‹ Journal d'un voyage à Temboctou et à Jenné, dans l'Afrique Centrale, précédé d'observations faites chez les Maures Braknas, les Nalous et d'autres peuples; pendant les années 1824, 1825, 1826, 1827, 1828 (volume 4)Chapitre 21 sur 56 · carte de Park · texte numérisé non relu

carte de Park

M. Walckenaer. . .

M. Lapie

d’AnvilJie

Major Renneli . . .

232 remarques

assignée à Temboctou, 6° O. et 17° 5o' N., satisfait aux différentes données et aux meilleurs itinéraires, qu elle est d’accord avec ies positions de Timbo et de Fez , et quelle n’est point contredite par les observations de latitude de Mungo-Park, faites à Sami et Yamina; enfin, elle est confirmée par les renseignemens pris à Élimané par ie capitaine de Beaufort.

On trouve sur ma carte cinquante -quatre journées de Temboctou à Tatta ; un itinéraire, cité par M. Walckênaer (p, 297 ) , en marque cinquante. Les cinquante-quatre journées de Fez à Temboctou, selon M. Jackson*, s’accordent encore; il en est de même des soixante-quatre journées de Temboctou à Morzouq. On compte moins de vingt- huit journées de Houssa à Temboctou, d’après l’itînéraire de Mohammed Ebn-Foul ; cette distance est trop courte , sur notre carte et sur toutes les autres, même sur celles du Voyage de Clapperton. Au reste, il y a d’autres motifs encore que ce fait pour penser qu’il existe deux villes ou pays de Houssa^.

Je ne compare pas avec la carte la distance comptée entre la ville de Tafilet et Temboctou, par la raison

(1) An Account ofthe Marocco, page 2 4o.

(2) Dans sa lettre datée de Temboctou , le major Laing parle d’une distance de quinze journées entre Ségo et Temboctou; je trouve sur la carte 354 milles environ en ligne directe ; ce sont des journées de 2 4 milles ou de caravanes légères

que M. Caillié n’a pas entendu parler d’une ville de ce nom: il alTirme quelle n’existe point; dans ce cas on ne peut faire usage d’une telle distance.

J’ajouterai, en finissant cette discussion, que rien n’autorise à écarter les observations de latitude faites par Mungo-Park à Yamina et Sami , savoir, i 3° 1 5' et 1 3” 1 7^ et de porter ces points beaucoup plus au S. , comme fa fait M. Brué sur sa carte, si riche d’ailleurs pour les détails et la nomenclature. La détermination que je propose pour la latitude de Temboctou, s’accorde mieux avec ces observations , les seules que nous possédions de ce côté jusqu’à Temboctou.

11 résulte de toute cette discussion, i que les différentes lignes de route composant la carte itinéraire ont été assujetties à diverses conditions résultant du journal même du voyageur, des observations antérieures, et de plusieurs bonnes données géographiques; 2.° que les heures de marche, évaluées à trois milles anglais, par une mesure moyenne, entre Kakondy et Galia ou Djenné , se trouvent un peu plus fortes entre Kakondy et Timé, par suite de la position de Timbo; 3.° que de Djenné à Temboctou, et de là jusqu’à Fez , févaluation moyenne de deux milles par heure a été très-peu modifiée par la dilférence réelle en latitude des deux extrémités. Il me reste à parler de f orientation et de la mesure des lignes de marche.

REMARQUES

ORIENTATION DES ROUTES DE M. GAILLiÉ,

La réduction au N. vrai des lignes de route de notre voyageur était un des points les plus iinportans; et toutefois je n’avais qu’une seule donnée nouvelle à employer pour parvenir à la véritable orientation des routes, savoir, l’observation de l’angle de l’ombre méridienne avec le N. magnétique. Le voyage fournit deux de ces observations: fune, du 3o octobre 182-7, a donné le N. N. E. ; l’autre , du 1 novembre , le N. 1/4 N. E., c’est-à-dire que la boussole déclinait, ces jours-là, de 22*" 3o' et de 11 1 5' à fO. J’ai donc dû recourir aux autres explorations pour m’arrêter entre ces deux mesures, et mettre à profit plusieurs observations données par Mungo-Park et d’autres voyageurs.

Voici les noms des lieux et les observations; je me dispense de rapporter les positions géographiques.

A Badoo Mungo-Park'... i4° 6’ (déclin. O.)

Sur le Bâfing. , Idem 16. 3o.

Sur le Dhiolibâ. JJewz 16. 36.

A Yamina Idem 17. 11.

A Sansanding. .Idem... 17. 4o.

A Bathurst. . . .Capitaine Owen^. 17. 56.

P) The Joiirncd oj a mission to ihe inierior of the Africa, etc., pag. i 6/i.

(2) A Chart of the river Gamhia, etc.

A Saint-Louis. . Annales maritimes ’ . . i -7° 32 ' (déclin. O. )

A Sainte-Marie. M. le Prédour'*. ... i-y. 26»

Au Cap Roxo. . . ^ ly. 20.

Dans le journal de Mungo-Park , deuxième voyage (ou plutôt l’ouvrage imprimé à Londres ) , on voit un tracé de la Gambie^, d’où résulterait une déclinaison plus petite ; il me paraît évident que quelque erreur s’est glissée ici , ou à la copie , ou à la gravure , quand on considère l’accord des observations précédentes , dues à cinq voyageurs dilïerens , et sur-tout à la concordance des observations mêmes de Park^. On pourrait joindre ici la déclinaison observée par le major Laing dans son premier voyage, celle qui a été observée à Sierra-Léone et d’autres lieux encore; mais cette recbercbe serait superflue. On remarquera que le terme moyen, de 1 6° 55 'déclinaison O. , est aussi le moyen entre les deux observations de M. Caillié; mais comme l’observation de Badoo paraît un peu faible, comparée à toutes les autres, j’ai cru pouvoir adopter ly® de déclinaison moyenne, pour y assujettir toute la route.

(1) Année 1827, 2.^ part. t. 2 , page 276.

(2) Annales maritimes, année 1828, 2.® part. tom. P-933 et 941.

(3) The journal , etc. , page 2 1 .

(4) M. de Beaufort a fait au Sénégal deux observations cpii s’écartent des précédentes déplus de 5° en moins, et d’autres qui excédent de 2 à 5 degrés : cet écart tient sans doute aux localités.

REMARQUES

Je ferai ici une autre remarque au sujet de la position des lieux placés sur les deux cartes d’après des renseiqnemens et non des observations directes; c’est que les indigènes ont une extrême habitude pour indiquer la direction des lieux plus ou moins éloignés: ils se trompent rarement dans cette indication , et ils montrent du doigt avec justesse le point où il faudrait se diriger pour aller en ligne droite à tel lieu donné. Cette obsei'vation a déjà été faite. Quand on montrait ainsi à M. Caillié une certaine direction, il remarquait un point quelconque sur l’alignement , et il y appliquait ensuite la boussole dans un moment favorable. Ces orientations m’ont été extrêmement utiles pour des points importans situés boi's de la route ; sans ce secours , il m’aurait été impossible de tracer, même approximativement, le cours du Dbiolibâ au-dessus de Djenné.

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