela me dispense de le transcrire, mais en voici la traduction littérale : Journal d’une partie de plaisir à Paris au mois d'août 1802 , par lequel toute personne , ayant l'intention de faire un pareil voyage, se formera une idée bien complète de la dépense quelle pourra faire et de l'amusement quelle pourra y trouver. Avec treize vues d’après nature , représentant des sites de la France , gravées à Taqua-tinte par J. Hill, d’après des dessins de l’auteur.
Il a dû paraître une deuxième édition, mais j’en ignore la date, n’en ayant jamais rencontré d’exemplaire1. Cela n’a probablement pas d’importance car il existe une troisième édition (peut-être un peu moins rare que l’édition de 1802) dont le titre, sauf la mention Troisième édition, la disposition typographique et la date de publication (i8i4), est identique à celui de l’édition originale. Ce titre daté de 1 8 1 4 est un carton, de sorte qu’il est probable que la troisième édition n’est elle-même qu’un rajeunissement de la deuxième. Cette troisième édition est un volume in-octavo de vin pages consacrées aux feuillets de titre et à la Préface, 112 pages de texte et i3 planches. Comme dans l’édition de 1802, on a encarté dans celle-ci un petit papillon indiquant trois fautes typographiques à corriger; quant au texte, il présente quelques additions ou quelques variantes dont les plus importantes sont signalées dans la traduction que nous publions.
Notre auteur avait des prétentions artistiques : sans