PREMIERS VOYAGES DE M. CAILLIE
^ G est en 1819 que M. Gaillié se livra à sa première excursion. De Saint-Louis , il se rendit à Corée par le chemin hattu, c’est-à-dire qu’il partit de Gandiolle et suivit le bord de la mer , sans avoir occasion de faire aucune observation neuve. Toute cette
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côte est parfaitement connue par les relevés des officiers de la marine royale.
En 1 8 1 9 , il s’associa à M. Adrien Partarrieu, qui rejoignait l’expédition du major Gray: celui-ci était alors dans le Bondou , réduit à de fâcheuses extrémités, et il appelait M. Partarrieu près de lui, pour lui porter des secours, dont l’expédition avait le plus grand besoin h II est à regretter que M. Caillié n’ait pas pris note de ses marches pendant* ce voyage; la ligne de route coupait celle de M. Mollien , ainsi que celle c|u’a suivie plus tard le capitaine de Beaufort. La caravane passa par Boullhaba, ville habitée par des Foulahs, et dont la position n’est pas connue. Toute cette route mériterait d’être déterminée et tracée sur les cartes : M. Caillié est suffisamment justifié de ne pas l’avoir décrite avec détail, sachant que M. Partarrieu possédait des matériaux plus exacts ; ce qu’a transmis ce dernier voyageur , en relations ou en observations géographiques, étant d’ailleurs très-digne d^ attention. Il faudrait des renseignemens sur l’espace désert qui sépare de ce côté Gayor du Ghiolof , sur
(i) Voyez le Voyage dans VJfrique occidentale, de i8i8 à 182 1|> par le major William Gray et feu Docliard, Paris, 1826, traduit par M."’® Ch.e Huguet. Tout le monde connaît l’issue fâcheuse de cette mission , pendant laquelle cependant il a été fait des observations intéressantes , qui méritent l’attention des géographes comme celle des amis de l’humanité.
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Potaco dans le pays de Bondou , et sur toute la ligne tx’ansversale de Gandiolle à Boulébané , capitale de cet état. M. Gaillié partit de Boulibaba pour Bakel , et retourna avec ses compagnons de voyage à Saint- Louis, par le fleuve, sans avoir d’observation nouvelle à faire sur le chemin.
Le troisième voyage de M. Gaillié est plus important, non -seulement par son but, qui était de l’initier aux mœurs et aux usages des Africains, et de se préparer à un voyage dans l’intérieur et à toutes les privations qui l’accompagnent, mais encore par les descriptions curieuses qu’il a faites des marches des Maures dans le desert, de leurs stations encore peu connues ou totalement ignorées , des eaux courantes ou stagnantes qu’on y trouve. Il eût été à souhaiter de pouvoir tracer ces positions sur la carte ; mais je n’ai pas eu le moyen de les fixer avec exactitude. On remarquera, en lisant la relation, que la résidence du roi des Braknas est continuellement variable : souvent il se tient à portée du fleuve du Sénégal et de 1 escale dite des Braknas ; mais pendant la saison humide , il pénètre plus avant dans le desert; quand il lève son camp, la population entière marche avec lui. L étendue de l’espace assujetti à cette tribu puissante n’est connue que de l’Est à rOuest; mais on apprend par la relation combien il s etend au Nord. Les géographes désireraient con-
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naître la position précise du lac Aleg, celle de la montagne dite Ziré (mot qui est d’ailleurs un terme générique ) , entin les limites de la grande tribu des Abou-sebas ou el-Abou-sebab , dont le nom est écrit très - diversement et incorrectement sur des cartes récentes : ceux qui ont cru que l’article faisait corps avec le mot, et qu’on pourrait retrancher la finale, en ont fait le mot Lahos. On a fait usage de deux finales, Sehas et Sehali; la dernière seule est exacte.
Je me bornerai à une remarque sur la position relative d’Adrar et du lac Aleg. Suivant le voyageur, il y a sept journées de fune à fautre : comment concilier remplacement assigné à Adrar, nôn loin de Ouâd-Noun, qui est à plus de trente journées du territoire attribué, en général, aux Braknas? Il faudrait que ce territoire s’étendît au nord jusqu’aux extrémités du Sahara , ce qui est contraire aux idées reçues, mais non peut-être à la réalité.
Mo Gaillié, revenu en mai 1824 à Saint-Louis, et désespérant d’obtenir les moyens nécessaires pour accomplir son projet, se décida à passer à Albréda sur la Gambie , et de là à Sierra-Léone , où il vint à bout de réunir quelques ressources, en tirant parti de ses connaissances acquises. Le 2 2 mai 1 82 y, il s’embarqua à Sierra Léone pour Rio-Nunez , et y arriva le 3 1 . Dès le 5 août, il était établi à Rebecca ( ou Rabougga ) : là il s’occupa à-la-fois à compléter les observations et
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les renseignemens existant sur les peuples voisins , les Nalous, les Bagos et les Landamas^ et à faire les préparatifs de son grand voyage. Bientôt il part pour Kakondy : son activité, sa persévérance, une intelligence peu commune, enfin des circonstances heureuses qu’il sut mettre habilement à profit, lui permirent de partir le i g du même mois avec une petite caravane destinée pour Kan-kan. Dans fignorance où tout le monde était de la vraie situation de cette ville , il semble qu’une heureuse prévision le dirigeait dans le choix de cette direction, puisqu’ en la suivant, il traversa les rivières les plus importantes à connaître, de manière qu’on pût en assigner assez bien la position et la distance à f Océan.