BIGAMIE CHRÉTIENNE
Notre excellent ami, M. Gobât, songe à faire évangéliser par un missionnaire itinérant, les populations chrétiennes de la Judée; il y a une grande lassitude de Rome chez les âmes qui lui sont encore assujetties : qu’on sache lire, qu’on possède la Bible, et la réforme se fera toute seule. Les explications familières, les courses évangéliques de celui qui a si longtemps annoncé Christ en Abyssinie, agiront, j’en ai la certitude, avec une grande puissance.
Il y a un abîme en effet, et il faut qu’on le voie, entre les Patriarches Grec, Arménien, Latin, renfermés dans leurs couvents, plus encore dans leur dignité; et l’Évêque, c’est-à-dire le pasteur paissant lui-même son troupeau, allant et venant la houlette en main, courant après celui-ci, jetant une motte à celui-là, portant les faibles, accessible à tous, comme un vrai berger.
A propos de l’église Grecque, voici ce qu’on affirme ici. Il y a au delà du Jourdain des villages chrétiens Grecs, où le prêtre, quand une femme est restée trois ans sans donner d’enfants à son mari, bénit, à la demande de celui-ci, son union avec une seconde femme, sans que la mort, le divorce, ou une séparation quelconque, l’ait dépossédé de la première. En Abyssinie le même fait se reproduit, avec cette différence que le prêtre ne sanctionne pas cette seconde union, et qu’elle reste par conséquent