L-Oucl-Amar
la Gambie.
1792, Browne —
le Darfour. .
l’Égypte.
' Timbo — le Rio-Nunez.
(Silla sur le )
1 Dhiolibâ j— '“■
£111798» Hornemann. .
i8o5, Mungo-Park.
1809 , Roentgen. . .
1810, Robert Adams
1 8 1 5 , Riley. . . .
1817, Peddie . .
Idem , Campbell Idem J Radia. .
1818, Mollien.
et 1819,)
Idem , Dochard Idem, Rowdich Idem J Ritchie.
Idem , Lyon. . .
1820, Cocbelet
1822, Laing. .
(Oudney.
1828 , <^Denham . f Clapperton
182 1 Clapperton
( Lânder. . .
1827, Laing. . . .
et 1828,
î’René Caillié
a atteint NyfFé
Boussa . . .
et recherches géographiques. 169
par l’Égypte.
— la Gambie.
Mogador.
ila côte occident, de l’Afrique.
idem.
— Piio Nunez.
idem.
l’Égypte.
Saint-Louis.
Temboctou
Kakondy. .
Pandjicotte
Timbo. . . .
lejFouladou
Yamina.. .
Coumassie.
le Fezzan.
Ouâd-Noun Falaba. . . .
Mandara. .
)Saccatou. .
Saccatou. .
Temboctou iTimé ....
Djenné . . , (Temboctou
— la Gambie.
idem.
la Côte d’Or.
Tripoli.
idem.
^la côte occident.
) de l’Afrique.
Sierra -Leone.
I Tripoli.
golfe de Bénin.
Tripoli.
Sénégambie.
A cette liste on peut joindre encore Ledyard et Lucas en 1-788 , Nicholls en i8o5, Seetzen et Tuckey en 1816, P. Rouzée en 1817, qui ont suivi diverses routes , sans réussir à pénétrer dans l’inteneur.
REMARQUES
On voit figurer dans ce tableau vingt-cinq Anglais, quatorze Français , deux Américains et un Allemand : il n’en est, hélas! qu’un bien petit nombre, depuis le major Houghton , qui n’aient pas succombé au milieu de leur carrière , victimes d’un héroïque dévouement.
Avant de partir pour son grand voyage , M. Caillié avait visité l’intérieur de déserts fréquentés par les Maures Braknas et les Maures Dowichs ; il avait aussi accompagné M. Adrien Partarrieu, attaché à f expédition du major Gray. Il a donc suivi ou traversé la route du major Houghton allant au Ludamar de
Mungo-Park ( ou plutôt le pays d’Eli - Oud - Amar ^ ), et celles du major Gray et du chirurgien Dochard, allant f un à la Falémé , fautre à Yamina. Mais comme ses marches dans cette partie de l’Afrique n’ont pas été notées d’une manière suivie, il m’est impossible d’en faire la comparaison avec celles de ces trois voyageurs. Il n’en est pas de même des routes de Watt et de Winterbottom, qui en 1794 se rendirent par le Rio-Nunez à Timbo et à Labé : là , ils apprirent qu’il y avait quatre mois de chemin jusqu’à Temboctou, qu’on trouvait sa route^^et sur Belia,
(1) D’après le voyageur Adrien |Partarrieu , homme de couleur résidant au Sénégal , personne très-instruite dans les langues du pays et les langues européennes , et en état de taire de bonnes observations géograpbiqxies.
ET RECHERCHES céOGR APHIQUES. l6l
Bouria, Manda, Ségo, Sousundou et Genah^ Si l’on examine la carte générale du voyage de M. Caillié, on trouvera en effet, sur une ligne , mais non directe, allant de Labé à Temboctou , Baléya , Bouré , Amana , Ségo, Sansanding, Djenné, noms qui diffèrent peu des premiers. Quant à la distance de quatre mois, il est à remarquer que M. Caillié a mis cent sept jours pour se rendre de Téléouel (lieu en face de Labé ) à Temboctou, en suivant une ligne un peu plus orientale. Plusieurs autres récits des deux voyageurs anglais concordent avec les observations de M. Caillié , tels que le commerce du sel et son transport à dos d’homme, la position de Labé et de Timbo par rapport à Kakondy^, l’état de la culture, et les mœurs des Foulabs.
Le premier voyage de Mungo-Park en i -7 g 5 le conduisit à Ségo sur le Dbiolibâ, et de là à Silla : ces deux points restent à l’occident de la route de M. Caillié , comme on peut le voir sur la carte générale. Le seul rapprochement auquel donne lieu la ligne qui les joint, c’est la différence considérable qui existe pour la distance de cette ligne à l’Océan : mais cette question est très-étendue, et embrasse trop de points dif-
(1) Voyez Histoire complète des voyages et découvertes en Jfriguej par le docteur Leyden et H. Murray, traduction française, tome III, pag. 178 et suiv.
(2) La position de Timbo doit d’abord être rectifiée d’après les observations du major Laing*
KEMx^riQU ES
férens , pour être examinées ici. Remarquons toutefois que la population qu’il donne à Séqo ( trente mdle habitans ) paraîtra peut-être un peu forte , d apres f ejîemple de Djenné , de Temboctou et des autres
villes visitées par M. Gaillie.
Dans son deuxième voyage, en i8o5, Mungo-Paik atteignit le fleuve' à Bamakou; a Sansanding , il s y embarqua sur un navire construit par ses soins, et il le suivit jusqu’à Cabra, Houssa et Boussa. Ainsi, depuis le confluent au-dessous de Djenné jusqu a Cabra , les deux voyageurs ont suivi la même ligne ; ils ont navigué sur le même fleuve. Malheureusement la relation de Park s’arrête à Sansanding, lieu où il était le 1 6 novembre , et au moment de quitter cette ville. Cependant il y a encore ici une dernière information authentique du 19 novembre-, c’est un billet adressé par Mungo-Park à sa femme. On sait que le navire qu’il confectionna pour descendre le fleuve était une sorte de radeau ou bateau plat, forme de deux vieux
canots.
On peut dififlcilement admettre que le voyageur ait parcouru sur la rivière six a sept milles a 1 heuie , comme il est dit dans son journal : on a vu que le chemin direct de M. Caillié sur le Dbiolibâ n’était guère que de deux milles à f heure; il est vrai, dans une saison différente, et au moment ou les eaux sont basses. Mungo-Park, selon son guide, périt à Boussa,
ET RECIIERCnES GEOQRAPHÏQUES. l63
quatre mois après son départ de Sansandinq, ce qui annoncerait un séjour à Temboctou, à Houssa, ou bien à Yaour, si toutefois il n’existe point d’erreur dans ce rapport Il n’y a pas de possibilité de faire ici aucune comparaison entre les deux relations, et je crois superflu de chercher d’autres rapprochemens ; je me borne donc à remarquer que la carte du deuxième voyage de Park renchérit encore Sur le défaut de la première carte , en éloignant trop à l’orient le cours du Dhiolibâ et la ville de Temboctou^. Il n’est pas de mon sujet d’entrer dans d’autres détails sur cette malheureuse expédition, dont il n’est personne qui ne sache le commencement et l’issue, et dont tout le monde ignore ce qu’il y a de plus important à savoir, c’est-à-dire, là navigation sur le fleuve, au-dessus et au-dessous de Temboctou, et toutes les observations que fit et qu’écrivit sans doute le célèbre voyageur , sur des feuilles qu’on espère encore de découvrir.
L’ordre des temps me force de passer d’un homme tel que Mungo-Park au matelot américain Robert
(1) On a déjà remarqué (s’il est permis à un auteur de se citer luimême) , dans les Réjlexions sur l’étai des connaissances relatives au cours du Dhiolibâ (page 23) , que la catasti'oplie paraît avoir eu lieu vers le 4 janvier 1806. Il est parti de Sansandinq vers le 19 novembre; sa course n’aurait donc été que de quarante-sept jours.
(2) Comparez la carte du deuxième voyage de Park , dans llie Journal 0/ a mission to ilie intcrior of Africa, etc. London , 181 5.
REMARQUES
Adams*. Malgré les efforts deM. Dupuis, l’éditeur de la relation d’Adams , et le mérite qu’il y a dans les notes que ce savant y a jointes, l’opinion des géographes est généralement contraire à l’authenticité de ce voyage; et ce qu’il y a de remarquable, c’est que c’est dans son pays même qu’on y croit le moins. Il a paru à ce sujet , dans le North American Review , des observations critiques, d’où il faudrait conclure que la première déclaration faite à Cadix par Adams, devant le consul américain, diffère totalement du récit
qu’il a fait, à Londres, à M. Dupuis. Il s’en faut què je croie à la réalité du voyage d’Adams dans toutes ses circonstances i telles qu’on les a décrites; mais il est de mon sujet de le comparer avec les marches de M. Caillié. Robert Adams fit naufrage sur les côtes du Cap Blanc, et fut emmené à Temboctou, où, ditil, il demeura cinq mois^. Il revint ensuite par Toudeyni, Oulad.-Deleym , el-Kabla, Ouâd-Noun, Mogador. Fez, Méquinaz et Tanger. On trouve, dans sa description même de Temboctou , une contradiction frappante. « La ville, dit-il, est dans une plaine trèsci unie ; » et cependant, à deux milles au-delà de la ville, passe la rivière de Mar-Zarah , entre deux montagnes
(1) Autrement Benjamin Rose.
(2) Nouveau Voyage dans ïinièrieur de Ufrujiie, fait en 1820, etc. , traduit de l’angîaispar le chevalier de Frasans. Paris, 1817.
ET RECHERCHES GEOGRAPHIQUES. l65
assez élevées. Cette rivière coule au S. O. ; elle a trois quarts de mille de large. -Il répète ailleurs qu’il y a des montagnes au S. de Temboctou, et dit qu’on y trouve du soufre. Aucune de ces circonstances n’a été remarquée par M. Caillié , qui a marché de Cabra à Temboctou, et qui en treize jours a eu-tout le temps de les observer.
La ville lui a paru aussi étendue sans être aussi peuplée que Lisbonne; mais de deux cent soixante mille babitans à dix ou douze mille , la différence est grande. Point de mosquées , dit-il, dans Temboctou; M. Caillié en a vu trois, grandes et plusieurs autres plus pe tites b
Adams dit avoir vu un palais bâti en terre d’argile jnêlée d’herbage, et d’autres maisons en bois ou en terre : la plupart des maisons , selon M. Caillié , sont en briques, et le palais du roi^ n’est qu’une petite maison extrêmement simple.
Il prétend que les hommes sont tatoués; M. Caillié ne dit pas que cet usage existe à Temboctou : que pas un homme nest en état (récrire ; la nouvelle relation dit fré^ quemment le contraire : qu’o^ voit beaucoup cVéléphans ; à peine M. Caillié en a-t-il vu des traces dans tout
(i) Ce n’est pas en dix-huit ans qu’un pareil changement peut avoir eu lieu.
('i) Voir dans ce volume la planche 6 et l’explication ,
REMARQUES
le cours de son voyage. Toutefois ces différences , dont' on peut attribuer une partie à son ignorance autant qu’à un défaut de mémoire , ne seraient pas un motif pour nier absolument le voyage d’Adams , ou rejeter tous les renseignemens qu’il s’est procurés. On peut en dire autant des mots de la langue parlée à Temboctou , que Robert Adams a rapportés au nombre de seize , et dont buit sont communs au vocabulaire kissour dû à M. Caillié ^ mais en diffèrent tout-à-fait. Dans des pays où il y a tant de langages et de dialectes différens, était-il facile d’avoir connaissance des véritables mots de fidiome de Temboctou? Les mots publiés par des voyageurs instruits , tels que Lyon, Bowdich et d’autres , n’ont pas plus de conformité avec ceux que M. Caillié a recueillis. Si Adams est allé à Temboctou, il est possible qu’il ait interrogé des étrangers au lieu de gens de la ville Le major Denbam avait, seul jusqu’à ce jour, connu les vrais mots de cette langue. D’autres traits encore de la description d’Adams sont confirmés par certains voyageurs ou par les géographes arabes, même ce qu’il dit de la rivière coulant au voisinage de Temboctou. Néanmoins, en supposant qu’il ait vu la rivière qui
(1) Voyez ci-dessous, chapitre II, et Nouveau Voyage, eic. ]).
(2) On a déjà remrrqué qu’il avait donné cinq mots arabes comme mots de la îanque de Temboctou. Nouveau f ojage, paqe 175.
est au midi, n a-t-il pas pu se tromper sur la direction du courant ? Ne serait-ce pas la seconde branche du lleuve , que M. Caillié a vue à Cabra et qui se porte d’abord au N. E. ? Mais ce n’est pas à deux milles au midi de Temboctou quelle passe ; c’est à cinq milles. On donne, dit-il, à la rivière le nom de Marzarab : ce nom, qui n’a pas été connu de M. Caillié, existe cependant ; et c’est aussi le nom d’un pays que nous
avons cité plus haut, d’après el-Edricyb
Robert Adams n’est point en défaut dans ses marches depuis Temboctou : i.° de cette ville vers l’E. N. E., jusqu’à un point de la rivière ci-dessus mentionnée , oèi il arrive après dix jours de chemin; 2.° de ce point à Toudeyni , vers le N. N. O., après douze ou treize jours de chemin. Ces distances et directions sont assez conformes à la marche de M. Caillié de Temboctou à Téliq.
L’Américain Riley, aussi naufragé sur la côte occidentale d’Afrique, et devenu l’esclave du chef maure Sidi-Hamet, recueillit de celui-ci des notions justes sur la ville de Temboctou. Selon lui, une petite rivière ( alors elle était à sec) passe près des murs de Temboctou, et une grande rivière coule à l’E. à une heure de chemin de cheval. C’est sans doute la même que celle
(1) Le changement de Marzarah en Bahr zaharoh (rivière du désert), ])roposé par M. Dupuis , paraît peu probable. Voy. Bel. (l’Jdains, p. i 3G,
REMARQUES
dont il parle ailleurs , le ZoUhib, qui est à deux heures de marche au S. La ville est cinq fois grande comme Soueyrah, située dans une vaste plaine, et bâtie en pierre , en terre et en roseaux. En quittant Temboctou, Sidi-Hamet marcha cinquante-cinq jours au N. E. et dix-huit jours au N. avant d’arriver à Touat , et ensuite il se rendit à Fez. M. Gaillié n’a point aperçu la petite rivière touchant aux murs de Temboctou ; mais ce que dit Riley nous apprend quelle pouvait être à sec. La grande rivière , à deux heures au S. , est évidemment la branche de Cabra, coulant entre l’E. et le N. Le mot Zolihih est sans doute pour Dhiolibâ. La position de l’oasis d’Agably (ou de Touat) n’est pas conforme à la donnée dont j’ai fait usage dans la construction de la carte générale, savoir, l’observation astronomique faite par le major Laing à Ain-salahb
On a vu plus haut que le major Peddie et le capitaine Campbell avaient pris la voie du Rio-Nunez , pour pénétrer dans f intérieur : le second seul put s’avancer assez près de Timbo; mais il lui fut impossible d’y arriver. Tous deux grossirent la liste des victimes du climat et des martyrs de la science. Le capitaine Campbell et M. Caillié, ainsi que Watt et Winterbottom, ont suivi des lignes à-peu-près
(1) Voyez ci-dessous, page 217, l’analyse de la carte générale, S II , art 3.
ET RECHERCHES Gl^OGRAPHIQUES. 169
parallèles : leurs renseignemens , loin de se contredire, se confirment réciproquement; mais les marches du voyageur français présentent une multitude de détails instructifs, de circonstances locales que les premiers n ont pu observer. On distingue les rivières et les ruisseaux traversés par ces voyageurs, et qui ont leur cours les uns au N. et tombent dans le Rio-Nunez , les autres au S. vers le pays de Sousou. En combinant les observations de tous quatre , on peut avoir une idée à-peu-près complète de f espace qui sépare Kakondy du Fouta-Dbialon et des montagnes de Timbo
On doit à f excursion de M. Mollien des notions intéressantes sur des parties inconnues de la Sénégambie et sur le plateau du Fouta-Dbialon. Il n’a manqué à ce voyage de découvertes que des observations de géographie mathématique , mais qu’il serait injuste d’exiger de celui qui traverse pour la première fois des pays ignorés et habités par une population fanatique. La géographie gagne déjà beaucoup, quand elle peut acquérir une connaissance positive, ou des lignes parcourues et de leurs directions, ou de la situation respective des lieux et de leur nomenclature, ou même un aperçu de fimportance et de la popula-
(1) Voyez ci-dessous, p. 206, pour ce qui regarde les bassins des différentes rivières.
lyo K E marqua: s
tion dli pays, de l’état de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. Un savant géographe, M. Eyriès , a exposé le mérite du voyage de M. Mollien et les acquisitions que la science lui doit, et je n’ai à m’occuper ici que de la partie du voyage qui coïncide avec celui de M. Gaillié. Tous deux ont traversé le Fouta-Dhialon , mais dans des sens différens. Le premier allait de Labé à Tirnbo; le second a passé entre ces deux villes. Leurs lignes de route se coupent en un point qui est plus près de Timbo que de Labé : au point de concours , il n’y a pas de xullage ; du moins la liste que M. Mollien a donnée ne présente pas, au point qui résulte de la construction des deux routes , de nom commun à la liste, beaucoup plus étendue , de M. Gaillié. Mais celui-ci , en donnant la position de Labé par rapport à Téléouel, et celle de Timbo par rapport à Dité , se trouve d’accord avec l’itinéraire de M. Mollien. On voit bien, dans la liste de celui-ci, Gambaya et Bandéia ; mais Bandéia, placé loin au N. de Labé, est un lieu tout different de Pandéya, qui est au S. O. On doit en dire autant de Gambaya au N. et près de Labé , tandis que le Gambaya de M. Gaillié est au S. E. , à une assez grande distance. La description d,es montagnes, les cataractes ou chutes des rivières, l’aspect physique des lieux dans ces hautes sommités ( que l’on pourrait appeler à quelques égards les yllpes cenirales de rArricpie du Nord ),' sont des traits communs aux deux
réqits ^ Ce lien est, comme on le verra plus loin, une ligne de partage entre de grands cours d’eau qui prennent leurs directions dans tous les sens. Il n’existe pas moins d’analogie entre les observations des deux voyageurs sur les Foulabs, les Mandingues et les diverses peuplades qui habitent ces contrées
J’arrive à un voyageur dont toute l’Europe regrette la perte récente, l’infortuné major Laing. Un premier voyage l’a fait connaître avec avantage des amis des sciences ; un second voyage l’a illustré ; et tous deux ont , avec celui de M. Gaillié, un rapport encore plus étendu que toutes les excursions que je viens de passer en revue. Il est heureux pour le voyageur français d’avoir ces points de contact avec le major Laing, sur-tout parce que la comparaison de leurs découvertes offre un parfait accord. Il n’est personne qui ne sache qu’en 1822 , M. Laing, après avoir exploré le Timannie, le Kouranko, le Soulimana, déterminé la position de Timbo, de Falaba , les sources du Mongo et de la Rokelle , parvint à proximité des
(1) De cette arête culminante, coulent à l’Ouest et au S. O. le Rio- Grande et les rivières du Timannie ; au Nord, la Gambie, la Falemé, le Bâfing ou Sénégal ; et à l’Est, le Dtiiolibâ et ses affluens. Elle se rattacbe probablement aux montagnes dites vulgairement kong , mot qui signifie proprement montagne.
(2) Il resierait cependant à éclaircir plusieurs points de leurs narrations, dont il ne m’est pas permis de faire ici le rapprocbement.
17‘-2 REMABQÜES
sources du Dhiolibâ, ou du moins à une distance assez rapprochée de ce point , cherché si long-temps. Il assigna la position et la hauteur au-dessus de la mer du mont Loma , d’où ce grand fleuve prend sa course; et il traça sur sa carte la première partie de son cours vers le N. , dans une étendue d’environ vingt-cinq lieues. Dans le nombre de ses observations, il en est deux qui servent de vérification à celle du voyageur français : la position de Timbo et celle du Dhiolibâ. Or, la confirmation ne laisse rien à desirer; c’est ce qu’apprendra un simple coup- d’œil sur la carte générale du voyage. J’y ai placé Timbo d’après les documens du major, et la route de M. Gaillié s’y est parfaitement rattachée. C’est à Couroussa que le voyageur français rencontra pour la première fois le Dhiolibâ et observa sa direction. Ce point, cette direction , par la seule construction du nouvel itinéraire, se sont trouvés faire suite au tracé du voyageur anglais. Il paraît qu’au point de raccordem-ent , fintervalle était très-petit; je n’ai donc éprouvé aucune difficulté à combler cette lacune. On pourra dès-lors regarder comme bien établie la connaissance des trente-cinq à quarante premières lieues du cours de ce grand fleuve.
La seconde excursion du major Laing , comme tout le monde sait, avait pour but la ville de Ternboctou, qu’il cherchait à atteindre par la voie de Tripoli , non
à travers le Bornoii, comme ses prédécesseurs immédiats , mais par la route directe de l’oasis d’Agably. On connaît par l’ouvrage que j’ai souvent occasion de citer dans le cours de cet écrit, V Itinéraire de Tripoli de Barbarie à la ville de Teinhoctou, parie cheykh Hagg-Cassem, rédigé parM. Delaporte, vice-consul de France, itinéraire que je m’applaudis d’avoir soumis en 1818 à l’Institut , puisque mon savant confrère M. Walckenaer assure que ce fut pour lui l’occasion déterminante de mettre au jour ses Recherches géographifjaes sur lintérieur de lAfrujiie septentrionale. Ce document place Ternboctou à quatre-vingt-une journées de Tripoli, et l’oasis d’Ain -Salab et Agably à trente-trois journées ou aux trois septièmes du chemin. Nous ignorons encore quelles observations a faites sur cette route le major- Laing; nous savons seulement qu’il a passé par Ghadamès et Ain-Salab, et nous possédons son observation faite dans ce dernier lieu. Cette observation porte beaucoup à l’O. la position admise sur les cartes , mais que j’ai cru devoir employer par plusieurs motifs : 1 le major Laing a fait ses preuves comme observateur, dans son voyage au Timannie; 2.° la position de Ternboctou, étant plus occidentale qu’on ne l’a pensé jusqu’à présent, doit entraîner avec elle celle de l’oasis de Touât, qui est sur la ligne directe; 3.° rien ne s’oppose, dans l’itinéraire du cheykh Hagg-Cassem , à ce que la ligne de route tende
l’jlx REMARQUES
un peu plus vers i’O. ; 4.° enfin , l’estime de la journée me paraît trop faible, étant réduite à quinze milles géographiques. On verra ailleurs les motifs qui me la font évaluer à dix-huit milles quatre dixièmes : il suivra de là que l’oasis de Touât doit se rapprocher de l’Océan. Ce résultat concorde encore avec la position plus occidentale que prend la route de Temhoctou au Tafilet, d’après les marches de M. Caillié. Jusqu’à ce qu’on découvre quelques-uns des papiers du major Laing (et cet espoir n’est pas perdu , puisque M. Caillié lui-même , dans la traversée du grand désert, a vu une boussole et a entendu parler d"un sextant qui lui ont appartenu), il n’est pas possible de faire d’autres comparaisons entre le voyage de l’explorateur français et la seconde excursion du major, quoiqu’ils aient tous deux habité la ville de Temboctou, presque la même maison , et que le second soit allé près d’el- Araouân.