LE PERSONNEL DE LA MISSION
malades, ni aux convalescents; on se borne à guérir le corps. Après un mûr examen, la mission s’est arrêtée à ce parti. Je ne sais si elle a raison, j’ai bien envie de trouver qu’elle a tort; cependant, le christianisme qui se manifeste par la charité n’est pas un christianisme muet; d’ailleurs, les Juifs n’auraient jamais consenti à se faire traiter dans un hospice où leur foi aurait été compromise. Les deux œuvres, celle qui s’adresse au corps, celle qui s’adresse à l’àme, restent distinctes. Les missionnaires visitent les Juifs bien portants chez eux, ils y sont cordialement reçus : nulle part la discussion n’est aussi franche, n’est aussi libre qu’à Jérusalem.
Le personnel de la mission se compose de M. Gobât, évêque; de son chapelain, M. Weicht; de MM. Éwald et Nicolaïsson, missionnaires, et du docteur Mac-Gowan, médecin. Mlle Harding tient la pension et l’école. — Si je l’osais, je dirais que ce personnel me semble trop considérable, tant que l’évangélisation ne s’étend pas aux chrétiens et aux Arabes. M. Éwald, qui pense comme nous, va quitter Jérusalem, pour porter son travail sur quelque point dépourvu d’ouvriers.
La grande affaire ici, c’est de visiter les Juifs, de converser avec eux, de leur prêcher d’exemple par la simplicité de la vie, par le renoncement, par la dépense de soi-mème.
Bientôt les travaux rayonneront en tous sens.