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poches pleines, déclare qu’il est prêt à lui donner dans le Liban, la place, la vallée, la montagne qu’elle choisira; qu’il y fera construire ce qu’elle ordonnera, mais que chasser un propriétaire de cher, lui pour y établir lady Stanhope, cela n’est pas possible.
Lady Stanhope, qui croyait, elle aussi, à la puissance des faits accomplis, tient bon dans la maison de son hôte; elle écrit à Constantinople, et le retour du courrier apporte cet ordre à l’émir : « Faites tout ce que voudra la princesse d’Europe; chassez l'homme qui ose lui résister; la maison est à elle, rappelez vous que c’est une Grande Princesse. »
Le malheureux marchand court à Stamboul; il se fait musulman dans l’espoir de rattrapper sa mai son : apostasie gratuite, la colline reste en la j)Ossession de lady Stanhope. Après la mort de l’usurpatrice, la colline est tout naturellement letournée aux héritiers du marchand.
Je tiens ces détails d’Antonio, dont le cousin germain était interprète de lady Stanhope, et dont la mère, la sœur et le frère, ont passé trois mois prisonniers chez elle.
L’interprète de lady Stanhope lui avait demandé la permission d’aller à Beyrouth voir sa tante.
— Vous avez une tante? amenez-la!
La mère d’Antonio, conduite par son neveu-, arrive en effet avec ses deux enfants. Au bout de
ijs LADY STAMIOPE ET LA MÉHE D'A^TO;4IU.
trois jours elle veut partir : point. Au l)out d’une semaine : point encore. Un mois, deux mois s’écoulent ainsi ; impossible d’énhapper, les jardins de lady Stanhope sont environnés de murailles, gardés comme une forteresse, les habitants des montagnes la craignent; en outre, elle a quatre cents hommes à sa dis[K>sition ; il faut donc se résigner.
Lady Stanhope s’était entichée de la sœur d’ Antonio, jeune fille de quatorze ans; quant au frère, elle le détestait, et l’avait consigné au village; il n’entrait jamais dans le château. La jwuvre enfant objet des prédilections de lady Stanhope, avait d’elle une peur terrible; elle la voyait battre ses esclaves, les enfermer au cachot, elle tremblait, et sa mère pas moins qu’elle. Trois mois se succèdent; on apprend le retour d’ Antonio qui faisait alors son premier voyage en Europe. La mère supplie Milady de lui permettre de se rendre à Beyrouth avec sa fille et son fils, pour y recevoir Antonio. Lady pose pour condition un prompt retour; elle paye le voyage et relient les effets comme garantie. La mère et la fille voient enfin les portes de la prison s’ouvrir, prennent la volée, et perdent à jamais la fantaisie des séjours à la campagne.
Lady Stanhope fil un jour raser à son interprète la moustache droite et le sourcil gauche, pour ce fait d’avoir, en fumant une pipe vers la fontaine de Djüiin, ri avec deux jeunes filles.