LA VALLÉE DES FILS DE HINNOH
des convenances sociales, qu’est-ce qui vaut un tel bonheur?...
Le climat de Jérusalem est malsain, les fièvres d’accès y régnent durant tout l’Été, et l’Été a commencé depuis une semaine. On ne peut expliquer que par la présence de citernes remplies d’une eau plus ou moins pure, cette insalubrité d’une ville placée sur le point culminant du pays, balayée par tous les vents, également éloignée de la mer et des marais.
Nous sortons de Jérusalem par la porte de Sion ; nous suivons la vallée des fils de Ilinnom ; quelques femmes descendent enveloppées de leurs voiles blancs, un Arabe au long fusil les escorte. Tout est vert, tout est riant, les troupeaux de chèvres courent et bêlent sur la pente des montagnes, les biquets cabriolent après leurs mères, les champs jaunissent, et lorsque le vent froisse leurs épis barbus, on dirait le bruit frais d’un ruisseau qui tombe sur la roue du moulin. Les figuiers déploient leurs larges feuilles, le vert tendre des abricotiers se détache sur le vert glauque des oliviers, quelques rouges boutons de grenadiers s’ouvrent au milieu des pousses vermeilles ; la paix de celte vallée contraste fortement avec les souvenirs qu’elle évoque.
Le démon assujettit ceux qu’il lient à une rude servitude; nous avons peur du service de Dieu à cause des sacrifices qu’il entraîne, et nous ne pen-