‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 191 sur 199 · EMPLETTES · texte numérisé non relu

EMPLETTES

Selles i>e femme. — Elles sont indispensables pour les excursions à cheval et à âne. Les chameaux ont leurs bâts. — Acheter en Europe.

P.tHAPLUiEs. — Contre le soleil et contre la pluie. Un par personne ; à canne de bambou, le bambou seul résiste au vent impétueux du désert. Je ne me suis servie du parapluie contre le soleil, qu’un jour ou deux; cela fatigue la main et devient un supplice ; il vaut mieux s’accoutumer à supporter le soleil. Les parapluies se placent dans un solide étui de cuir qui les renferme tous. — Acheter en Europe.

Malles. — Nous avions, à nous quatre, trois malles pour nos effets particuliers ; une pour nos livres ; une petite caisse à chapeaux; une boite plate pour les robes; et quatre sacs de nuit. Dans l'excursion en Greaie, nous n’avions pris avec nous que nos sacs de nuit. Durant la navigation sur le Nil, nous y avions ^outé deux malles. — Acheter en Europe.

Tentes. — Le mieux est de les acheter ou Caire. Pour cent francs environ , on a une vaste tente verte, |>ius chaude et plus commode que la petite tente (|ue nous avions apportée de France. Les tentes des domestiques ccùtent beaucoup moins. On peut les acheter de

lit.

DISPOSITIONS PRATIQUES

seconde main. Éviter les frais de transport qui sont énormes de France ou d’Autriche en Orient, à moins qu'on ne prenne toutes ses caisses avec soi. Quatre ou cinq caisses, venues sans nous de Trieste et de Marseiile, nous ont coûté cinq cent francs de port, rendues à Alexandrie.

Piquets de fer. — Pour assujettir les tentes, li en faut une demidouzaine en sus du strict nécessaire. — Europe.

Hache. — Pour enfoncer les piquets. — Europe.

Pioche. — Pour creuser des rigoles autour des tentes en cas de pluie et pour arracher des buissons. — Europe.

Lit. — Faire faire dans le port de mer où l’on s’embarquera, des matelas de crin. Ceux de laine ou de coton sont détestables. Veiller à ce que les bords soient carrés. Qu’ils se replient par le milieu afin de se fermer comme un livre. De jour ils servent de siège. On les étend sur la terre recouverte d'un tapis. Un matelas par personne suflil.

11 est inutile d’acheter des lits de fer ; c’est un embarras de plus et l’on dort tout aussi bien sur la terre en Syrie, sur les pierres dans le désert, sur les planches dans la cange.

On peut acheter une moustiquière. On ne s’en sert pas dans les villes; les lits en sont garnis. On ne s’en sert pas en Grèce ; il n’y a pas de cousins. On s’en sert dans la cange, contre les rats. On ne s’en sert plus ni dans le désert, ni en Syrie; cria serait trop long, les nuits sont trop courtes, et l’on a trop sommeil pour s'inquiéter des insectes. Il faut faire la moustiquière en mousseline grossière ; il faut la faire carrée, de manière à la suspendre par les quatre coins au plafond du dahbieh.

Acheter dans le port de mer où l’on s’embarque :

1® Des oreillers avec leur taie.

2® Des couvertures de laine et de colon : une couverture de laine, et une de colon par personne.

3® Des draps de toile.

4® Deux paires de draps supplémentaires, pour les cas de maladie. Dans les pays chauds on lave et fait sécher en quatre heures, il ne faut donc (ws exagérer les précautions de cette nature.

5" Des serviettes à laver, à essuyer, et des serviettes de table.

6® Un sac solide, où Fou place tous les malius la garniture de lit.

POUR LP; VOYAGE

7“ Une enveloppe en loile d'cniballagc, où Ton place les malelas ; sans cela ils se déchireraient et se saliraient : les Bédouins s'y accroupissent tout le jour sur les chameaux.

Tapis. — Grossiers, en nombre sufllsant, pour étendre sur le sol dans la tente. — Acheter au Caire.

Table. — Pliante, avec deux pieds en X. — Au Caire.

Chaises. — Des pliants. — Au Caire.

Lampe. —Suspendue, fort simple, et basse. Si elle est sur de trop grandes proportions , on ne peut s'en servir dans la cange dont le plafond est très bas. Notre lampe, garnie d’un abat-jour en tôle verte, allait tout juste, tandis que nous en avons vu revenir plusieurs autres, dorées, superbes, mais qui n’avaient pu trouver place dans le dahhiek. Cette lampe nous a fait passer des soirées délicieuses. Les flambeaux vacillent avec la cange et éclairent mal. On laisse la lampe au Caire, pour adopter dans le désert et en Syrie la lanterne de toile , qui sert il éclairer durant les courtes soirées sous la tente. — Faire une provision de mèches et de verres.

Cadeaux. — Lunettesd'approche, pour les Scheiks, drogmans, etc. — £n Europe. — Mouchoirs d’indienne, ciseaux, dés, bobines de coton, aiguilles, pour les femmes Arabes, Nubiennes, Bédouines, Syriennes, etc. — Au Caire.

Caméra Lucida. — Avec sa table. Les jambes de la table se placent dans un étui de cuir. La table se met dans un fourreau d’étoffe solide, avec le portefeuille, l’étui, l’étui aux crayons, les clous d'acier à tète plate nommés punaises , qui servent à fixer le papier sur la table, etc. Il ne faut pas se décourager si les premiers essais réussissent mal. Avec de la persévérance on arrivera toujours. Ne pas ombrer; cela serait trop long. Marquer les effets de lumière, et achever dans le Aon, sur la cange, ou sous la tente. La fatigue des yeux disparaît après (juelques jours d’exercice. — A Paris.

Papier a dessiner. — Ample provision. Le gris ou le jaune fait mieux valoir le dessin que le blanc. — Europe.

Fournitures de bureau. — Le plus possible. On ne se repent jamais que de n’avoir pas pris a.ssez de ces petits objets dont on se sert chaque jour, cl dont l’absence cause une vive conirariéle. — Europe.

DISPOSITIONS PRATIQUES

Livres. — Des ouvrages spéciaux , t-l puis une petite bibliothèque de classiques bien choisis. Us sont absolument nécessaires pour réveiller rintelligence, et même la faculté de jouir, écrasée par les ouvrages spéciaux. — Europe.

Tiiehmometre. — Europe.

Armes. — Deux fusils é deux coups; deux paires de pistolets; c'est ce que nous avions avec nous. Une surabondante provision de capsules, de balles de calibre, de poudre et de plomb. — Europe.

— On trouve de la poudre au Caire, et le reste aussi, mais plus cher et de qualité médiocre.

Toilette de femme. — Éviter le vert : couleur sacrée pour les Musulmans. Du linge solide, des brodequins, quelques-uns à double semelle, en nombre. Deux robes à toute épreuve : les étoffes anglaises en poil de chèvre, sont d'un porter désagréable, mais elle résistent à tout. — Une toilette du matin, complète; une toilette de ville, idem; une toilette habillée, idem. Outre deux chapeaux, l'un simple , l'autre habillé ; un chapeau de castor gris , souple , rond , pour le voyage à cheval , à dromadaire et pour la navigation sur le Nil. — Un nécessaire de toilette. On n'en comprend toute la. valeur que dans un voyage de cette nature. — Une provision de gants , de ceintures, de cravates, de rubans à nouer autour du cou, de cols simples et solides, de manchettes, etc., etc. — Des mouchoirs de mousseline blanche, pour s’envelopper la ligure. — Une veste grecque ou arabe, en drap, ouatée, doublée de soie. Cela est beaucoup plus commode qu'un chàle, qui tombe sans cesse, et dont les bouts s’accrochent à tout. — Un bon manteau. Un autre en caoutchouc.

— De la flanelle. Il est bon d’en porter habituellement. — Du tulle de soie, des rubans, du taffetas, ce qu’il faut en un mot pour recouvrir un chapeau , ou pour orner une robe. — D’abondantes fournitures d’ouvrages à l'aiguille. — Europe.

Un tarbousch de femme , commode sur le Nil , ou le soir sous la tente. — Au Caire.

Prendre plutôt des vêtements épais et chauds que des vêtements légers; l'épaisseur des étoffes défend aussi bien contre l'ardeur du soleil que contre le froid. Nous n'avons jamais quitté nos vestes ouatées, pas même quand le thermomètre montait .à .se rompre.

Canii.s'es. — En acheter une paire à Paris, chez Gaudillot. L'une

POUR LE VOYAGE

comient la batterie de cuisine, la vaisselle d’étain, les boîtes de fer blanc où l'on place le thé, le chocolat, les bougies, le café, etc. L’autre est vide, et reçoit d’autres provisions de bouche. — Paris.

Provisions de bouche. — Conserves de viande et de légumes. Le IxEuf, bouilli ou rôti , et les petits pois, sont ce qu’il y a de mieux. Une boite de viande et une boîte de légume par jour nous suflisaient. Nous étions : deux maîtres , deux serviteurs , un drogman , un cuisinier et le Scheik. On ne se sert des conserves que dans le désert. En Égypte, on mange le gibier qu’on tue; en Syrie, on trouve de la viande chaque jour , mais cette viande et les herbes (|u’on vous donne sous le nom de légume, vous font regretter les conserves de Marseille. Ce sont de ces choses dont il vaut mieux prendre trop que pas assez. Ajoutez à cela que la préparation est simple et prompte , avantage inappréciable en voyage. — On met durant dix minutes la boîte de conserves dans une casserole pleine d’eau bouillante, ou enlève le couvercle avec un couteau, on verse le contenu dans un plat, et le tour est fait. — Les conserves de marrons sont excellentes. — Marseille, chez Roux.

Quelques flacons de cornichons au vinaigre. — Une abondante provision de boites de sardines : excellent déjeuner. — Moutarde.

— Thé. — Chocolat. — Quelques flacons d’eau de fleur d’orange.

— Vin. En Grèce, le vin est plein de résine, amer, et presque inbuvable. En Égypte, il coûte assez cher. — Europe.

Savon. — Bougies. — Sucre. — Café. — Riz, en abondante provision. — Macaroni. — Biscuit, en abondante provision. — Confitures. — Fromage. — Saucissons; très utile pour le déjeuner de midi, dans le désert. — Oranges, en surabondante provision, par centaines. Nous en avions je crois cinq cents sur le Nil , et autant dans le désert. Indispensable, c’est le seul rafraîchissant. — Citrons, huile, vinaigre. Et bien d’autres choses que le drogman prévoit et qu’il achète. — Au Caire.

Dans le désert, tout se simplifie. On n’ajoute aux conserves de Marseille , que du riz, des oranges, du biscuit, des confitures, et des saucissons, grande ressource.

En général , il n’y a qu’à laisser faire le drogman ; en le bridant un peu toutefois.

Une pharhacie. — Composée d’après les instructions d’un médecin, dont on fera bien de prendre et d’écrire les conseils. — La

DISPOSITIONS PRATIQIÎES

Quinine doit occuper une grande place dans la pharmacie. I.es poudres de James aussi, pour provoquer la Iranspiratiou et couper les refroidissements qui deviennent vite graves en Orient. — Ne pas oublier le cachou de Bologne, en petites boîtes, excellent pour l’estomac. — L'Arnica. Dans les cas de contusions, de coupures, de plaies, de brûlures. Quelques gouttes versées dans un verre d'eau oii l’on trempe des compresses, enlèvent rinflauimatiun et amènent une guérison prompte. Kn cas de chute, d’accident, verser quelques gouttes (l'Arnica pur sur un morcÆau de sucre et avaler. Ce remède que nous avons éprouvé, est très puissant. — Europe.

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