‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 18 sur 199 · LE DÉSERT DE SIN · texte numérisé non relu

LE DÉSERT DE SIN

notre soûl de pain ; car vous nous avez amenés dans ce désert, pour faire mourir de faim toute cette assemblée ! »

Y a-t-ii jamais eu au monde un homme accablé sous un fardeau pareil à celui que portait Moïse ? Deux millions d’âmes rebelles à mener par le désert !

La gloire de l’Éternel paraît dans la nuée : « Entre les deux vêpres, vous mangerez de la chair... Au matin, vous serez rassasiés de pain, et vous saurez que je suis l’Éternel votre Dieu. — Le soir donc il monta des cailles qui couvrirent tout le camp, et le matin il y eut une couche de rosée à l’entour du camp, et cette couche de rosée étant évanouie, voici sur le désert une petite chose ronde, menue, comme de la blanche gelée sur la terre'. »

On a voulu retrouver cette manne dans la gomme d’une espèce de tamarisque; c’est encore là un des efforts par lesquels le rationalisme tente de rapetisser le miracle, et ne témoigne, hélas! que de la petitesse de l’esprit humain. Il faudrait des millions de tamarisques produisant de la gomme dans toutes les saisons, pour nourrir durant quarante ans deux millions d’hommes ; si le désert contenait ces millions de tamarisques, il ne serait plus le désert. — La manne se décomposait chaque jour, celui du sabbat excepté. Où est la gomme qui se décompose en vingt-

« Exode, XVI.

LES mSCMPTIONS SINAÏTIOtlBS.

quatre heures, et qui une fois par semaine en dure quarante>huit? D’ailleurs les paroles de la Bible sont claires : La rosée couvrait la terre, et la rosée une fois disparue laissait à sa place des grains ronds comme la semence de coriandre

Ici commencent sur les parois de grès quelques inscriptions sinaïtiques, caractères inconnus, qu’on attribue tantôt à des Arabes chrétiens des premiers siècles parlant la langue Araméenne et l’écrivant avec un alphabet particulier, tantôt aux Israélites, qui les auraient tracées en lettres étrangères à l’alphabet hébreux. Dès le cinquième siècle, on ne comprenait plus rien aux inscriptions sinaïtiques. Quelques croix gravées ici et là, ont fait penser qu’elles étaient dues aux Arabes Nabactéens; mais ces inscriptions ne se trouvent que sur les routes qui mènent de l’Égypte au Sinaï; il n’en existe qu’une à Pétra, capitale de ces Arabes. IJn instant, on a cru qu’elles venaient des chrétiens d’Égypte faisant le pèlerinage du Sinaï. L’hypothèse échoue encore devant ce fait, qu’il n’existe pas sur les monuments d’Égypte une seule inscription portant des caractères pareils. On

* Quaad on lit attentivement ce chapitre , on y trouve l’institution du sabbat en pleine vigueur. Dieu ne l'établit pas, elle existe ; Il ne donne pas une ordonnance nouvelle, mais, comme n le dit lui-méme , « il éprouve son peuple, afin de voir s’il marchera oui ou non dans sa loi. » (Exode XVI, 4). Et lorsque quelques-uns sortent le septième jour pour recueillir la manne ; > Jusques 4 quand,» s’écrie l’Éternel, « refuserez -vous de garder mes commandements et mes loisl...» Considérez que l’Ëternel a établi parmi vous le sabbat.

LES r.ARTOIT.HES ÉGYPTIENS

parle de quelques mots trouvés à Babylone, de quelques autres, aux carrières d’Assouan ; il nous reste en effet le vague souvenir d’avoir vu des traits < semblables, sur un bloc de granit situé à gauche de la route des carrières.

Nous nous détournons pour aller chercher deux ou trois cartouches égyptiens dans Ouadi Mahaka. Pendant qu’Antonio et Louis se livrent aux délices de l’immobilité, nous grimpons avec Hamad à deux cents mètres parmi les grès, et nous découvrons nos cartouches sur la muraille. Les uns contiennent des hiéroglyphes, d’autres des scènes d’offrandes et de sacrifice: leconquérant tenantpar les cheveux un prisonnier— évidemment un oriental — et se préparant à lui asséner sur la tête un coup de massue. Ceci n’est pas gravé en courant, comme les inscriptions sinaïtiques, c’est l’œuvre patiente de l’artiste qui a ciselé les Pylônes, les Aréa et les Dromos des bords du Nil.

Quelle conquête, quel événement ces cartouches étaient-ils chargés de redire aux âges futurs? Mystère! au moins pour nous.

Nous entrons, en revenant sur nos pas, dans Ouadi Mokatteb — vallée écrite. — Les inscriptions SC multiplient; elles sont grossièrement exécutées, ornées de chameaux, de chevaux, même de petits bons hommes, tels qu’en pourraient produire les sculpteurs d’une armée en marche.

Ces inscriptions s’arrêtent, dit-on, au mont Ser-

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