LA MER MORTE ET LE JOURDAIN
Bir cl Bagoub , jeudi ^1 avril 1848. — Par un effet de la bonté de Dieu, nous sommes sur la route de la mer Morte. Me voici assise dans un de ces ravins que j’aime tant, avec un vent impétueux que je n’aime guère, mais qui rafraîchit l’atmosphère et nous a permis de partir. Devant moi, à côté, derrière, se dressent de hautes montagnes crayeuses; une herbe jaune et rare les couvre par places; c’est encore le désert, le désert soulevé en ondes immenses. Plus de végétation, pas une seule de ces (leurs aux couleurs vives qui naissaient dans le sable; quelques chardons épanouis au milieu de leurs piquants desséchés, quelques petites immortelles d’un blanc bleuâtre, et c’est tout. Eh bien, telle que la voilà, je préfère cette nature airx cités; même quand les cités s’appellent Jérusalem. Àh! les cieux ouverts, les grands horizons devant le regard, l’air libre autour de soi, la vie simple, débarrassée