LE SOIE
à jamais : » Il y a de l’espérance pour tes derniers jours... et tes enfants retourneront en leurs quartiers *. »
Nous campons sur le revers du coteau où s’assied Beeroth que les Arabes appellent Bir. Il n’a de remarquable que sa situation : les profils de montagnes et de villages sont toujours beaux. Deux grandes voûtes, restes de quelque église du temps des croisades, lui donnent du caractère. Beeroth a l’air pauvre, perché qu’il est sur le sommet d’une pente rocailleuse, entouré de ses deux ou trois oliviers sous lesquels paissent de maigres troupeaux de brebis, de chèvres et de vaches , petites comme toutes celles de la Judée. Beeroth était une des villes de ces Héviens qui trompèrent Josué sur la distance où se trouvait leur pays, en arrivant à Guilgal chaussés de souliers percés et leur bissac plein de pain moisi; Josué, « qui ne consulta point la bouche de l’Éternel *, » se laissa prendre à leur ruse : c’est là le secret de nos plus grandes sottises.
Les chèvres qui nous ont apporté leur lait agitent leurs clochettes autour des tentes; il en naît une harmonie agreste que je me délecte à entendre. Quelques familles Juives campent près de nous. Leur établissement est bien simple : trois ou quatre pieux fichés en terre, une mince toile blanche par-
• Jérémie XXXI, 17.— «Josué IX, 14.